Vermot : "C'est un peu comme si je quittais chez papa et maman"

Pros | Publié le par Faustine | 27 commentaires

Clap de fin pour Théo Vermot. Arrivé au club en 2015, le gardien de but de 23 ans, en fin de contrat en juin, a annoncé son départ du Forez. Pour EVECT, le natif de Fréjus revient sur ses cinq années sous le maillot vert et son futur de footballeur professionnel.

Dans quel état d’esprit es-tu après avoir annoncé officiellement ton départ ?
Je le savais depuis dix jours. J’ai eu le coach Grange et le coach Puel au téléphone qui m’ont dit qu’ils ne souhaitaient pas renouveler mon contrat et qu’il fallait maintenant que je vole de mes propres ailes. Je suis nostalgique dans le sens où c’est un club qui m’a tout donné. Je suis arrivé à mes 18 ans et demi, un peu sur le tard. À partir de mes 16 ans, je n’y croyais plus du tout. Être professionnel, ce n’était plus vraiment un objectif, ça m’est tombé dessus comme ça. C’est un peu comme si je quittais chez papa et maman. Les joueurs qui font cinq ans dans un club, c’est long. Je me suis attaché au club, aux gens, aux supporters, à mes coéquipiers. Quand je regarde en arrière, je ne changerais rien. C’est vraiment top ce qui m’est arrivé. J’ai connu des personnes en or.

Étant en fin contrat en juin, tu t’y préparais à ce départ ?
Je m’y préparais dans le sens où les perspectives de jouer étaient compliquées. Il y a deux monstres devant qui sont super forts. Je n’avais pas le niveau pour leur passer devant. Je pense que pour jouer dans un club de Ligue 1, surtout dans un top 6, c’est très compliqué à 21-22-23 ans. Je n’ai pas fait trop de matchs ces dernières saisons. Il faut que j’aille jouer, me faire la main. Surtout que l’expérience compte énormément pour nous les gardiens. Aujourd’hui c’est ce qui me manque. J’ai pris tout ce que j’avais à prendre à Sainté. J’ai rempli mon sac à dos, merci à Saint-Etienne, maintenant je vais l’utiliser ailleurs.

Tu as un souvenir en particulier sous ce maillot vert ?
C’est compliqué ! Les cinq années ont été intenses. La première année, je suis en U19, je viens d’arriver, on finit champions de notre poule et on joue la demi-finale contre le PSG. La deuxième, on se maintient à la dernière journée contre Cournon. La troisième, on monte de N3 avec le coach Batlles. La quatrième, c’est ma première avec le groupe professionnel, on fait une saison incroyable. Et cette saison, certes c’était plus compliqué en championnat, mais on fait un parcours en coupe et on va en finale. Mais si je devais ne retenir qu’une seule saison, ce serait celle de la montée en National 2. C’est la saison où j’ai le plus joué. Vivre quelque sur le terrain et en tribunes, c’est complètement différent.

Tu as connu beaucoup de coachs en cinq ans. Certains comptent plus que d’autres quand tu te remémores ton aventure stéphanoise ?
Il y a Mickaël Dumas, qui est celui qui m’a fait venir. Mick’ c’est quelqu’un de particulier pour moi. Je l’ai au téléphone une fois par semaine. Quand ça a été un peu plus compliqué pour moi, même s’il est parti (en 2017, nldr), il a toujours eu les bons conseils. C’est important dans le foot d’avoir des gens qui nous disent la vérité même si parfois c’est compliqué à entendre. (…) Au niveau du coach Grange, je l’ai côtoyé cinq ans. Je le porterai toujours dans mon cœur. Il m’a toujours dit la vérité. Il m’a dit deux fois qu’il n’allait pas me garder et il n’est pas passé par quatre chemins. Je suis quelqu’un de très affectif, je préfère qu’on me dise les choses directement. Il y a le coach Batlles aussi. Il m’a fait énormément progresser sur le plan humain comme sportif. Pareil pour coach Sablé, qui était toujours à l'écoute et de bon conseil.


"Mon objectif c’est de retourner en Ligue 1 ou en Ligue 2 un jour, de jouer et de recroiser mes coéquipiers sur les terrains"

On imagine que tes coéquipiers vont également te manquer ? Certains en particulier ?
Toute l’équipe. Les gardiens déjà. Même si on est une famille dans le vestiaire, la famille des gardiens est à part. Steph, Jess et Baj’.Stefan, c’est un peu mon petit frère. On se parle souvent. Jess’ aussi. Il jouait à Fréjus quand moi j’étais gamin. Je le connais depuis parce qu’il m’avait donné des affaires sur un parking. C’est un truc de fou de se dire que je partageais ma vie avec un mec que je regardais avec des étoiles dans les yeux il y a dix ans. Il y a aussi les potes de la formation. Mahdi, Arnaud énormément. Je suis toujours avec lui, on mange toujours ensemble. Et puis il y a Franck. Il est arrivé cette année mais on a joué contre quand on était petits. C’était le joueur qu’on avait peur d’affronter parce qu’il était trop fort quand on était plus jeunes (rires). La semaine prochaine il va venir chez moi. Arnaud aussi. Et puis il y a aussi les grands frères. Yann, Wahbi, Timothée… Ce qui était bien dans ce groupe, c’est que tu sois jeune ou vieux, que tu es 300 matchs en pros ou zéro, tu étais traité pareil. Ça c’est quelque chose que j’ai apprécié.

Tu garderas quel souvenir du Peuple Vert ?
Un souvenir de fou ! C’est LE stade en France. Quand il y a 35.000 personnes, c’est un truc de ouf. J’espère pour vous que la saison prochaine se passera mieux que cette année. Après je dis pour « vous », mais maintenant que je ne suis plus au club, je vais devenir un peu supporter comme vous et je vais pouvoir dire nous (rires). Ce qui est bien, c’est que c’est pareil que dans le vestiaire. Qu’on est 300 matchs ou zéro comme moi, les supporters nous traitent pareil. J’ai mis mon annonce, j’ai reçu plein de messages de gens qui ne me connaissaient pas forcément. Ça montre vraiment que les supporters ont un grand cœur. Avant d’aimer le foot, ils aiment les gens. Et ça, c’est beau je trouve. Un retour dans le Chaudron ? Oui, avec plaisir. C’est triste que ça se termine comme ça. On s’est quitté du jour au lendemain sur une réunion avec le coach qui avait prévu qu’on revienne dans une semaine. Au final, on n’est jamais revenu. C’est triste.

Tu es fixé sur ton avenir ?
Non pas encore. Avec le virus, ça prend un peu de retard. Les clubs ne savent pas encore sur quoi ils vont tabler. J’aimerais bien la Ligue 2 ou du National. Faut dire que c’est tôt aussi. On est qu’en mai. Je ne dis pas que tout va rentrer dans l’ordre mais j’ai confiance en ce que j’ai fait ces cinq dernières années. J’ai confiance en ce que j’ai appris, ce que j’ai montré avec la N2, ce que je produisais à l’entraînement. Je sais où je peux jouer. Il va falloir que je trouve un club qui me fasse confiance, qui mise sur moi. Je sais que si on me donne la confiance, je vais la rendre fois mille. J’ai bon espoir et confiance en mon entourage et mon agent. Je sais que je vais devoir passer par les échelons d’en-dessous. Mon objectif c’est de retourner en Ligue 1 ou en Ligue 2 un jour, de jouer et de recroiser mes coéquipiers sur les terrains. Même si ce n’est pas dans un grand club comme Saint-Etienne.


Bonne chance Théo !


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