Une députée alerte Laurent Nuñez sur la dissolution des GA92 et MF91
La dissolution des Green Angels et des Magic Fans anime toujours les débats jusqu'à l'Assemblée Nationale. Alors que Laurent Nuñez n'a toujours pas pris sa décision, il a été interpellé hier par Mme Andrée Taurinya, députée de la deuxième circonscription de la Loire (La France insoumise - Nouveau Front Populaire).
Il est toujours très difficile d'en savoir plus sur l'avenir des deux groupes ultras de l'AS Saint-Étienne. Le Ministère de l'Intérieur a enclenché une procédure de dissolution à leur égard, les Magic Fans et les Green Angels ainsi que le club, l'ASSE, sont passés devant la Commission nationale consultative de prévention des violences qui doit remettre un avis favorable ou défavorable à la dissolution des groupes au Ministre de l'Intérieur. Contrairement à l'année dernière, cet avis n'a pas fuité et les GA92 et les MF91 demeurent dans l'expectative.
La mobilisation reste forte autour des supporters stéphanois, en témoigne la question posée par Mme Andrée Taurinya, députée de la de la deuxième circonscription de la Loire (La France insoumise - Nouveau Front Populaire), publiée au Journal Officiel hier. Dans celle-ci, la députée interpelle et alerte directement Laurent Nuñez sur les dangers de la dissolution des groupes stéphanois mais également de certaines mesures prévues dans le projet de loi RIPOST : "Mme Andrée Taurinya alerte M. le ministre de l'intérieur sur la reprise de la procédure de dissolution des groupes de supporters de l'association sportive de Saint-Étienne, les Magic Fans et les Green Angels. Cette procédure avait été suspendue à l'été 2025 par le prédécesseur de M. le ministre, mise en échec par la une mobilisation inédite de toute une communauté attachée au club mythique des « Verts », dont le soutien dépasse largement le cadre de la population stéphanoise. Les supporters ne comprennent pas les raisons de la reprise d'une telle procédure malgré leur tentative de dialogue avec les services de l'État tant au niveau local que national, acceptant l'ensemble des propositions formulées par la préfecture tendant à réformer la préparation des rencontres.
Mme la députée informe M. le ministre que si ces dissolutions devaient avoir lieu, celles-ci se révéleraient contre-productives pour prévenir l'intervention de faits de violences lors des rencontres sportives et aux abords des stades. Sans empêcher quiconque de se rendre au stade, elles provoqueraient la disparition de structures d'organisation vieilles de 35 ans qui restent des interlocuteurs quotidiens du club, des autorités et des collectivités territoriales, l'État continuant de laisser prospérer des groupuscules politiques réellement violents.
Mme la députée s'émeut que de telles mesures soient mises en œuvre par le ministère de l'intérieur pour servir l'agenda médiatique de M. le ministre. Ce dernier faisant en ce moment même la promotion du projet de loi visant à apporter des « réponses immédiates aux phénomènes troublant l'ordre public, la sécurité et la tranquillité des concitoyens », dit RIPOST. Ce texte prévoit notamment d'étendre le champ d'application des interdictions administratives de stade, dispositifs de restriction de mouvement dépendant de l'arbitraire des préfectures. Soixante-deux groupes de supporters se sont ainsi émus de cet acharnement administratif inexplicable dans un communiqué de presse commun publié par l'association nationale des supporters le 7 avril 2026, une démarche profondément préoccupante qui met en péril l'essence même du supportérisme en France. Dans ce contexte, elle demande s'il va renoncer à cette procédure de dissolution administrative."
Hier, l'Association de Défense des Supporters Stéphanois (AD2S) a également pointé du doigt l'arsenal répressif que représente ce projet de loi RIPOST.
❓La loi Ripost, qu'est-ce que c'est ?
— Association de Défense des Supporters Stéphanois (@AD2Sasso) April 21, 2026
➡️ Une loi fourre-tout avec un article stade : l'article 4, dont nous allons vous détailler les effets néfastes dans les prochains jours.
➡️ Une loi déjà d'actualité, car déposée en procédure accélérée. Le temps est donc compté. https://t.co/OmENlbxKkd pic.twitter.com/kOWyM9FI0m
Par ailleurs, le sénateur Hervé Reynaud a interpellé le Ministre de l’Intérieur pour lui demander quand la réponse sera connue concernant la Commission.
