Roustan : "Un avant et un après Saint-Étienne pour le football"

Club | Publié le par Grégory | 12 commentaires

Journaliste sportif depuis plus de 30 ans, Didier Roustan est un passionné de football qui a vibré devant les grandes heures stéphanoises. Pour EVECT, il revient sur ses souvenirs en Vert, notamment marqués par l'apport considérable de Robert Herbin pour le football français.

Qu'est-ce qui vous vient à l'esprit lorsque vous pensez à l'ASSE ? 

La première chose qui me vient à l’esprit, c’est la finale de Coupe de France 1968 que j’avais regardé à la télévision qui était à l’époque en noir et blanc. Je me souviens, j’avais été marqué par un penalty qu’on avait fait retirer à Rachid Mekhloufi. C’était rare à l’époque qu’on retire un penalty. Saint-Etienne avait gagné cette finale 2-1. La Coupe de France 1970 était elle aussi historique, avec une victoire 5 à 0 contre Nantes. J’habitais Cannes et j’allais souvent voir des matchs à Nice en première division, et je me souviens les avoir vus jouer au Stade du Ray. Puis après, bien-sûr, il y a l’incroyable aventure des Verts.


Votre plus grand souvenir footballistique lié à Saint-Étienne ?

Le plus grand souvenir est lié à la Coupe des clubs champions européens. Le plus grand et le plus triste souvenir c’est bien évidemment la finale, où j’étais complètement abattu. On était tous derrière cette équipe. À l’époque, j’étais encore jeune et je n’avais pas de voiture. Je montais au stade avec le frère d’un copain avec qui je jouais au foot à l’AS Cannes et qui montait de temps en temps. Donc on s’entassait dans la voiture, et on allait voir des matchs à Geoffroy-Guichard.


Vous avez une belle collection de maillots, dont plusieurs de Saint-Étienne. Lequel est le plus important pour vous ?

J’ai un maillot Manufrance de Dominique Rocheteau auquel j’attache beaucoup d’importance. Les maillots Manufrance ont marqué ma jeunesse. Ils étaient beaux, et à l’époque, il y avait encore le bleu blanc rouge au col et au poignet. Ils avaient aussi une qualité supérieure. C’est un maillot qui a marqué l’histoire.


"Il y a un avant et un après Saint-Étienne pour le football français. Il a marqué l’histoire avec un jeu tourné vers l’avant qui n’était pas calculateur" 


Robert Herbin nous a malheureusement quitté le 27 avril dernier, que retenez-vous de lui ?

Robert Herbin a été capital. Avec l’aide de Pierre Garonnaire qui était son bras droit, il a fait confiance aux jeunes et il a gardé un groupe sur la durée. Il avait été un grand joueur avec beaucoup de physique, et on avait un très grand retard à l’époque à ce niveau là. Donc il a fait en sorte de combler ce retard. On avait aussi un gros déficit mental. On était des bons joueurs en 1970, mais comme on ne gagnait jamais rien et qu’on était souvent éliminé lors des phases finales contre les grosses équipes, on ne voyait pas le jour et dès qu’on se prenait un but, on s’effondrait. Herbin, il a donné à ces jeunes, qui étaient bien encadrés par des anciens comme Ivan Curkovic, Oswaldo Piazza, ou encore Hervé Revelli, un mental qui fait qu’ils ont été capables de retourner de nombreuses situations. Cela a bouleversé l’ensemble du football français et on en paie encore les bienfaits aujourd’hui. Il y a un avant et un après Saint-Étienne pour le football français. Il a marqué l’histoire avec un jeu tourné vers l’avant qui n’était pas calculateur. L'ASSE était en avance sur le reste des autres clubs. Les matchs n’étaient pas télévisés, donc en général en Coupe d’Europe, les clubs découvraient leur adversaire, sauf Saint-Étienne qui allait les filmer. Je me souviens avoir croisé Pierre Garonnaire dans certains stades, qui venait voir la tactique et l’organisation des équipes. 


Rendez-vous demain pour la suite de l'interview de Didier Roustan !

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