Mollo : "Sans mes parents, je serais en prison, j'aurais pris perpète"

Anciens Verts | Publié le par Joris | 0 commentaire

Escroqué de plusieurs millions d'euros pendant sa carrière, l'ancien joueur de l'AS Saint-Étienne Yohan Mollo a évoqué longuement cette histoire douloureuse au micro de Capté sur Youtube. 

Yohan Mollo : "J’essaie de me reconstruire émotionnellement par rapport à ce qu’il s’est passé dans mon passé. J’essaie d’être positif, de vivre au jour le jour, d’avoir le bon comportement car comme tu le sais, j’ai vécu des jours un peu plus sombres. Pour moi c’est vraiment un challenge de faire en sorte que la santé mentale soit bonne. Cela se fait par le sport par exemple et passer du temps avec les gens que j’aime et qui m’aiment.

J’ai eu mon procès que j’ai gagné et là je suis en appel (Franck Bichon son ancien agent avait été condamné en première instance à cinq ans de prison dont deux fermes, ndlr). Ça fait à peu près un an que j’attends. Je suis toujours dans la même situation financière, je me bats pour ma peau. J’ai 36 ans et des fois je me pince en me disant que ce qui m’est arrivé, ce n’est pas vrai. Et puis d’un coup j’ouvre les yeux et je me rends compte. Comme je ne suis pas quelqu’un de vénal, ce n’est pas ça qui m’a détruit. C’est la relation humaine : manipulation, la confiance. C’est tout ça qui m’a détruit. En soit l’argent, les gens qui me connaissent le savent, honnêtement je m’en fous. L’argent que j’ai gagné, c’était pour ma famille. J’ai eu des montres à 50 000 euros, je suis monté dans un Yacht, un Jet mais je suis toujours arrivé à la même conclusion, ça ne te rend pas heureux.

De toute façon il y a trop de preuves pour que je ne prenne pas d’argent. Le truc, c’est que je ne prendrai pas la somme que j’ai pris dans ma carrière. Je n’ai pas été confronté à toutes les personnes parce qu’il y en a énormément qui sont impliquées. C’est ça le truc, de voir à quel point l’être humain est pourri. J’ai vu un reportage qui m’a retourné le cœur sur Epstein. De voir que pendant autant de temps, un mec qui a autant de pouvoir, fait autant de mal sans aucune culpabilité. Moi je me suis posé la même question, est-ce qu’à un moment donné ces gens se sentent mal et culpabilisent ? Je sais que non. (…) Tu ne peux pas être heureux, ce n’est pas possible.

Je ne te mens pas, si je n’avais pas eu mes parents, je serais en prison. La seule chose qui me garde en vie, ce sont mes parents, les gens que j’aime. Car je n’ai pas voulu leur faire de peine, les rendre plus tristes. Des choses sombres m’ont traversées, on est que des hommes. Je pense que chez tous les êtres humains ça arrive. Pendant 15 ou 16 ans tu donnes tout pour quelqu’un, tu te donnes de partout, et à la fin on te dit qu’on t’a utilisé. Certains continuent de travailler avec des joueurs et moi ça me fait de la peine pour ces joueurs parce qu’ils pensent que tout va bien mais en fait tout va mal pour eux. Ils s’en rendront compte dix ans après. Ces gens-là auront fait diverses opérations immobilières, des opérations avec des directeurs sportifs, ils auront détourné de l’argent… Sauf que eux le sauront plus tard.


L’escroquerie, je l’apprends un 14 octobre, le jour de l’anniversaire de ma mère. On me dit qu’on a cramé tout mon argent. Je prends un ouragan dans la tête. 'L’argent que tu as perçu, tu as tout cramé', on me dit ça froidement. C’est là où les idées noires arrivent. Honnêtement, il a de la chance d’être tombé sur moi parce que je suis quelqu’un d’assez équilibré psychologiquement. Si je n’ai pas mes parents je prends perpète. J’étais avec mon père ce jour-là, j’ai fait en sorte de ne pas lui montrer ma douleur. Je lui ai dit que ça allait aller, le soir je me suis aperçu que mon corps me disait l’inverse. Tous les muscles de mon corps se sont raidis, j’avais une crampe sur le plan général. Là je me suis dit wow (sic), là je ne vais pas bien. Il faut accepter et vivre, c’est un combat quotidien. Ma priorité, ce sont les gens que j’aime. Vivre avec eux le plus positivement possible et avec de l’amour. J’ai accepté de tourner la page entre guillemets pour eux, sinon j’aurais fait quelque chose qui aurait fait du mal aux gens que j’aime
."


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