L'ANS dénonce une violence policière en marge d'un match de l'ASSE
L'Association Nationale des Supporters (ANS) a communiqué ce mercredi pour revenir sur les évènements en marge du match entre Grenoble et l'ASSE la saison dernière et dénonce une violence policière à l'encontre d'un supporter grenoblois.
L'Association Nationale des Supporters (ANS) est revenue sur les incidents ayant émaillé la rencontre entre Grenoble et l'ASSE la saison passée. Pour rappel, après une erreur d'itinéraire, les supporters stéphanois avaient été emmenés directement devant l'entrée des supporters grenoblois. S'en étaient suivis des affrontements entre les supporters des deux camps puis une intervention musclée de la police. Si l'ANS commencer par condamner "sans ambiguité et comme elle ne cesse de le faire ces incidents", elle entend "veiller à ce que la justice puisse se prononcer en toute indépendance sur les violences de policier qui s'en sont suivies et qui ont conduit à un drame."
En effet, un supporter grenoblois a été grièvement blessé ce jour-là après un coup de matraque en plein visage asséné par un policier comme l'explique l'ANS : "un agent de la Compagnie Départementale d'Intervention (CDI) a asséné à un supporter grenoblois un coup de matraque en plein visage, d'une rare violence, lui occasionnant pas moins de 70 points de suture, un enfoncement de la boîte crânienne ayant donné lieu à plusieurs interventions chirurgicales et 21 jours d'incapacité totale de travail, sous réserve d'aggravation. Le traumatisme est non seulement physique, mais il est aussi psychologique."
Si une plainte a été déposée les jours suivants, l'ANS attire l'attention sur une décision invraisemblable du parquet. Alors que la gendarmerie elle-même et le supporter grenoblois avaient sollicité la saisine de l'IGPN, le parquet de Grenoble a confié l'enquête...au commissariat de Grenoble. "Quand la police enquête sur ses propres dysfonctionnements" dénonce l'ANS. Si plusieurs supporters grenoblois ont fait l'objet d'IAS (Interdiction administrative de stade) les jours qui ont suivi, l'enquête, elle, a été classée sans suite par le procureur de la République, pour "état de nécessité" au sens des dispositions de l'article 122-7 du code pénal : "N'est pas pénalement responsable la personne qui, face à un danger actuel ou imminent qui menace elle-même, autrui ou un bien, accomplit un acte nécessaire à la sauvegarde de la personne ou du bien, sauf s'il y a disproportion entre les moyens employés et la gravité de la menace."
C'est là-dessus qu'insiste l'ANS en expliquant que le coup de matraque donné en plein visage "avec une force et une brutalité considérable" n'était ni nécessaire, ni proportionné. Le supporter n'étant pas armé et agressif à l'encontre d'un quelconque membre des forces de l'ordre, selon l'ANS. L'association dénonce l'absence de débat judiciaire et de procès alors même que "les éléments de l'enquête, notamment les vidéos et témoignages, sont accablants pour l'auteur du coup de matraque. (...) Les images sont sans appel et méritent un débat contradictoire équitable devant le tribunal correctionnel. Il n'est pas possible d'être juge et partie."
L'ANS et la victime ne comptent pas en rester là et l'association annonce qu'un recours hiérarchique a été déposé : "Le parquet général a été saisi par la voie du recours hiérarchique et devrait rendre sa décision rapidement. L'ANS se tient aux côtés de la victime pour faire en sorte que toute la lumière soit faite et que la justice soit rendue avec le même degré d'efficacité que celui qui a présidé à la prise des Interdictions Administratives de Stade contre les supporters grenoblois."
Ce n'est pas la première fois que des violences policières sont dénoncées par les supporters. La saison dernière, les Green Angels, dénonçaient de graves violences policières subies par certains de leurs membres, femmes comprises, du côté de Dunkerque : "Les supporters stéphanois ont fait l'objet d'une violence aveugle et d'une intensité exceptionnelle de la part des forces de l'ordre présentes en parcage. (...) À la fin du match, les forces de l'ordre, équipées et en ordre de bataille ont reçu l'ordre de charger, dans un espace réduit, alors qu'aucun supporter ne leur était hostile. Pendant de longues minutes, nous avons subi un déchaînement de pratiques illégales et dangereuses : coups de matraque à la tête, tirs de flash-ball à bout portant et au-dessus de la ceinture, et gazage de supporters, dont de nombreuses femmes, restées en retrait contre un mur." Un supporter stéphanois avait notamment souffert d'une hémorragie interne.

Ce communiqué intervient également dans le contexte de violences policières dénoncées dans les manifestations du mois d’octobre et notamment à Saint-Étienne où Farès, un jeune stéphanois s’est fait arracher la main par une grenade lancée par la police. Les Green Angels ont apporté leur soutien à ce jeune stéphanois et ont dénoncé ces violences face à Nantes samedi dernier : "L’État réprime ce qu’il ne comprend pas... La police mutile ceux qu’elle ne contrôle pas !"


