Roux balance sur sa fin avec Galtier à l'ASSE
Nolan Roux a connu un passage contrasté à Saint-Étienne, avec une première saison intéressante ponctuée de onze buts toutes compétitions confondues et sept passes décisives. Puis une suite plus délicate avec une fin brutale.
Dans un long podcast sur Youtube proposé par Addict O Foot, l'ancien Vert revient sur sa relation tumultueuse avec Christophe Galtier et sur sa mise à l'écart brutale, sans raison apparente : "La première année avec Christophe Galtier, c'est très bien. Parfois un peu comme Rudi Garcia à Lille, mais plus dans l'excès par contre, un peu plus fou. Tu marques un but, il court sur le terrain et te saute dessus. Le lendemain, tu sens qu'il y a un petit froid, tu ne sais pas pourquoi. C'est plus un entraîneur dans l'analyse, très bon dans ses discours. Galtier et Garcia, c'est un peu pareil. Vers la fin, je n'ai pas aimé. Il m'avait enlevé du vestiaire, je n'avais plus le droit d'entrer au centre d'entraînement sous prétexte d'une réduction d'effectif. Du jour au lendemain, on jouait Marseille. La veille du match, je suis avec les titulaires. Je me dis que je vais jouer. J'arrive dans la douche et son adjoint Oleksiak me fait signe de venir et, généralement, quand c'est ça, tu comprends. Je me dis que ce n'est pas possible et il me dit : « Si, tu restes à la maison. » Je regarde le match, on perd 3-0 à Marseille. Je ne fais pas partie de ceux qui se disent : « Ouais, ils ont perdu », ça me fait chier parce que ce sont mes coéquipiers. Je reçois un message pour me dire que j'ai rendez-vous demain matin à 9 heures dans le bureau du président adjoint. J'arrive et il y a Oussama Tannane et Bryan Dabo qui sont là aussi, mais eux, ils étaient plus turbulents. Je me dis que si je suis associé à eux, c'est chaud. Je vois tout de suite dans le bureau : petit costard, petite cravate, un huissier. Le président adjoint qui était là et Christophe Galtier en face de moi avec son téléphone. « On t'a convoqué », il ne me regarde même pas, « parce qu'à partir de 9h30, tu n'as plus accès au vestiaire. Il faut que tu enlèves tes affaires. Tu les mets chez toi et tu es à la disposition de la réserve. »
Ça monte un peu parce que tu as de l'ego, de la fierté, tu as envie de dire : « Christophe, vire tout le monde et on en parle nous deux. » Je demande ce que j'ai fait, on me répond : « Absolument rien, sinon on n'en serait pas là. » J'ai dit : « OK » et je me suis rendu dans le vestiaire pour faire mes affaires. C'est dur, on se dit qu'on aurait mieux fait de faire quelque chose parce que là, on ne sait pas. « Réduction d'effectif », OK, mais de là à ce que j'enlève mes affaires du vestiaire et que je n'aie plus le droit de rentrer dans le centre d'entraînement... C'est-à-dire que j'arrive à l'entrée, on ferme la porte. Loïc Perrin arrive, il me regarde, il est capitaine, il savait. Je lui dis : « Tu laisses faire, tu ne dis rien ? » On m'enlève du vestiaire, tu es capitaine, normalement tu dis : « Non, Nolan, ce n'est pas un fou, il n'a rien fait et on compte sur lui. » Il me dit : « Bah, je suis désolé. » Je rentre, j'avais deux agents, un calme et un un peu plus fou qui me dit : « Tu vas dans le bureau, tu défonces tout. » Si je vais taper du poing sur la table, je vais rigoler, je ne suis pas crédible à faire des trucs comme ça. Je lui dis : « Laisse tomber, je prends sur moi, ça me servira. »
Laurent Batlles était entraîneur de la réserve à l'époque, je l'appelle. Je lui dis que j'ai envie de jouer et je lui demande si je peux venir avec lui en réserve. On va jouer un club de Clermont, bagarre générale, des bouteilles de champagne vides jetées sur le terrain. On n'a pas pu sortir des vestiaires, ils cassaient des portes. Je suis rentré dans le bus, je me suis assis, il m'a regardé et me dit : « Je suis désolé. » Je lui ai répondu de ne pas l'être et que je ne reviendrais plus (rires). Dure période, j'étais à la maison, je ne faisais rien. Galtier s'en va, Romeyer m'aimait, mais il n'avait pas bougé, il n'avait rien dit. Je le vois, il me dit : « Le coach est parti, il te reste un an, tu restes. » Je lui ai dit non, j'ai passé deux mois enfermé à la maison. Si je reste sur un truc comme ça, je vais broyer du noir et je ne serai pas à 100 %. Il me dit : « Si tu pars, c'est pour 4 M€. » Je lui rappelle que je n'ai jamais parlé à la presse, je n'ai rien dit. J'aurais pu et, par contre, je me suis servi de ça pour pouvoir partir à Metz et pas pour 4 M€, pour 0€. Lorsque Metz m'a appelé pour me dire que le président de l'ASSE voulait 3 M€, j'ai pris mon téléphone : « On fait comment ? — Non, Nolan, tu fais ch*** : 500 000 €. » Je lui dis que je ne suis pas vendeur de tapis et je pars à Metz gratuitement.
On joue le Metz - Saint-Étienne, ils avaient pris Debuchy, Cabella, M'Vila parce que ça allait très mal. Je sais que Romeyer est là-haut, on a toujours de bons rapports, mais ça fait partie du foot. On gagne 3-0 et forcément, je marque et du coup, je nargue Romeyer. Il descend à la fin du match et on en rigole et me demande si je ne veux pas revenir. Je lui dis : « Là, je vais rentrer dans le vestiaire dire bonjour à mes ex-partenaires et après, je vais ressortir et aller en face. » Financièrement, je perdais, je crois, 80 % de mon salaire, mais je ne voulais plus jouer à Saint-Étienne. Se faire dégager comme une merde et qu'on ne te dise pas pourquoi... Soi-disant après, Galtier aurait fait des choses parce qu'il voulait partir pour embêter le club. Est-ce que j'en faisais partie ?"
