Mᵉ Verilhac : "Justice est faite !"

Stade | Publié le par Joris | 4 commentaires

Mᵉ Laurent Verilhac, avocat de quatre des onze supporters de l'AS Saint-Étienne qui ont été jugés par le tribunal correctionnel de Saint-Étienne s'est arrêté à notre micro après que le délibéré a été rendu.


Comme nous vous le révélions en début d'après-midi, les onze supporters de l'AS Saint-Étienne ont écopé de peines de prison avec sursis allant de deux à douze mois, ainsi que de peines complémentaires d'interdiction de pénétrer ou de se rendre auprès d'une enceinte sportive lorsque s'y déroule une manifestation sportive d'une durée allant de deux à cinq ans. Pour Mᵉ Verilhac, ce sont des décisions équilibrées et il considère que justice a été faite. 

Mᵉ Verilhac, une petite réaction par rapport au délibéré. Il n'y a pas de prison ferme mais des interdictions de stade qui vont de deux à cinq ans...

Oui il y a des interdictions de stade qui sont longues mais ce sont des mesures qu'on n'avait pas contestées. On avait annoncé lors de l'audience qu'on ne contesterait pas les interdictions de stade car les différents prévenus les avaient parfaitement acceptées. Ils avaient pêché en venant au stade ils acceptaient d'être sanctionnés sur ce terrain-là. Je suis satisfait que le tribunal a su raison garder et ne pas sombrer dans le côté un peu énorme et disproportionné qui avait été donné à cette affaire, et à rendre des décisions qui sont très individualisées, en corrigeant au besoin les préventions. Il y a des relaxes qui ont été prononcées, des sanctions très largement minorées par rapport aux réquisitions. Une demande de sursis probatoire sur deux ans qui se transforme en sursis simple, c'est extrêmement important pour les prévenus en terme de suite. Je trouve que c'est une décision équilibrée et pour moi justice est faite.


Vous êtes satisfaits en tant qu'avocat, vos clients le sont-ils aussi ? 

Ils le sont complètement parce qu'ils avaient reconnu leur responsabilité et les sanctions qui sont prononcées sont pour eux aussi mesurées, qu'ils étaient prêts à accepter de toute façon. 


Il n'y aura pas d'appel de leur part ? 

Non il n'y aura pas d'appel de la part des prévenus. 


Quand on sait que ce sont des supporters, l'interdiction de stade représente quoi pour eux ? 

C'est un vrai sacrifice, une vraie sanction, une vraie punition. Mais c'est quelque chose qu'ils étaient largement prêts à accepter et je l'avais plaidé : il n'y aurait pas d'opposition sur les interdictions de stade, quelque soit la durée. C'est une jurisprudence habituelle de la plupart des supporters de ne pas contester les interdictions de stade qui étaient requises. Elles sont acceptées et seront exécutées. 


Vous avez évité des peines de prison fermes. Il n'y a pas eu d'exemple finalement dans cette affaire ? 

Il n'y a pas eu d'exemple mais cela ne justifiait pas un exemple. Ce sont vraiment des sanctions très individualisées. L'objectif était surtout d'éviter qu'une infraction ayant eu lieu au stade, liée à la venue au stade et au supportérisme, n'ait des conséquences sur leur vie personnelle et professionnelle. Ils sont sanctionnés en tant que supporters mais sur le terrain personnel et professionnel, le tribunal a reconnu les qualités et le fait qu'ils soient parfaitement insérés socialement et professionnellement. 

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L'avocat a néanmoins expliqué au micro que les interdictions de stade avaient un effet lourd sur ceux qui se les sont vus appliquées : "Cela reste extrêmement lourd, dans la contrainte parce qu'il y a une forme de limitation dans la liberté d'aller et de venir. L'obligation de répondre aux convocations de police territoriales (pointage, ndlr), il faut que le samedi à 19 heures il soit à Saint-Étienne par exemple (quand les Verts jouent, ndlr). S'il a un mariage en Bretagne, il ne peut pas y aller. Il y a donc une vraie incidence sur la vie sociale."


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