Mollo : "L'ASSE je ne garde pas de la sympathie, mais de l'amour"
Dans l'interview qu'il a accordée au média Capté, Yohan Mollo revient sur ses années passées à l'AS Saint-Étienne. Il en garde des très bons souvenirs et estime avoir été au prime de sa carrière dans le Forez.
Yohan Mollo : "Le souvenir le plus fort à Saint-Étienne c’est totalement la Coupe de la Ligue parce que dans cette période-là de ma vie, c’était la compétition. Il n’y avait pas de choix extra-sportifs, il n’y avait pas des « je fais des choix en fonction de… » C’était clair : le meilleur joueur jouait. On nous disait : « vous allez vous frapper et le meilleur joueur il joue ». Quand c’est comme ça, j’aime trop. Quand je sais qu’il y a une justice, je sais que je vais exister parce que je suis trop tenace, tu me donnes la moitié d’une opportunité je sais que je vais la saisir. Cette finale au Stade de France, j’en retiens du plaisir. On partage ça avec les supporters parce que ça faisait des années que l’ASSE n’avait pas gagné de trophée. Vivre un moment comme ça a procuré énormément de joie.
Face à Toulouse quelques mois après des moments compliqués à Nancy, je marque avec l’ASSE, ça fait comme une vague dans les tribunes (une descente en Kop, ndlr). Là je me dis que c’est un autre calibre, une autre exigence. C’est là que tu comprends qu’il y a des joueurs qui jouent le maintien et d’autres l’Europe. Geoffroy-Guichard m’a galvanisé car tout le monde sait que je ne suis pas quelqu’un qui tremble. J’aime quand ça brûle et l’atmosphère était faite pour moi. J’avais toujours ce besoin de rendre la confiance et aussi ce besoin de me mettre à leur place. Je n’ai jamais compté mes efforts, et je me suis toujours donné à 115%.
Une ambiance qui m’a marquée plus que les autres ? Saint-Étienne-Lyon, quand on les bat 3-0. Celle-là elle était vraiment pas mal.
Sur la saison où j’arrive à l’ASSE, en tout je suis à onze passes décisives sur la saison, cumulé avec ce que j’avais fait à Nancy, avec huit buts inscrits. J’étais à mon prime. J’ai découvert que pour devenir meilleur, il fallait jouer avec des joueurs meilleurs, parce que tu restes dans ton registre, tu ne te préoccupes pas du reste, tu restes dans ta zone parce que tu sais que ton collègue va faire le job. C’était le meilleur moment pour moi de basculer et de passer une étape supplémentaire. Les transferts qui ne se sont pas faits ? Bayer Leverkusen, Olympiakos, Marseille… On ne vit pas avec des si.
Saint-Étienne, j’ai gardé de l’amour. C’est vraiment un club que je porte dans mon cœur. Moi je suis marseillais mais quand tu me demandes de choisir entre Saint-Étienne et Marseille, je le dis haut et fort, je prends Saint-Étienne. Je n’ai pas cette fibre pro-marseillaise à toute épreuve. J’ai que de la reconnaissance envers Saint-Étienne. Ça s’est toujours bien passé parce que j’étais dans une période où on a fait que des bons résultats et je pense que les supporters voyaient que l’équipe se donnait. Même quand on perdait un match, ils voyaient que personne ne comptait ses efforts, et tout le monde se donnait."