Laurent Nuñez : "On ira chercher les groupes s'il le faut"

Stade | Publié le par Dunkan | 5 commentaires

Après la procédure de dissolution visant les Magic Fans et les Green Angels, aucune décision publique n’a été rendue. Le ministre de l’Intérieur, Laurent Nuñez continue son combat contre les incivilités dans les stades, avec notamment l’adoption de l’article 4 qui renforce les interdictions administratives de stade en cas d’actes d’incitation à la haine ou à la discrimination.

Le 13 avril dernier, les deux groupes de supporters de l’ASSE, les Magic Fans et les Green Angels sont passés devant la Commission nationale consultative de prévention des violences lors des manifestations sportives, alors que les deux groupes ultras étaient visés par une nouvelle procédure de dissolution lancée par le Ministre de l'Intérieur, Laurent Nuñez. Depuis, aucune décision n’a été rendue publique, mais l’ancien préfet de police veut continuer son combat contre les incivilités dans les stades.


Cette semaine, dans le cadre de l’examen du projet de loi contre les incivilités du quotidien, dit Ripost, les sénateurs ont adopté l’article 4 qui renforce les interdictions administratives de stade en cas d’actes d’incitation à la haine ou à la discrimination. Ce mardi au Sénat, Laurent Nunez est revenu sur cette proposition de loi, en prenant notamment comme exemple les incidents survenus à Nantes, puis à Nice ce dimanche, lors de la 34ème et dernière journée de Ligue 1.

Laurent Nuñez : "Je sais que vous avez toutes et tous sur vos territoires des groupes de supporters qui viennent vous voir, qui vous expliquent comment les choses se passent. Moi, je suis le ministre de l'Intérieur, ancien préfet de police et partout dans tous les territoires, j'ai eu à gérer des matchs de football. Qui peut nier qu'il y a des débordements ? Mon prédécesseur (ndlr, Bruno Retailleau), donnait régulièrement le chiffre de forces de l'ordre qui sont mobilisées pour le football, pour encadrer les matchs, pour encadrer les déplacements. 30% des forces mobiles les week-ends, sont mobilisées pour encadrer des matchs de football, personne ne peut nier cela. Si vous trouvez ça normal, ok, mais moi, je pense que ça n'est pas normal (ndlr, un argument souvent démonté par les spécialistes de la question, voir à lire aussi ci-dessous)


Je vais vous donner quelques chiffres de ce que représente le football aujourd'hui. Actuellement, nous avons 249 interdictions administratives en vigueur. Nous en avons 150 qui sont des interdictions judiciaires. Il y a eu au cours de la saison 2024-2025, dont je donne le bilan de la saison écoulée, l'avant-dernière saison, 914 interpellations. Il y en avait eu par exemple 721 seulement pour la saison 2018-2019. Je vous donne ces éléments pourquoi ? En fait, l'histoire, c'est les groupes, est-ce qu'on va vers la dissolution de groupes quand il y a des incidents ou est-ce qu'on va vers des sanctions individuelles ? Moi, j'ai compris des discussions que j'ai avec les groupes de supporters que c'est plutôt ce qu'ils demandent. Ils demandent que l'on s'en prenne à celles et ceux qui, au sein de leur groupe, causent des difficultés. C'est plutôt ce qu'ils nous demandent et c'est ce que nous avons proposé dans cet article. Cet article ne concerne que les interdictions administratives de stade.


Il vise à mieux cibler les personnes qui créent des troubles et qui nuisent aux groupes de supporters eux-mêmes. Enfin, je pense que vous avez tous vu ce qui s'est passé avant-hier (ndlr, dimanche), à Nantes. J'espère que tout le monde l'a vu. Vous avez un groupe qui interrompt le match à la 20e minute. À la 20e minute, on pénètre sur le terrain et on interrompt un match. À Nice, ensuite, même scénario et ça se passe de manière récurrente. Les fois où ça n'arrive pas, c'est parce que les forces de l'ordre se déploient sur le terrain. Est-ce que c'est normal qu'un match de football se déroule avec un cordon de CRS ou de gendarmes mobiles ? La réponse est non. Encore une fois, j'insiste, c'est groupe versus responsabilité individuelle. Que chacun prenne ses responsabilités.

Après ce qu'il s'est passé, par exemple, à Nantes, je peux vous dire que, pour un ministre de l'Intérieur, c'est beaucoup plus simple d'aller sur une dissolution du groupe de la brigade Loire, par exemple, que d'aller chercher les sanctions individuelles. Ce texte vous propose des sanctions individuelles. Après, c'est à vous de trancher, vous l'acceptez ou vous ne l'acceptez pas, mais en tout cas, le ministre de l'Intérieur, lui, il est pour l'ordre public et on ira chercher les groupes s'il le faut."


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