Mickaël Pontal : « Il avait soi-disant besoin de nous »

Anciens Verts | Publié le par Evect | 14 commentaires
Seconde partie de notre échange avec Mickaël Pontal. L'ancien défenseur stéphanois évoque son passage dans le milieu professionnel, mais aussi sa reconversion d'entraîneur qu'il avait préparée au début de sa carrière.

Au final, vous n'avez pas eu beaucoup de temps de jeu à l'ASSE, quelle explication avez-vous ?
« Ce sont les aléas d'une carrière. J'ai sans doute une part de responsabilité, car je n'avais ni d'agent ni de plan de carrière, et je faisais les choses au feeling. Le regret que j'ai, c'est d'avoir raté le championnat d'Europe U19 avec l'équipe de France en 1999, car Robert Nouzaret nous avait interdit d'y aller. Il avait soi-disant besoin de nous : Julien Sablé, David Grondin et moi-même. Le championnat d'Europe m'aurait certainement permis de me montrer, et de signer ailleurs. Il y avait beaucoup de départs à l'étranger à cette époque, et peut-être que je serais parti. »

Vous en voulez à Robert Nouzaret ?
« Le regret que j'ai, c'est que les gueguerres entre Robert Nouzaret et le sélectionneur national ont fait que le club nous a bloqué. J'aurai voulu faire cette compétition. A cette époque-là, j'étais au très haut niveau, j'étais titulaire en équipe de France, donc ça m'aurait permis de rebondir au lieu de faire du CFA pendant trois ans. »

«  Ça a été un nouveau coup sur la tête »

David Grondin part à Arsenal, pour autant est-ce que cela lui a facilité sa carrière ?
« Il a eu une belle opportunité là-bas, et a découvert une autre expérience. Je sais que ça lui a apporté beaucoup de choses financièrement et humainement. À sa place, on aurait probablement tous fait la même chose. Dans ce groupe, ceux qui ont vraiment réalisé une grosse carrière : il y a Julien Sablé et Sylvain Armand. Ensuite, il y a eu Frédéric Mendy et Alassane N'Dour qui ont fait de belles choses. »

Est-ce que cela ne vous a pas empêché de rester au plus haut niveau ?
« Pas forcément. Quand Elie Baup arrive, il me prête à Valence. Je fais une année pleine en National avec trente-six matchs (2004-2005). On monte en D2, un contrat m'attend sur la table, mais le club dépose le bilan. Ça a été un nouveau coup sur la tête. J'arrive à rebondir à Cannes, mais à l'époque, le club n'était pas structuré, et avait des problèmes en interne. Puis j'ai connu la CFA ensuite. »

Malgré tout, est-ce que vous avez gardé un attachement particulier à la ville ?
« Oui évidemment ! J'ai fait mon collège et mon lycée à Saint-Etienne. J'ai passé dix ans en tant que joueur, puis un an en tant qu'entraîneur, puis je travaille encore dans le coin. »

« Je ne jouais qu'en CFA vers 26, 27 ans »

Comment s'est déroulée votre reconversion ?
« En 1999, quand j'ai arrêté l'école, il y avait une filière à l'ASSE avec l'AFMS à L'Etrat, et j'avais passé mes diplômes d'entraîneur, pour ne pas rester sans rien faire. J'ai donc eu mon premier degré du Brevet d'Etat. J'ai laissé cela dans un coin de ma tête, et quand j'ai vu que je ne jouais qu'en CFA vers 26, 27 ans, l'idée s'est développée. J'avais entraîné un petit peu chez les jeunes, et cela m'a plu. Quand je suis revenu à Andrézieux, j'ai eu l'opportunité de passer mon DEF, et le BE2. »

C'est le temps qui a fait mûrir cette envie ?
« J'ai entraîné des benjamins, j'ai pris du plaisir, puis je suis monté en catégorie. J'ai également eu des entraîneurs qui m'ont marqués, tout en étant le capitaine de mes équipes. J'avais ce truc au fond de moi, et les formations à Clairefontaine ont renforcé cela. Aujourd’hui, cela me permet d'entraîner en amateur et de prendre du plaisir. »

« Deux métiers différents »

Il y a une volonté de franchir un nouveau palier ?
« Le problème maintenant, c'est que les diplômes qu'il me reste à obtenir, sont soit celui de formateur, soit passer le DEPF chez les pros, mais pour cela il faut avoir une structure et un appui financier derrière. Ce sont des formations extrêmement onéreuses, et il faut être dans un club presque professionnel pour pouvoir les passer. »

Après être passé par la formation, vous entraînez désormais des Seniors, que préférez-vous ?
« J'ai effectivement coaché à Louhans, au centre de l'ASSE, mais aussi en Suisse, dans un club amateur de Lausanne. Ce sont deux métiers différents. Ce n'est pas le même processus. D'un côté, il y a un processus de développement et d'accompagnement des garçons, tout en les mettant dans la compétition. Ce n'est toutefois pas la même attente. Chez les Seniors, le travail est surtout dans la préparation de matchs, et l'obtention de résultats pour exploiter au mieux le potentiel des joueurs. »

Malgré tout, y compris au niveau R1 (ex-DH) comme Feurs, les clubs sont plus structurés qu'avant.
« Tout à fait. Il y a des contrats, des clubs avec des gros budgets, et des joueurs qui s'entraînent le matin. Si on prend la CFA de mon époque, il y avait peut être deux ou trois clubs en France qui s'entraînaient le matin. Maintenant, c'est l'inverse, ils sont seulement trois ou quatre à s'entraîner comme avant, et le reste a des contrats fédéraux, des kinés et des préparateurs. »

« Gagner la Coupe de la Loire et finir dans les cinq premiers »

Pour en revenir à Feurs, comment jugez-vous l'évolution du club depuis votre arrivée ?
« On est sur une phase montante. On a récupéré un club en R2, qui avait vraiment souffert. L'arrivée d'Olivier Delorme qui a restructuré le club avec Michel Frey, a fait du bien. Il y a beaucoup de travail à faire avec les jeunes. On essaie de redévelopper la partie école de foot. C'est un travail de chaque instant. Pour ce qui est du groupe Seniors, on travaille main dans la main avec Stéphane Robin. En termes de résultats, on est bien. On monte la première saison, la deuxième, on fait un bon maintien avec une finale de Coupe de la Loire. Ensuite, dans nos équipes de jeunes, l'objectif d'ici cinq, six voire dix ans, c'est que tout le monde joue au niveau Ligue. »

Justement, sur cette finale, avez-vous la sensation d'être passé à côté de quelque chose face à L'Etrat ?
« Quand on perd, on se demande toujours ce qu'il a manqué. Il faut tout de même noter que l'on part de loin, car L'Etrat est structuré et travaille très bien. Le club était dans une meilleure dynamique à ce moment-là, et sur un match, rien n'est acquis, malgré l'écart de division. C'est la marche qu'il nous a manqué, et on espère la réussir cette saison. C'est le principal objectif de la saison : gagner cette Coupe et finir dans les cinq premiers en championnat. »

Cela passe par un groupe plus étoffé ?
« C'est ce que nous avons mis en place depuis le début de la saison, tout en sachant que nos joueurs sous contrats fédéraux n'ont pas le droit de disputer la Coupe de la Loire. Il faudra donc parvenir à maintenir tout le monde sous pression tout au long de la saison. »

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