Saïdou Sow : "Qui s'attendait à ça ?"

Pros | Publié le par Evect | 19 commentaires

Stressé ? "Un peu". Du haut de son mètre 85, Saïdou Sow n'a pas caché son appréhension avant de prendre part à la première interview de sa carrière. Souriant mais aussi hésitant, la faute à une timidité qu'il a eu du mal à masquer, le défenseur central récemment projeté au plus haut niveau s'est confié à EVECT. L'occasion de découvrir un joueur en avance, dans tous les domaines. 



Ses premiers pas de footballeur

Bonjour Saïdou. Avant de discuter de ta saison, on a envie d'en savoir plus sur toi. Tu es né en Guinée, c'est là-bas que tu as touché tes premiers ballons ?

C'est ça, dans la rue en Guinée, avec des amis. J’ai commencé comme ça. Je ne me voyais pas forcément devenir footballeur professionnel à ce moment-là. Dans ma famille, c’étaient plus les études.


Très vite, à huit ans, tu viens vivre en France...
Oui, j’ai rejoint ma mère ici. C’était différent. Il fallait s’adapter mais franchement je me suis adapté très vite. Dans la vie aussi. Au début je ne sortais pas trop, car je ne connaissais pas comment ça se passait ici. Mais au fur et à mesure en allant à l’école, je me suis adapté rapidement.


Très vite, tu prends tes premières licences en France. Il y a d'abord Gagny puis surtout Neuilly-sur-Marne. Quel souvenir tu gardes de ce club ?
Déjà, j’ai gagné la Coupe 93 avec eux. C’est un très grand souvenir car c’était au Stade au France. C’est le premier grand trophée que j’ai gagné dans ma vie. C’était fou, c’était un rêve. C’était une finale contre un club qu’on connaissait déjà. C’était un peu tendu, on avait tous la pression. Au début on perdait… C’était dur, on se posait des questions pendant le match. Il restait deux minutes, certains commençaient à pleurer. Mais au final, il y a eu de la joie.


En 2015, Saïdou Sow (à gauche) remporte la Coupe 93 au Stade de France en battant Abdoulaye Sidibé (à droite). Les deux évoluent désormais à l'ASSE
 


Dans l'équipe d'en face, le FC Montfermeil, il y avait quelqu'un qu'on connaît bien d'ailleurs...
Abdoulaye Sidibé (rires). On est toujours amis mais bon il y a encore de la rancoeur.


À l'époque tu jouais déjà dans l'axe central. Être défenseur, ça a toujours été une vocation pour toi ?
Non, j’étais attaquant avant (rires). On faisait un match, un défenseur était blessé, je me suis proposé et j’ai dit "si vous voulez, je vais en défense et après je retourne en attaque". Mais je suis parti en défense et je ne suis jamais remonté. Je ne regrette pas. Je suis très bien dans l’axe. J’ai de bonnes sensations.


Son ancien coach : "Salut Saïdou, je te laisse ce petit message pour te dire que je suis très fier de toi. Ça a été compliqué mais tu l'as fait. Il faut que ça continue comme ça. Comme on t'appelle ici à Neuilly, le "Capo", j'espère que tu seras futur capitaine de Saint-Etienne. Force à toi."


Qui est cette personne ? 
C’est Souley’, Souleymane Faty. C’était mon premier coach à Neuilly-sur-Marne. Je l’ai gardé pendant trois ans. Il me suivait, il venait me chercher à l’entraînement, m’accompagnait partout. Il m’a vraiment beaucoup aidé. C’est grâce à lui que j’ai réussi à m’adapter et à réussir. Ça me fait plaisir de savoir que je suis encore suivi. Ça me touche.


Sa formation à l'ASSE

C'est d'ailleurs sous les couleurs du SFC que l'ASSE t'a repéré. Comment tu as été approché par le club ?
Il y avait un tournoi à Neuilly. Je me rappelle, on était en demi, et on m’a dit "il y a le recruteur de Saint-Etienne, il t’aime bien". C’était Ludovic Paradinas. Je me suis dit "ah bon ?". Je connaissais Saint-Etienne parce que c’était un grand club. Je me suis dit, on ne sait jamais, je vais jouer. Deux trois jours après, on m’a appelé pour me dire qu’il y avait des détections à Saint-Etienne. Je suis venu ici avec William Saliba. On a fait un match et sur le chemin du retour on m’a informé qu’ils voulaient que je signe. C’était une joie pour moi.


Tu as été approché par plusieurs clubs à cette époque. Pourquoi avoir choisi Saint-Etienne ?
J’ai fait plusieurs détections oui. L’ASSE c’est un grand club. Et puis il y a Kévin Théophile-Catherine, qui connaissait les gens de Neuilly, qui m’a conseillé de venir ici. Je ne regrette pas du tout mon choix.


Saïdou Sow aux côtés de Razik Nedder en 2015. Alors âgé de 13 ans, il fait ses premiers pas sous le maillot stéphanois lors du célèbre Mondial de Plomelin
 


On a retrouvé cette photo. C'est un souvenir un peu particulier...
Oui, je m’en souviens. C’est le tournoi de Plomelin, mes premiers pas sous le maillot vert. J’en garde un très bon souvenir, on est allés en finale (l'ASSE sera battue par le TFC, ndlr). On a battu l’Olympique Lyonnais durant ce tournoi. Je te jure, c’était parfait (rires).


Après ces premiers pas, tu arrives définitivement au club en 2016. U17R, U17N, U19N... Comment se sont passées tes premières saisons avec l’ASSE ?
Ça change. Le centre, le club… Mais au fur et à mesure des entraînements, on s’adapte et ça devient une routine. On vient comme si c’était une habitude.


