Lemoine : "On n'a jamais vu un derby Saint-Étienne - Lyon à 15h"
L'ancien milieu de terrain de l'AS Saint-Étienne, Fabien Lemoine, s'est exprimé dans les colonnes de Ouest-France sur les horaires des matchs de football. Il défend ardemment les matchs en soirée.
Depuis le début de la saison, l'AS Saint-Étienne a les faveurs du diffuseur de la Ligue 2, beIN Sports, pour évoluer sur son créneau phare, le samedi soir à 20 heures. Ce n'est pas le cas des autres équipes, comme le Montpellier HSC, qui s'en était d'ailleurs plaint via la voix de son entraineur, Zoumana Camara dans L'Équipe : "On arrive (mardi) à Montpellier. C'est un long déplacement pour nous. On joue le lundi. J'en profite pour dire que j'aimerais que de temps en temps, il y ait une certaine équité et que ça ne soit pas toujours la même équipe qui joue le samedi à 20 heures. Qu'il y ait une visibilité, que ça donne de l'audimat, je l'entends, je le comprends, mais ça serait bien que ça ne soit pas toujours les autres qui doivent combler, jouer autour. Voilà la parenthèse. En disant ça, je ne me cache derrière rien du tout, ça ne change pas le résultat, mais c'est un fait."
Pour Fabien Lemoine, interrogé sur les horaires des matchs par nos confrères de Ouest France, jouer en soirée n'est effectivement pas du tout la même chose que jouer dans l'après-midi : "Si on n’a jamais vu un derby Saint-Étienne - Lyon à 15h, c’est que les diffuseurs savent très bien que ce ne sera pas la même chose. Un match le soir, c’est autre chose. L’ambiance n’a rien à voir. Les supporters ont passé l’après-midi ensemble, ils arrivent chauds. Et même si la prestation sur le terrain n’est pas joyeuse, il y a de l’électricité dans l’air. (...) Physiologiquement, j’ai toujours détesté le match de 15 h. C’est vraiment dur de se mettre dedans. Même les ultras sont en digestion. On essaye de se faire violence à l’échauffement. Mais en réalité, on est dans un moment où, en semaine, on file se reposer. Souvent, tu t’entraînes le matin, déjeunes avec l’équipe et rentres vers 13h30. Et là, c’est le moment pour s’enquiller deux heures de sieste. À la rigueur, je préférais même le match à 13h. C’est une programmation qui se rapprochait de nos fins de séances d’entraînement. Les jeunes sont plus habitués que nous aujourd’hui. Mais à mon époque, il y avait huit matches en multiplex le samedi soir à 20 h. Ça, ça sonnait dans tous les sens."
En dehors des matchs le soir, ceux en fin d'après-midi étaient appréciés par l'ancien vert : "J’adorais le match de 17h. Physiquement et psychologiquement, j’étais à mon prime. J’avais le temps de manger, de me préparer... Et puis, 17h, on commence déjà à être dans un spectacle. Vous avez déjà vu un one man show, le dimanche, à 15h ?"