Subotic, un homme bon dans une société de merde

Pros | Publié le par Tibo | 63 commentaires
Au moment de quitter Dortmund, les supporters de Dortmund affichait dans les gradins du Signal Iduna Park : "Subotic, un homme bon dans une société de merde. Merci Neven". Un message d'adieu particulier, pour un joueur qui l'est tout autant. A l'heure d'un football toujours plus bling-bling, le défenseur qui quittera officiellement Saint-Etienne dans les prochains jours est une perle rare. 

Dans les colonnes du dernier So Foot, Subotic évoque sa fondation, la "Neven Subotic Stiftung" qui creuse des puits d'eau potable en Ethiopie : "Nous forons jusqu'à 60m de profondeur, et ensuite, il faut installer la pompe, puis apprendre à la communauté comment l'utiliser. Là-bas, presque personne n'a de toilettes, donc il faut se battre pendant des jours entiers pour expliquer à chacun l'usage décisive des sanitaires. On ne peut pas en construire pour tout le monde, donc on le fait dans certains endroits stratégiques et des lieux communs, comme les écoles. Nous voulons être sûrs que les puits puissent fonctionner dans les années à venir, donc on installe des capteurs qui envoient des données à nos serveurs tous les jours."

L'international Serbe est donc à la tête d'une petite ONG qui comptabilise tout de même 7 salariés. Et c'est lui qui s'occupe du recrutement ! Lorsqu'on lui demande pourquoi il a choisi ce combat pour l'accès à l'eau potable en l'Ethiopie, il explique : "Nous vivons dans des pays riches, qui font face à des problèmes très relatifs. En France, il y a énormément de discussions en ce moment pour déterminer quels changements vous pourriez apporter au fonctionnement de votre économie. On peut débattre de tout ça, c'est normal, mais dans certaines parties du monde, on s'inquiète de savoir si on va survivre le jour suivant, pas de la liberté d'expression, de la démocratie directe ou du système de taxe. Selon moi, l'accès à l'eau potable, ça reste le plus basique des droits humains. 

Contrairement à certains de ses voisins, l'Ethiopie n'est pas plongé dans une guerre civile. D'autre part, le gouvernement sensibilise les populations aux thématiques d'hygiène et de santé. Forcément, ça aide d'avoir affaire à un état qui travaille dans les compagnes et ne veille pas à seulement valoriser des politiques d'urbanisation. S'ils ne concentraient leurs actions que vers le développement des villes, ça aurait été très dur pour nous de bosser dans l'arrière pays. On voulait être sûrs qu'il y ait des programmes parallèles au nôtre pour accompagner notre démarche."

Et Subotic sait donner de sa personne. Il raconte une anecdote dans un village Ethiopien, pour remercier le footballeur professionnel, les villageois décident de sacrifier une chèvre : "Ils ont lavé la viande dans l'eau de la rivière. Mais évidemment, cette eau est vérolée, les vaches chient dedans, les chiens y pissent... Pour ces gens, tuer une chèvre, ce n'est pas rien, ça représente beaucoup d'argent... Alors j'ai accepté le repas, je n'aurais pas dû le faire, mais je voulais simplement être poli. Les trois jours suivants, j'ai été malade comme un chien." 

Neven Subotic souhaite avoir un impact sur le Monde. A seulement 30 ans, il a déjà beaucoup fait et ne compte pas s'arrêter là. 

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