Larios s'est dopé à Saint-Etienne

Anciens Verts | Publié le par Tibo | 67 commentaires
Ancien international, Jean-François Larios a fait les beaux jours de l'AS Saint-Etienne entre 1973 et 1982 (avec une interruption de 1977 à 1978 à Bastia). Dans son autobiographie à paraître demain, il reconnaît s'être dopé, notamment durant ses Vertes années...

"La première fois que j'ai touché au dopage, c'était avant mon premier grand match de Coupe d'Europe. Face au PSV Eindhoven. Les Néerlandais, comme les Allemands d'ailleurs, étaient en avance sur tout le monde. Le football total et génial développé par les Hollandais Volants de l'Ajax Amsterdam du début des années soixante-dix imposait une grande capacité à répéter les efforts. L'un des membres du corps médical de l'AS Saint-Etienne m'a tendu une petite pilule blanche dans le vestiaire, avant l'échauffement : "Prends des vitamines. C'est pour te motiver." Je venais de fêter mes vingt-ans et je m'apprêtais à disputer mon premier match de Coupe d'Europe, comme titulaire en plus. Je fais quoi ? J'ai donc avalé le cachet sans trop vraiment comprendre de quoi il s'agissait. A l'époque, il n'y avait pas de contrôles antidopage. Une fois sur le terrain, j'ai senti une montée en puissance pendant un moment. Ensuite, ç'a été une catastrophe pour moi. Le *Captagon m'a bouffé au point de vue énergétique. Au bout d'une heure, j'ai ressenti des crampes et j'ai du céder ma place à Alain Merchadier. J'ai ensuite eu besoin de 24 heures pour retrouver un cycle normal. Pareil pour le souffle. Et impossible de dormir après cela. C'est comme quand tu prends une ecstasy pour pouvoir danser toute la nuit en discothèque. Tu peux le faire, descendre trois bouteilles de vodka et, quand tu rentres chez toi, non seulement tu n'es pas fatigué ni saoul, mais en plus tu ne dors pas.
J'ai pourtant repris du *Captagon par la suite. mais j'insiste : pas régulièrement, seulement pour les grands matches. Et y compris à Bastia où je devais jouer tous les trois jours jusqu'en finale de la Coupe de l'UEFA. J'ai continué à reprendre des "vitamines" à mon retour à Saint-Etienne en 1978. En toute connaissance de cause, cette fois-ci. Certains de mes équipiers m'ont expliqué de quoi il en retournait exactement. Ils m'ont ressorti l'histoire du produit que les médecins donnaient aux cancéreux pour calmer leurs douleurs. Ça ne pouvait donc pas faire de mal. Je n'ai jamais vraiment su si c'était vrai d'ailleurs. Et, à vrai dire, je m'en fichais un peu à l'époque. On jouer pour la "gagne" et moi, je voulais tout le temps gagner."

* Le Captagon est la forme hydrolysée de la Fénétylline considéré depuis 1980 comme un produit dopant (Biocapton ou Fitton). Ce produit a été utilisé comme produit dopant par les sportifs jusque dans les années 90. 
Source : L'Equipe
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