Nîmes et sa gestion des supporters, tout ce qu'il ne faut pas faire

Stade | Publié le par Joris | 19 commentaires
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À l'heure où les groupes de supporters stéphanois (GA92, IS98 et MF91) craignent des mesures de la part du club à leur égard cette saison, le Nîmes Olympique donne un exemple à ne suivre sous aucun prétexte pour l'AS Saint-Étienne en terme de gestion des supporters. 

Si le stade des Costières était réputé habiter une chaude ambiance, ce n'est plus vraiment le cas depuis la relégation du club en 2021. Cependant, la descente n'en est pas vraiment la cause. À l'aube de la nouvelle saison l'année dernière, en Ligue 2 donc, les supporters nîmois ont eu la mauvaise surprise de voir la politique tarifaire de la billetterie drastiquement augmente et ce malgré des matchs moins intéressants sur le papier puisque le Nîmes Olympique s'apprêtait à évoluer à l'échelon inférieur. Les places les moins chères étaient dès lors disponibles à... 15 euros ! Ce n'est pas tout concernant la billetterie puisque les abonnements ont été supprimés tout comme la billetterie physique. Les tarifs réduits pour les étudiants ou encore pour les personnes en situation de handicap ont eux aussi été abolis par la direction nîmoise, dont l'homme fort est son président, Rani Assaf. La tribune historique "le Pesage Est", où siégeaient notamment les Gladiators Nîmes 1991, est quant à elle fermée depuis mi-octobre dernier suite à l'utilisation d'engins pyrotechniques. 

Depuis, pas beaucoup d'améliorations pour les supporters nîmois. La tribune "le Pesage Est" reste fermée, il n'est toujours pas possible de s'abonner, il n'y a toujours pas de guichets disponibles et la billetterie n'a ouvert que quelques jours avant le premier match de Nîmes face à Caen la semaine dernière (0-1). Les tarifs restent également exorbitants pour de la Ligue 2 sauf si les supporters nîmois décident d'adhérer à l'association, le Grinta Club, créée par la direction du club et dirigée par Jean-Jacques Bourdin, le président d'honneur du NO. Les Gladiators dénoncent en outre "un cercle de l'entre-soi" et un "chantage qui ne manquera pas de faire grossir les rangs de l'association et l'ego de ses fondateurs" ainsi qu'une volonté par la direction de "dissoudre" leur groupe. 


Cela n'est pas le seul sujet de discorde entre la direction nîmoise emmenée par son président Rani Assaf, et les supporters. La décision de la direction de délaisser son centre de formation est le "plus grave" pour les supporters des Crocodiles comme l'a confié Joël Mercier, membre de l'association de supporters Club Central, à So Foot en février dernier. Alors que le club s'en allait inexorablement vers la Ligue 2, quelque chose de beaucoup plus important effrayait les supporters nîmois : la fermeture du centre de formation. Celle-ci n'a finalement pas eu lieu mais le centre de formation du Nîmes Olympique a perdu son agrément causant la fuite de nombreux talents vers d'autres clubs. Ces éléments successifs ont créé une importante fracture entre le Nîmes Olympique et ses supporters, le stade des Costières sonnant bien creux désormais. En témoigne l'affluence pour la première journée de Ligue 2 la semaine dernière : 2 969 spectateurs...

Les supporters nîmois ne sont d'ailleurs pas les seuls à subir la politique de la direction nîmoise puisque les supporters caennais ne se sont pas vus appliquer le tarif de 5€ en parcage comme cela est imposé, du fait d'une communication "trop tardive" des informations relatives aux supporters voulant se déplacer. Au lieu de 5€, les supporters caennais ont dû débourser 17€ ! Le président du Stade Malherbe, Olivier Pickeu, a décidé de payé la différence à ses supporters. 


Romain du 11 de Nîmes nous en a dit plus sur la situation "terrible" que vivent les supporters nîmois vis-à-vis de leur club : "On a fini la saison dernière avec l'avant-dernière affluence de Ligue 2 ce qui est inédit à Nîmes. C’est la pire affluence du club depuis sa création en 1937, les prix de places sont très élevés, il n’y a pas de formules d’abonnements, pas de tarifs étudiants, pas de tarifs pour les personnes sans emploi ni les personnes à mobilité réduite (PMR). Je ne pense pas qu’à Saint-Étienne ce soit aussi malsain. Même si je me doute qu’il y a des problèmes chez vous. Chez nous on en parle moins parce qu’on n’est pas Saint-Étienne ni Marseille mais ce qu’il se passe est terrible. Pour les joueurs, ça joue, ça influence. Le contexte a pesé lourdement l’année dernière, il pèse encore cette année. En tant que supporter, je n'entends pas représenter la parole de tous mais je n’en attends rien de cette saison tant la direction et ce club deviennent méprisants et méprisables. On regarde, on suit les matchs mais on va quasiment plus au stade alors qu’on était abonné depuis des années. On suit parce que c’est notre club et que l’on a ça en nous...


La fracture est plus que profonde même s’il y a toujours quelques suiveurs qui y croient toujours. Ça fait six ans qu'on a un président qui était maintenu parce que les résultats étaient les meilleurs depuis 40 ans. Ces résultats étaient obtenus parce qu’il y avait un coach exceptionnel qui était Bernard Blaquart, il masquait absolument tout le reste qui était connu de tout le monde en interne. Quand tu as les résultats qui suivent, tu fermes les yeux sur beaucoup de choses et vu que là on voit clairement les lacunes, forcément il y a beaucoup de plus de contestation et aujourd’hui on parle d’un club qui est en déliquescence totale.
"


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