Patrick Guillou : « Il fallait partir dans les hauteurs en Allemagne »

Anciens Verts | Publié le par Evect | 3 commentaires
Deuxième partie de notre entretien avec Patrick Guillou. Le consultant Bundesliga de beIN SPORTS analyse sa carrière, mais nous explique aussi comment a grandi son amour pour l'AS Saint-Etienne.

Malgré cette réussite, vous ne vous êtes jamais imposé dans un club sur du long terme avant d'arriver à Saint-Etienne.
« Je suis arrivé à Chateauroux où je me suis vraiment éclaté pour plusieurs raisons : la région, la gentillesse des gens et les choses très simples que j'ai pu apprécier là-bas. Au bout de deux ans, je signe au Red Star, parce que Pierre Repellini me voulait absolument, mais il est limogé au bout de quelques mois. Et derrière, je ne me sens pas bien dans le club, mais aussi dans cet environnement de grande ville qu'est Paris. Je m'entraîne pendant six mois, et je rebondis finalement à Saint-Etienne. Et là je m'éclate. »

Comment expliquez-vous cet attachement à Saint-Etienne alors que vous avez relativement peu joué sur les cinq saisons où vous êtes resté ?
« Oui on peut le voir comme cela. Après il y a des circonstances, et j'ai une part de responsabilité sur ce temps de jeu. La première année est très compliquée, et avec l'accord des dirigeants, je m'occupe de ma fille qui subit une opération délicate. La deuxième année sous Nouzaret, on valide la montée avec une trentaine de matchs pour moi. Ensuite, peut-être que je n'avais pas le niveau pour jouer en D1. Du coup, je joue peu, et je rebondis à Sochaux avec une saison complète, avant de revenir à Saint-Etienne. Mes dernières années, j'ai eu des rapports compliqués avec Frédéric Antonetti, même si cela a bien changé depuis, et j'ai toujours plaisir à discuter avec lui. Dans le football, on a souvent ce que l'on mérite, et peut-être que je ne méritais pas plus que cela. On l'accepte souvent avec le recul, mais au moment où on le vit, c'est rarement le cas. Aujourd'hui, ce dont je suis ravi, c'est que, peu importe les conflits que j'ai pu avoir avec certaines personnes à un moment, les gens m'apprécient pour ce que je suis. C'est toutefois vrai que la plupart des soucis que j'ai eu, ont eu lieu avec des entraîneurs autoritaires. »

« Je voulais jouer à Saint-Etienne »

Est-ce la compréhension des dirigeants à votre arrivée qui a favorisé votre attachement au club ?
« À Saint-Etienne, je pense que ça a matché parce que je n'ai jamais rien lâché. J'étais fier de porter ce maillot. Connaître son histoire, avoir été supporter de ce club en étant gamin. Quand on parle d'histoire, évidemment qu'il y a eu des joueurs plus talentueux comme Larqué, Platini, Moravcik ou Feindouno. Ce sont ces joueurs qui font qu'on a envie d'aller au stade, mais il faut aussi des joueurs comme moi pour apporter quelque chose. C'était une fierté d'avoir la confiance des dirigeants et l'affection des supporters. J'ai grandi avec l'épopée de Saint-Etienne même si j'étais trop jeune pour voir tous les matchs. Il y a eu cette vague de sympathie qui s'est prolongée en Allemagne. Quand tu es dans une garnison française en Allemagne, il y a des gens qui viennent de Roanne ou de Saint-Etienne, et qui aiment le club. Au départ, je me suis construit avec le football, parce qu'à Villingen, on a pas les chaînes françaises. Il fallait partir dans les hauteurs en Allemagne pour arriver capter les chaînes françaises lors des matchs de Coupe d'Europe, contre Ipswich Town par exemple. Le lundi, dans la papeterie de la garnison, il y avait L'Équipe, et on lisait dans les bus militaires, puis le sacro-saint Téléfoot dominical, qui nous plongeait dans le football français. Ce sont les enfants de militaires, qui avaient reçu cet amour de l'ASSE de leurs pères, et me l'ont transmis. Ensuite, je venais voir les matchs à Geoffroy-Guichard, à Metz, à Sochaux, ou à Mulhouse, avec le père d'un ami d'enfance. Et à chaque fois, il y avait une superbe ambiance, c'est quelque chose de marquant. C'était une époque où on ne changeait pas de club parce que le voisin avait de meilleurs résultats, pendant que son club végétait en D2. »

Est-ce que la meilleure définition vous concernant serait celle d'un joueur de D2 solide et aguerri ?
« Je pense sincèrement qu'au vu de mes qualités techniques et tactiques, j'ai tiré la quintessence de mes moyens footballistiques. J'ai trois montées, quelques apparitions en Ligue 1. Mes rêves je les ai presque tous réalisés : je voulais jouer à Saint-Etienne, en Allemagne. Quand t'es gamin tu te fixes des objectifs très élevés, je rêvais de jouer la Ligue des Champions, et en Équipe de France ou une coupe du monde. Mes qualités et mes faiblesses ont fait que j'ai atteint un autre niveau, respectable je pense. La carrière que j'aurai souhaitée je la vis désormais grâce et à travers les médias. »

Il n'y a aucun regret au final ?
« Pas vraiment. Avec le recul, j'aurai peut être du aborder certaines situations de la vie différemment. Mais sur ce que j'ai fait de ma carrière de footeux, je n'en ai aucun. Quand on se fixe des objectifs hauts, il y a plusieurs paliers intermédiaires. Et je pense que je suis allé au plus haut des paliers intermédiaires. »


Retrouvez le premier et le dernier volets de cet entretien.


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Puel, lanceur de talents
3 commentaires
Diable666
access_time sam. 23 nov. à 00h00
Honnête, réaliste et sans concession avec lui-même. Un monsieur dans le sport. Aujourd’hui, ils sont rares ces sportifs. 
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jé42
access_time ven. 22 nov. à 19h42
Très honnête et avec le bon recul.
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