Mouton : "Cet été, un proche m'a dit que j'étais à côté de la plaque"

Anciens Verts | Publié le par Joris | 12 commentaires

En conférence de presse la semaine dernière avec Angers, Louis Mouton s'est longuement confié sur sa belle saison avec le club angevin mais aussi sur sa santé mentale, lui qui a été très affecté après la descente avec l'ASSE la saison dernière. 

Louis Mouton est d'abord revenu sur son début de saison avec Angers : "Je dirais que j'avais plutôt bien commencé avec la prépa' et puis après il y a ce fameux carton rouge qui me met un peu dedans (lors de la première journée de Ligue 1 contre le Paris FC, ndlr), j'ai bien mis deux-trois semaines mentalement à m'en remettre. J'avais vécu une saison difficile l'année dernière, ça m'a tout de suite rappelé à des mauvais souvenirs qui étaient présents malgré tout. Derrière, on a discuté avec le coach et on a trouvé une solution hybride, où je jouais un peu à droite, là il me laisse beaucoup plus libre. Ça m'a beaucoup plu. J'ai pu apprendre, le coach m'a laissé beaucoup de temps pour appréhender ce poste-là. Maintenant je suis très heureux. Je me sens beaucoup plus libéré. Je ne pense pas avoir fait énormément de progrès que ce soit sur le plan technique, physique, tactique etc. C'est vraiment mentalement où je me sens beaucoup plus libéré, heureux. Je suis heureux dans la vie de tous les jours, sur le terrain je ne me pose pas beaucoup de questions, je tente des choses, des fois ça ne marche pas, parfois ça marche. Là je suis dans une toute autre mentalité, c'est là que je vois la différence que je peux faire sur le terrain. Par rapport à l'année dernière, j'ai l'impression de toujours avoir du temps, d'être plus aéré, plus libre. Je me sens vraiment bien. Depuis novembre, je vois vraiment une nouvelle version de moi-même où je suis très heureux."


Par la suite, Louis Mouton se confie sur l'importance de la santé mentale dans le football, lui qui a souffert notamment l'été dernier après la relégation de son club formateur en Ligue 2, l'AS Saint-Étienne : "J'ai toujours su que j'avais un bagage consistant en termes de formation. Maintenant, mon point faible ça a toujours été un peu la tête : des fois je donne trop au mauvais moment, je n'arrive pas à me canaliser sur certaines situations, parce que je suis un peu à vif. Quand je suis un peu à vif, c'est toujours compliqué pour moi et cette année je sens que je suis beaucoup plus détendu et apaisé sur le terrain. Il y a peu de choses qui m'impactent. Je suis dans mon monde, dans ma bulle et ça marche. Où je peux aller ? Je n'en sais rien, je vais continuer à tracer mon chemin et on verra où ça ira. 


Dans la vie de tous les jours, je n'étais pas épanoui, je n'étais pas heureux. J'avais plein de petits soucis externes qui faisaient que sur le terrain je n'étais pas à mon maximum. La prépa' mentale, le bien-être mental des joueurs est vraiment très important et cette année je m'en rends compte. La différence je ne la fais pas sur la technique, le physique ou autre, c'est vraiment mentalement où je me sens vraiment apaisé. Au quotidien, c'est vraiment beaucoup plus facile à vivre pour moi, pour ma copine. Tout est mieux. La ville en fait partie, je prends beaucoup de plaisir en terre angevine. Angers m'a beaucoup aidé. 


J'ai beaucoup fait de prépa' mentale, à Saint-Étienne notamment, ça m'a beaucoup aidé. Je continue avec toujours des choses à extérioriser, les tensions que j'ai au quotidien. On ne s'en rend pas compte mais on a beaucoup de petites tensions au quotidien que ce soit sur le terrain ou en dehors, les sollicitations, que ce soit avant ou après les matchs, il faut gérer le tout. Le football a encore beaucoup de progrès à faire là-dessus. On arrive à former de très bons joueurs de foot mais toute cette partie mentale qu'il faut gérer, plein de joueurs passent à côté de leur carrière car mentalement ça ne suit pas. Je pense que c'est la plus grosse partie. Cette année, je ne pense pas avoir progressé mais mentalement je suis tellement heureux que je vois la différence sur le terrain. Je me sens mieux. Sur le terrain ça se voit aussi je pense, mon jeu plaît mieux, je donne du plaisir aux gens je pense, c'est tout bénef'. 


Cet été j'ai discuté avec un membre de famille qui m'a dit : 'Là tu te trompes complètement, tu es à côté de la plaque." Je me trompais d'objectif. J'étais très affecté par la descente l'année dernière, j'étais triste, j'étais dégoûté, j'ai passé un été pourri. Je n'arrivais pas à sortir du rouleau. Mon proche m'a dit : 'tu te trompes, il faut que tu arrêtes, sinon ta carrière est finie dans un an. Changes de mind set (état d'esprit, ndlr) et essayes de te renouveler, de prendre l'air et ne va pas chercher l'argent, la gloire.' Quand j'ai eu les dirigeants du SCO au téléphone, j'ai compris que le bonheur était là et qu'il fallait que je sois là. Je n'ai pas réfléchi plus que ça. Je me suis demandé où j'allais être heureux, j'ai vu Angers, j'avais quelques copains qui étaient venus faire leurs études ici et qui m'avaient dit que c'était top. Il fallait que je pense à moi, à mon bien-être à moi."

Louis Mouton révèle avoir toujours été un peu différent des autres, lui qui a notamment appris jeune qu'il était haut potentiel intellectuel (HPI) : "J'ai toujours été un peu différent. J'ai sauté une classe très jeune, j'ai fait des tests, j'étais HPI (haut potentiel intellectuel), j'ai toujours été en décalage avec ma génération. Mes parents m'ont beaucoup soutenu et m'ont appris à me gérer en tant que personne différente des autres. Ils m'ont aidé sur le fait de prendre sur soi, de parler, de s'exprimer. J'ai toujours été un peu en décalage, j'étais également surclassé au foot, j'ai toujours été avec des personnes plus âgées. (...) Je peux être drôle et un peu fou et des fois très posé, ça dépend des sujets. Je me suis souvent donné un petit genre pour que les gens me laissent tranquille. Je mettais une personnalité de moi en avant, au moins elle faisait barrage et moi derrière j'étais tranquille. À l'heure actuelle, ça me rebondit un peu dessus parce que la transition n'est pas facile à faire quand tu rentres à la maison. À moi de rester moi-même, j'essaie d'être juste Louis, ne pas faire trop. Cette année ça se passe plutôt bien je suis content.


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