Pour Gazidis, la LFP fait fausse route dans la rémunération des clubs

Club | Publié le par Joris | 3 commentaires

Ivan Gazidis s'est longuement confié dans les colonnes de nos confrères de L'Équipe. Le président de l'ASSE est notamment revenu sur l'épineux sujet des droits TV du football français. Pour lui, la Ligue de Football Professionnel (LFP) se trompe complètement sur le sujet. 

Ivan Gazidis dresse tout d'abord le bilan concernant les droits TV en France à l'arrivée de Kilmer à l'ASSE : "Ils se sont effondrés, oui. Beaucoup de clubs ont des difficultés financières importantes. Les propriétaires historiques ne pouvaient plus assumer chaque année des déficits importants. Le football a changé. Mais soit vous suivez, soit vous mourrez. En France, beaucoup de clubs en sont arrivés à vendre des morceaux d'eux-mêmes : leurs meilleurs joueurs, leurs droits commerciaux, parfois des infrastructures. À Saint-Étienne, je ne blâme ni Roland (Romeyer) ni Bernard (Caïazzo) (les deux ex-présidents). Ils ont fait un travail incroyable pendant vingt ans. C'était de plus en plus difficile chaque année. Le club n'avait plus les moyens d'être compétitif en L1, soit avec l'équipe dont nous avons hérité, soit avec certaines installations."

Pour Ivan Gazidis, la LFP se trompe sur ce sujet. Au lieu de favoriser les gros clubs avec des écarts énormes entre les rémunérations, elle devrait travailler sur plus d'égalité comme c'est le cas en Allemagne, en Italie ou en Angleterre : "Le football français devrait être dans une position de force. La France a des talents incroyables, une très grande culture du football. Ce sont deux acquis rares, très difficiles à créer. Le principal problème vient de la considération accordée aux équipes les plus faibles. Sur les droits TV, l'écart entre le club le mieux et le moins rémunéré est de 8 à 9 en France, contre 3 à 3,5 en Allemagne ou en Italie et 1,7 en Angleterre. Cette situation place les petits dans une urgence permanente. Quand vous êtes dans l'urgence, vous prenez de mauvaises décisions. La même logique pousse la LFP à chercher l'argent immédiat plutôt qu'à construire des partenariats à long terme. Ce n'est pas un bon modèle de gouvernance. Les ligues les plus prospères partagent davantage leurs revenus."

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