Rocheteau : "Il y a plus de ferveur maintenant à GG, c'est fabuleux"
Présent aux côtés de Christian Sarramagna à notre micro samedi après-midi du côté de L'Etrat avant de rejoindre le stade Geoffroy-Guichard et recevoir un hommage bien mérité, Dominique Rochetau a répondu à nos questions.
Cinquante ans après la fameuse épopée verte de 1976, Dominique Rocheteau est encore fasciné par la ferveur des supporters stéphanois : "J’ai eu l’occasion de souvent rencontrer les supporters. Quand j’étais dirigeant ici, avec Roland (Romeyer), on allait voir toutes les sections, donc je les connais bien. Je connaissais aussi à l’époque les Magic, les Green, mais cela ça évolue, ça change de leaders. C’est vrai que j’ai fait aussi une tournée il y a trois ans et je suis allé un peu partout en France et à chaque fois il y avait beaucoup de supporters, plus de Saint-Étienne que du PSG. Ce qui m’a le plus surpris quand même, c’est qu’il y avait toutes les générations, c’est ça qui est dingue. Est-ce que c’est propre à Saint-Étienne ? Oui quand même, à Lens aussi c’est un peu la même chose. C’est de famille, ça se transmet de père en fils à petit-fils, puis on le voit, on l’a encore vu ce matin. C’est le propre du club, un club populaire, on grandit avec les Verts."
Arrivé dans le Forez en 1971, en tant que joueur stagiaire, l’Ange Vert connaîtra quelques blessures avant de prendre part à tous les matchs avec l’équipe en 1975. Cette équipe qui est devenue avec le temps, plus que de simples coéquipiers : "Ce qu’on peut dire, c’est qu’on était vraiment à l’époque une équipe de copains. Il y avait des petits groupes quand même qui se voyaient régulièrement. Il y avait toute cette jeune génération qui avait fait le centre de formation, la génération de Sarra' (ndlr, Christian Sarramagna), moi je suis arrivé après avec Dominique Bathenay et Gérard Janvion, encadré par Jean-Michel Larqué, Oswaldo (Piazza) et Ivan (Curkovic). On pouvait parler d’une équipe de copains, c’est peut-être aussi pourquoi on est allé chercher des résultats. Au fur et à mesure des années, on s’est toujours vu régulièrement et maintenant on peut parler d’amis, on est des vrais amis et on a vraiment une amitié forte. Là aujourd’hui, on est presque toute l’équipe, il manque Hervé (ndlr Revelli). On est 14-15, car à l’époque on n’était pas 30 (rires), il y avait un groupe de 15-16 joueurs."
Avant la rencontre de ce samedi face à Amiens (5-0), les Verts de 1976 ont pu rencontrer l’équipe actuelle et leur donner quelques conseils : "On en a parlé hier, lorsqu’on a rencontré les joueurs, c’était sympa d’ailleurs, ça s’est super bien passé, on a été super bien reçu. Les différents discours qu’il y a eus de notre part, pour leur donner quelques conseils, même si c’est difficile de le faire, c’était de jouer avant tout avec le cœur. Sur un match comme ça en plus, jouer avec le cœur. C’est facile à dire mais pas à faire."
Entrainé actuellement par Philippe Montanier, l’ASSE a connu de nombreux grands coachs dans son histoire. Pour Dominique Rocheteau, il y a toute une histoire d’entraîneurs à l’AS Saint-Étienne : "Dans le football je ne sais pas, mais à Saint-Étienne je pense que c’est toute une culture. On parle des Verts 1976, mais avant nous il y a eu quand même de grands entraîneurs, il faut quand même le rappeler, Jean Snella, Albert Batteux, que moi je n’ai pas connu. Tout cela a été transmis à Roby (ndlr Robert Herbin), car il était joueur à l’époque et puis il est devenu entraîneur. Il y a eu quand même une histoire, je pense qu’il y a eu beaucoup d’entraîneurs c’est vrai, j’ai beaucoup côtoyé Christophe Galtier, lorsque j’étais dirigeant, il a aussi été imprégné de cette histoire de Saint-Étienne et cela lui a beaucoup apporté durant sa carrière. Roby (Robert Herbin), apportait beaucoup sur le plan de la préparation physique, on en a chié, on a bossé, le mardi matin dans les vestiaires, il n'y avait pas beaucoup de bruit. Il nous le disait pas trop, mais on en avait parlé un petit peu, il a beaucoup été influencé par l’Ajax Amsterdam, le football total. On était trois par trois, moi j’étais avec Gérard Janvion et Oswaldo Piazza, les deux plus rapides (rires). Je suis un peu rentré en cours dans cette équipe, en 1975, l’équipe avait déjà fait pas mal d’exploit, notamment une demi-finale contre le Bayern. Mais quand tu jouais dans cette équipe, tu avais une impression d’invincibilité, surtout quand tu jouais à Geoffroy-Guichard. Un peu comme certaines grandes équipes actuelles, comme le Bayern, Barcelone ou le PSG. Quand on rentrait à Geoffroy-Guichard, on était à peu près persuadé qu’on n’allait pas perdre. Je pense qu’il y a encore plus de ferveur maintenant, quand on voit maintenant, c’est fabuleux, c’est impressionnant, normalement ça doit transcender."