Zed Yun Pavarotti : "Grandir à Sainté, c'est comme un choc thermique"

Y'a pas que le Foot | Publié le par Paul. R | 3 commentaires

Le chanteur Zed Yun Pavarotti n’a généralement pas sa langue dans sa poche quand il s’agit de parler de Saint-Étienne, sa ville d'origine. Amoureux des Verts pour autant, il ironise souvent sur l’époque où il était stéphanois. Dans un long entretien accordé à So Foot, le verbe est encore au rendez-vous.

Stéphanois jusqu’à la vingtaine, le chanteur de bientôt 30 ans a fait ses classes dans la Loire avant de rejoindre Paris : "La chance de vivre à Saint-Étienne, c’est de ne pas être mis en rapport de concurrence avec qui que ce soit. Tu es tellement en dehors du système que tu peux faire ce que tu veux et rien n’est ridicule. Il n’y a pas de contrainte morale. Tu t’ennuies, donc tu cultives ce rapport au vide. Grandir à Sainté, c’est comme un choc thermique : il vaut mieux mettre de l’eau tiède sur des plaques de cuisson (...) C’est enfermant, mais ce qu’il se passe humainement est tellement infini. Notre jeunesse était extraordinaire : des liens humains indestructibles, parce que plus tu es éloigné, plus tu peux créer une unicité, un truc exclusif. Quand j’ai déménagé à Paris, j’avais du mal à bosser. Être dans la gueule du monstre, ou du monde, ça me castre. Ça vient de Sainté : cette autarcie forcée permet une liberté absolue (...) Cette ville forge une personnalité atypique, j’en suis assez fier. C’est rude, les gens sont mis à l’épreuve mais ils sont relâchés, flegmatiques. Il y a un rapport à l’anglaise, ils traînent une sorte de stoïcisme élégant. C’est aussi une ville entourée de beaucoup d’humour : rien n’est grave, tout est absurde. Le côté prolétaire et la grisaille obligent à cultiver des passions gratos : l’humour, le rendez-vous, l’amitié, le foot."


Comme beaucoup de jeunes supporters stéphanois, Zed Yun Pavarotti fait partie d’une génération qui a mangé son pain noir sportivement : "Le côté Ligue 2 a fidélisé des choses et permet tout. Porter un maillot de Sainté aujourd’hui, c’est comme avoir son maillot de la Thaïlande dans les années 2010. C’est extraordinaire (...) On grandit quand même avec le glorieux passé en tête. À l’école, le foot est partout. Le stade Geoffroy-Guichard, et les résultats de manière générale, conditionnaient l’ambiance de la ville. Tu le sens. C’est compliqué de faire un lien direct, mais il y a un truc ésotérique : quand ça se passe bien dans le stade, les vibrations restent et créent un bon mood. C’est vérifiable chaque week-end."


Retrouvez l’interview complète dans So Foot

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