"Même football, même exigence. Toujours pas les mêmes droits"
Les capitaines des équipes de Première Ligue et de Seconde Ligue féminines, dont la Stéphanoise Sarah Cambot, ont pris la parole dans une tribune pour dénoncer les négociations au point mort concernant la création d'une convention collective venant encadrer et protéger leur métier.
"Même football, même exigence. Toujours pas les mêmes droits." C'est en ces termes que les capitaines des équipes de Première Ligue et de Seconde Ligue féminines, dont la Stéphanoise Sarah Cambot, ont pris la parole dans une tribune pour dénoncer les négociations au point mort concernant une convention collective. Ces capitaines pointent la précarité du football féminin en prenant l'exemple de Dijon dont la section féminine est sur le point de disparaître : "Nous sommes capitaines d'équipes professionnelles. Chaque semaine, nous portons un brassard. Celui de la responsabilité et du collectif. Aujourd'hui, nous n'en pouvons plus de nous taire. À Dijon, vingt ans d'engagement sportif sont en train de s'éteindre, faute de repreneur et de soutien suffisant, mettant les joueuses devant le fait accompli. Avant cela, c'était Soyaux, puis Bordeaux qui avaient disparu. Ces situations ne sont pas des accidents. Elles révèlent une réalité que nous vivons toutes : dans le football professionnel français, les sections féminines sont trop souvent l'une des premières variables d'ajustement."
Si elles soulignent des efforts, les capitaines notent qu'elles ne bénéficient toujours pas des mêmes garanties que les hommes : "Des efforts ont été réalisés depuis la création de la LFFP, nous le
reconnaissons. Mais il manque l'essentiel : le cadre de protection d'une convention collective. En 2026, les joueuses professionnelles n'en disposent toujours pas. Nous pratiquons le même sport. Nous nous entraînons avec la même exigence. Nous faisons face aux mêmes contraintes physiques et aux mêmes risques. Et pourtant, nous ne bénéficions pas des mêmes protections. Plus encore : pendant que le football masculin avance, on nous demande de patienter. Ce n'est pas une question de priorité. C'est une question de choix. En quelques mois, le cadre d'une convention collective avance à grands pas pour la future Ligue 3. Dans le même temps, les négociations pour le football féminin durent depuis plus de trois ans. Ce décalage interroge. Il n'est plus comprehensible. Il n'est plus acceptable."
Les féminines finissent par formuler leurs demandes pour la création d'une convention collective qui viendrait protéger leur métier : "Nous ne demandons pas un traitement particulier. Nous demandons un cadre équitable. Une convention collective, ce n'est pas un avantage. C'est une base essentielle : pour protéger la santé, encadrer les conditions de travail, sécuriser les carrières et faire vivre un véritable dialogue social. Nous appelons l'ensemble des partenaires sociaux à prendre leurs responsabilités aux côtés de nos représentants de l'UNFP. Personne ne comprendrait qu'ils deviennent un frein au développement du football féminin. Une convention collective doit être signée avant le début de la prochaine saison. Parce que nous jouons le même football. Parce que nous méritons les mêmes droits."
"Même football, même exigence. Toujours pas les mêmes droits."
— UNFP (@UNFP) April 21, 2026
Ce matin, les capitaines des équipes de Première Ligue et de Seconde Ligue prennent la parole dans l' @lequipe. Ensemble. Sans détour.
Trois ans que les négociations pour une convention collective n'aboutissent pas.… pic.twitter.com/nH8Zy6QDZx