"Le jour où les GA92 et MF91 ne seront plus là, ça va être terrible !"
Un an après la démonstration de force des ultras stéphanois dans les rues de Saint-Étienne pour protester contre les menaces de dissolution des Green Angels et des Magic Fans, l'épée de Damoclès est toujours présente au dessus de la tête des deux groupes.
Si Bruno Retailleau qui avait souhaité dissoudre les Green Angels et les Magic Fans n'est plus le Ministre de l'Intérieur de la France, son successeur, Laurent Nuñez n'a pas abandonné l'idée. Le spectre de la dissolution s'était quelque peu éloigné en fin de saison dernière mais les autorités avaient prévenu que la menace continuait d'être placée sur les groupes qui n'avaient clairement pas le droit à l'erreur. Cette menace est donc toujours bien présente.
Nous évoquions la semaine dernière que le Ministre de l'Intérieur, Laurent Nunez avait annoncé qu'il présenterait en conseil des ministres son projet de loi "RIPOSTE" (Réponses immédiates contre les phénomènes troublant l'ordre public) sur la sécurité du quotidien. Au sein de ce projet, la sécurité dans les stades de l'hexagone occupe une part importante. Le ministre de l'Intérieur souhaite revoir les interdictions administratives de stade avec une nouvelle approche, encore plus répressive, notamment sur les chants et sur les banderoles qui peuvent être déployées dans certains stades. Dans ce projet de loi présenté mercredi matin en conseil des ministres, tout acte incitant à la haine et à la discrimination sera soumis à une possible interdiction de stade.
Ce ne sont finalement pas des faits dans les stades qui ont fait ressurgir la possibilité de dissolution des groupes mais plutôt la mort de Quentin Deranque en février dernier, militant néo-nazi tué lors d'une rixe à Lyon. Si cela ne concerne pas les groupes de supporters à première vue, l'exécutif envisagerait de riposter avec des dissolutions de plusieurs groupes violents. Dans ce contexte, il se pourrait que des groupes de supporters soient mis dans le même panier, dans ce coup de filet des autorités, et donc que la menace de dissolution des ultras stéphanois refasse surface.
Dans les colonnes de nos confrères du Progrès, Pierrick Courbon, député de la Loire évoque ce risque et explique que si ça venait à être le cas, ce serait un désastre pour les tribunes stéphanoises : "La menace est toujours très présente et même plus que jamais. Un certain nombre de rumeurs persistantes laisse entendre que le Gouvernement pourrait revenir à la charge, sur fond de récentes violences de groupuscules identitaires, notamment à Lyon, qui n’ont rien à voir avec le football. Si tel était le cas, je m’opposerai vigoureusement à ce que la vague de dissolutions qui pourrait être enclenchée mette dans le même sac ce type de mouvements avec des groupes de supporters ultras qui, sans être des enfants de chœur, n’ont pas la violence comme finalité. (...) Si à Saint-Étienne, il n’y a pas de saluts nazis, de cris de singes ou de hooligans qui cultivent la violence comme on peut le voir à Strasbourg ou Lyon, c’est parce qu’on a des associations qui encadrent ce qui se passe en tribunes. Le jour où elles ne seront plus là, ça va être terrible !"