Un point commun : tu portes souvent le brassard de capitaine. Tu aimes ça ?
J’aime bien oui. C’est quelque chose que j’ai toujours eu. C’est comme un objectif pour moi. Dans le vestiaire ou sur le terrain je suis à l’aise avec ça.


On est obligés de te parler de scolarité. Tu as eu un baccalauréat général à 16 ans. C'est pas courant dans le monde du football...
Pour ma famille, c’est ça le plus important, après il y a le football. Quand j’étais en primaire, j’étais bon, je me débrouillais bien. Ma maman voulait que je saute des classes, elle a forcé, ils m’ont mis dans une classe CM1-CM2 pour voir si je pouvais m’adapter puis je suis directement passé en sixième. Ensuite j’ai réussi à conserver cette avance. Malgré le football ? Pas vraiment. Parce que c’était plus l’école avant tout.


"Qui s’attendait à ça ? En six mois, passer de stagiaire à jouer avec les professionnels en Ligue 1…"


Sa saison 2020-2021 

Parlons un peu de cette saison... En février 2020, tu es avec les U19 sur la pelouse du Stade Aimé Jacquet. Quelques mois plus tard, on te retrouve à Geoffroy-Guichard. Qu’est-ce que qu’il s’est passé ?
Je ne sais pas (rires). C’est vrai qu’il y a d’abord eu un contrat professionnel. Franchement, j’étais choqué. C’était un objectif, mais bon, pas aussi vite. J’étais vraiment très content mais je me suis dit qu’en fait, ce n’était rien, qu’il arrivait vite mais qu’il pouvait partir vite aussi. Derrière, je reprends avec la réserve. Je me suis dit que je reprenais avec la N3 mais que l’objectif était de monter le plus vite possible avec les professionnels. J’y pensais mais je ne pensais pas que ça allait arriver aussi rapidement.


La première en Ligue 1 tombe quelques semaines plus tard, en octobre, à Lens. Comment as-tu vécu ce moment ?
J’étais stressé quand même. Timothée Kolodziejczak a pris un rouge. J’étais sur le banc, quand il a fait la faute, on m’a dit d’aller m’échauffer. Mais j’ai hésité hein (rires). J’avais le coeur qui battait fort mais je me suis dit que c’était ce que j’avais toujours voulu. Pourquoi stresser ?


Le hasard fait que tu passes derrière Saliba et Fofana. Ce sont des exemples pour toi ?
Oui. Ce sont des joueurs que j’ai vus en formation, que j’ai vus grandir. J’étais avec eux au centre. Je vois où ils sont actuellement, ce sont des exemples. Il n’y a pas de pression à passer derrière eux. Je fais mon chemin.


Quel regarde tu portes sur ta saison ?
Je suis très content. Mes performances, je peux toujours m’améliorer, mais mon temps de jeu, j’en suis très heureux. Qui s’attendait à ça ? En six mois, passer de stagiaire à jouer avec les professionnels en Ligue 1… C’est un plus, autant saisir sa chance. Ce n’est pas plus compliqué de débuter en Ligue 1 dans une équipe qui joue le maintien. Il y a des joueurs expérimentés qui connaissent ce niveau, qui nous mettent à l’aise.


Sur quoi penses-tu devoir progresser ?
Tactiquement, techniquement. Partout. Il y a toujours une marge de progression. Le joueur qui m’inspire le plus ? Thiago Silva. C’est un exemple pour moi.


Claude Puel restera pour toujours le premier coach à t'avoir lancé en pro. Quelle est votre relation ?
Il me parle beaucoup, donne beaucoup de conseils. Quand je fais un truc qui n’est pas bien, il vient me voir à la fin de l’entraînement pour me dire ce que je dois faire. Il me dit où je dois progresser. C’est un très bon coach franchement.


Tu échanges également avec tes coéquipiers ?
Oui, avec tout le monde. Harold, Kolo… On discute souvent entre nous.


Depuis septembre 2020, Saïdou Sow est convoqué par Didier Six avec la sélection nationale de Guinée aux côtés de Naby Keita ou encore Mady Camara 


La sélection guinéenne  

Pour terminer, on ne peut pas te quitter sans te parler du Syli. International à 18 ans, c’est peu commun… C'est une fierté ?
Surtout pour ma famille oui. Ma première sélection ? À vrai dire, j’étais choqué. C’est un rêve quand tu es en Guinée, que tu vois la sélection nationale passer… Être international aussi tôt, je ne m’y attendais pas. J’étais vraiment surpris.


Pascal Feindouno : "Salut Saïdou Sow. Toi aussi ça y est, tu es dedans. Même avec ton jeune âge, tu peux faire quelque chose de grand. On compte sur toi. Travaille, travaille, travaille. Un jour ça payera. Courage. On est ensemble."


Plutôt sympa d'avoir un message de Pascal Feindouno ?
C’est un bel exemple de réussite. Si on ne connaît pas Pascal Feindouno… C’est quand même un grand joueur, en sélection guinéenne puis à Saint-Etienne aussi. Ça me touche.


Qu'est-ce qu'on peut te souhaiter jusqu'à la CAN qui se jouera en début d'année 2022 ?
Déjà, de se maintenir. C’est le plus important. Oui, je serai toujours à l’ASSE dans quelques mois. L’objectif, ce sera d’aller chercher du temps de jeu et d’avoir mon billet pour la CAN, je l’espère.


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