Verts à l'autre bout de la terre : Épisode 10, le Japon

Verts et expatriés | Publié le | 5 commentaires

Chaque saison, des centaines de supporters vibrent à des milliers de kilomètres de Geoffroy-Guichard. Qu'ils soient expatriés le temps d'une année scolaire, qu'ils aient fait le choix de quitter la France sans en oublier pour autant l'ASSE ou qu'ils soient tombés amoureux du club du Forez à distance, EVECT vous propose de faire leur connaissance. Aujourd'hui, nouvel épisode avec Geoffroy. Il vit actuellement à 9.900 kms de Saint-Etienne.

Peux-tu te présenter ?

Je m'appelle Geoffroy Stoll, je suis né et j'ai grandi en Provence, à l'Isle Sur La Sorgue dans le Vaucluse. J'aurai 32 ans cette année et je vis à Tokyo depuis 2017. J'y enseigne le français.


Comment es-tu tombé amoureux de Sainté ?
C'est de mon père que me vient ma passion pour l'ASSE. Pour être honnête, je ne m'intéressais pas vraiment au foot quand j'étais gosse. Le déclic est venu le jour où mon père m'a emmené voir un match à Geoffroy-Guichard. C'était en 1998 contre Laval, en championnat de D2. Je n'oublierai jamais ce moment... Il avait pris des billets dans le Kop Sud, et quand on est rentrés dans le stade quelques minutes avant le coup d'envoi, j'ai eu des frissons et un sentiment indescriptible en voyant le Kop Nord se dresser en face de moi. J'étais tellement subjugué par l'atmosphère du Chaudron que je n'ai que très peu regardé le match. Mais je me souviens du résultat : match nul, un but partout. C'est Adrien Ponsard qui avait égalisé si ma mémoire est bonne. Encore aujourd'hui, il m'est très difficile de décrire avec des mots les sensations que j'ai ressenties ce jour-là... C'est la magie de Geoffroy-Guichard !


Tu habites désormais au Japon. Pourquoi ce choix de vie ?
Dès l'adolescence, j'ai été attiré par ce pays si lointain et mystérieux. J'ai commencé à m'intéresser au cinéma japonais vers l'âge de 15 ans, et comme beaucoup de jeunes de ma génération, je regardais des dessins animés japonais sur le câble... Une autre époque... Puis j'ai décidé d'entrer dans une faculté de langues pour y apprendre le japonais. Après trois voyages extraordinaires au Japon, j'ai décidé de franchir le pas et de tenter l'aventure grâce dans un premier temps à un visa vacances-travail. Même si ce n'est pas toujours facile d'être dans un pays qui, aussi bien géographiquement que culturellement, est aux antipodes du nôtre, je m'y sens bien plus à ma place qu'en France et j'espère y rester le plus longtemps possible.


"J'ai été quelques fois surpris, car certains Japonais avec qui j'ai discuté s'en souvenaient comme étant l'ancien club de Daisuke Matsui"


Comment fais-tu pour suivre l'ASSE de l'autre côté du globe ?
J'essaye de regarder le plus de matchs possible. J'ai la chance de ne pas travailler les dimanches et les lundis, donc je regarde souvent les matchs en direct sur mon ordinateur grâce au streaming. Il y a huit heures de décalage horaire entre la France et le Japon donc ce n'est pas toujours facile de rester éveillé ou de se lever à quatre ou cinq heures du matin, surtout pour les matchs qui ont lieu en semaine... Mais pour les matchs qui ont lieu le week-end, je suis toujours fidèle au poste !


La Ligue 1, ça évoque quoi au Japon ?
Contrairement aux idées reçues, les Japonais connaissent très bien le football. L'engouement pour ce sport a même dépassé celui pour le baseball. En ce qui concerne la Ligue 1, forcément vous ne serez pas surpris d'apprendre que le club français le plus connu ici est le PSG... Non pas parce que les Parisiens dominent outrageusement l'Europe (rires) mais tout simplement parce qu'ils jouent la carte du marketing à fond. Il y a des boutiques et même un café PSG à Shibuya, à une minute de mon lieu de travail, et il n'est vraiment pas rare de croiser des gens avec le maillot parisien sur les épaules. En dehors du PSG, l'OM arrive logiquement en deuxième position tout simplement grâce à la présence dans l'effectif marseillais de l'international japonais Hiroki Sakai. L'ASSE quant à elle, est malheureusement très peu connue ici... Néanmoins, j'ai été quelques fois surpris, car certains Japonais avec qui j'ai discuté s'en souvenaient comme étant l'ancien club de Daisuke Matsui. Alors certes, on ne peut pas dire qu'il ait laissé un souvenir impérissable chez nous, mais les fans de foot nippons s'en souviennent encore. En revanche, peu de Japonais savent que Sainté est le club le plus titré de France, je me permets donc de le leur rappeler aussi souvent que possible.


Tu as l'occasion de revenir dans le Chaudron de temps en temps ?
Malheureusement non. Je ne suis rentré que deux fois depuis 2017, dont une fois pendant la trêve hivernale. De plus, quand je rentre, j'essaye de consacrer le peu de temps que j'ai à ma famille, qui habite à près de cinq heures aller-retour de Geoffroy-Guichard...Mais quand je suis rentré en octobre 2019, j'ai eu la chance de vivre la victoire dans le derby avec mon père. Alors certes, c'était devant la télé, mais que ce but de Beric était bon ! C'était super de pouvoir célébrer une victoire dans le derby dans les bras de mon père ! J'avoue que l'ambiance du Chaudron me manque quand même. J'ai assisté à quelques matchs de J league, et même si l'ambiance est plutôt bonne, ça ne vaut pas Geoffroy-Guichard !


Un petit mot à rajouter ?
Je tenais juste à remercier les gens qui me liront, et à saluer ceux qui, peut-être, me reconnaîtront. Et surtout bon courage à tous les supporters des Verts en ces temps difficiles. Quand je vois l'ampleur qu'a pris la catastrophe sanitaire en France, je me dis que le foot n'est finalement qu'une chose bien futile... J'espère que les Verts joueront la finale de la Coupe de France et ramèneront un trophée qui redonnerait un peu le sourire à tous les supporters.


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