Patrick Guillou : « J'essaie de transmettre cette passion à la télé »

Anciens Verts | Publié le par Evect | 10 commentaires
Ultime volet de notre entretien avec Patrick Guillou. Désormais consultant pour beIN SPORTS qui diffuse la Bundesliga chaque semaine, le Stéphanois de coeur évoque sa reconversion, et nous donne son sentiment sur le début de saison des Verts.

Il y a eu quelques expériences dans des staff techniques, mais cela n'a pas duré. Est-ce un choix de votre part ?
« Pas spécialement. Ce sont souvent les circonstances de vie. Il y a eu dix-huit mois à Bordeaux, trois mois ensuite à Wolfsburg avec Valérien Ismaël. C'est quelque chose qui me plaisait, même si je pense pas que j'aurai suffi pour être numéro un au plus haut niveau. J'adore le contact, et voir progresser un gamin. J'aurai pu accompagner Valérien en Grèce, mais je ne sentais pas le projet. J'ai eu malheureusement raison parce qu'il est parti de lui-même après un match. J'aurai pu rebondir avec lui dans un passé récent, mais ça ne s'est pas fait, puis il a trouvé quelque chose en Autriche, mais obligatoirement seul. Finalement, dans les médias, ça marche plutôt bien pour moi. Cela fait quinze ans que je prends du plaisir pour préparer les matchs. J'ai eu la chance de vivre des Ligue des Champions, des Coupes d'Europe et du Monde. J'essaie de transmettre cette passion à la télé. »

« Avoir une certaine forme de bienveillance »

Justement, quel est votre quotidien désormais ?
« J'ai deux ou trois matchs par semaine. Je vais à Dortmund vendredi, puis le Bayern le samedi, et une émission le dimanche. Je prépare pendant trois ou quatre heures chaque match. Si on prend Dortmund-Paderborn, j'ai déjà vu Dortmund plusieurs fois. Cependant, il y a un travail de lecture, de ressources, de connaître le parcours des joueurs, les associations qu'ils préfèrent. Ensuite, je dois arriver à transmettre cela à la télévision. L'avantage et l'inconvénient avec le foot, c'est que tout le monde donne son avis, parce qu'il a joué dans une cour d'école, avec ses copains à la fac ou simplement en club. Et je n'ai aucun problème avec cela. Je donne cet exemple parce que l'on explique pas cela à quelqu'un qui fait une opération, ou construit un immeuble. Le foot, c'est différent, c'est populaire, mais le plus important dans les médias, c'est d'avoir une certaine forme de bienveillance. On a une responsabilité en tant que média, et quand je parle de bienveillance, cela ne doit pas enlever l'objectivité. Il faut savoir faire une critique constructive. Ce n'est pas donné à tout le monde d'être professionnel, et je sais le travail que cela représente comme travail pour chacun des joueurs. Le fait d'avoir travaillé dans un staff technique a changé ma vision sur le travail d'un entraîneur. C'est un boulot de dix-huit ou vingt heures pas jour. Là où le joueur va décompresser, et il le faut, le coach va se plonger, dès la fin du match, sur la prochaine rencontre, la gestion des temps de jeu et le travail vidéo. C'est énergivore. C'est aussi comme cela que l'on comprend que tous les choix ne peuvent pas s'expliquer au grand public. »

« Claude Puel a eu le courage de prendre l'équipe »

A choisir entre consultant et entraîneur, que feriez-vous ?
« Rien ne vaut les émotions. Elles sont décuplées quand on est sur le terrain par rapport à celle d'un staff. L'entraîneur ressent une émotion conséquente aussi, mais il la ressent par procuration, et elle va se réduire à une heure. Avec la télévision, on est emballé parce que l'on voit, mais on ne le vit pas. Qu'il y ait victoire ou défaite, cela n'impacte pas ta vie. Quand tu es dans un staff, cela change ton dimanche, ta semaine et ton rapport aux médias. »

Bien que travaillant sur la Bundesliga, vous gardez un œil sur l'ASSE. Qu'avez-vous retenu de ce début de saison mouvementé ?
« On en est à la deuxième trêve internationale, et le classement est un instantané de la production de ce début de saison. Entre-temps, il y a eu un changement d'entraîneurs. Depuis, les Verts se retrouvent dans le bon wagon pour accrocher une place européenne en fin de saison. Il y a eu une période compliquée, une dernière place au classement, les fantômes d'il y a quelques années qui resurgissent. Rapidement, il y a eu un sentiment de peur et de craintes qui a forcé cet électrochoc. J'ai une pensée émue et profonde pour Ghislain Printant, qui a été un des maillons forts du redressement il y a deux saisons de cela avec Jean-Louis Gasset. La façon dont il a du quitter le club a manqué d'élégance. Le roi est mort, vive le roi, et que le cirque continue. On repart sur un autre cycle. Il faut noter que Claude Puel a eu le courage de prendre l'équipe à un moment où personne ne s'y attendait. Les Verts sont sur une spirale plus que positive, avec des joueurs hyper concentrés, et qui sont responsabilisés, avec le fusible de l'entraîneur qui a déjà sauté. Des joueurs qui sont revenus en forme, ont repris le goût à l'effort, et le sens du collectif. On voit qu'ils ont su se dépouiller pour aller chercher des résultats, et être en bonne position au classement. Toutefois l'équilibre est encore très fragile, car les matchs ne sont pas clairement dominés. Il y a une hyper vigilance du staff actuel, et quand on connaît le sens du détail et la minutie de Claude Puel, cela donne des résultats. À partir du moment où, dans le vestiaire, les joueurs croient en celui qui tient le manche, ça donne une direction. »


Retrouvez les deux premiers volets de cet entretien ici et ici.



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