Hervé Revelli : « Ce record, c'est ad vitam aeternam »

Anciens Verts | Publié le par Evect | 10 commentaires

Retiré des terrains à l'âge de 37 ans au terme d'une ultime expérience à Châteauroux, le meilleur buteur de l'histoire de l'ASSE a toujours gardé un pied dans le milieu, mais souhaite désormais se consacrer à la détection de jeunes talents, tout en restant ouvert à des projets politiques. Voici la suite de l'interview au long cours que nous a offert Hervé Revelli. Retrouvez la première partie ici.

Comment percevez-vous l'évolution du foot depuis votre retraite de joueur ?
« On dit souvent que c'est devenu plus physique. Je pense que nous étions aussi physique que les joueurs actuels. Nous jouions tous les trois jours, et sans réel turn-over. Les trois-quarts de l'équipe jouaient en équipe de France, et Robert Herbin était en avance sur les méthodes d'entraînement. Un jour, il m'a appelé à minuit pour me faire revenir de Nice, en m'expliquant qu'il importerait les techniques utilisées en Angleterre, et c'est ce qui nous a permis de gagner. Une fois, le président Rocher a invité les journalistes de Paris pendant une semaine à nos entraînements, pour qu'ils comprennent comment cela fonctionnait. Puis, des clubs comme Bordeaux, Marseille, puis Lyon ont pris ce qui se faisait de mieux à Saint-Etienne. Je crois que le risque de blessure, est surtout lié à ce que font les joueurs en dehors des entraînements. Accessoirement, il y a souvent moins de volonté de la part des joueurs. Au moindre pépin, ils sont déclarés blessés. Je me rappelle qu'une fois, j'ai du avoir douze piqûres pendant un match pour supporter le claquage que je m'étais fait. J'ai la sensation que l'envie de jouer s'est atténuée chez les joueurs.
Si on revient sur le dernier derby, avec la sortie de Dubois, c'est du n'importe quoi. Il sort, sourit au public, et il n'est pas dans un état de souffrance l'obligeant à sortir sur civière. Donc, il peut très bien revenir sur le terrain, quitte à être devant, et servir ses coéquipiers comme il peut. C'était leur capitaine, dans un derby, et ils les laissent à dix pendant douze minutes. On ne peut pas s'en aller comme ça. »

Vous détenez toujours le record du nombre de buts avec l'ASSE en D1, pensez-vous qu'il sera battu un jour ?
« C'est impossible. Tout d'abord parce que j'ai joué pendant quatorze ans pour les Verts. Est-ce que vous voyez des joueurs rester aussi longtemps ? C'est fini ça, donc ce record c'est ad vitam aeternam. Maintenant, quand on voit les attaquants du club depuis plusieurs années, je ne comprends pas qu'il n'y ait pas un entraîneur qui leur soit réservé. »

Vous avez fait quelques bancs de touche, avez-vous encore cette motivation ?
« Non je n'ai plus envie. D'abord parce que l'âge est là. Le seul souhait que je peux avoir, c'est, un jour, de devenir un dirigeant impliqué, pas celui qui fait la statue dans la tribune. Pour l'instant, je prends mon plaisir en tant qu'agent de joueurs. Je n'ai que de jeunes joueurs. Il y en a à Béziers, Thonon, et le plus âgé à 21 ans et est gardien de but à Toulon. J'ai bon espoir de l'amener vers l'élite. Là où ma tâche est facilitée, c'est quand je discute avec les présidents, et je sais que je suis plus écouté. Je ne travaille qu'avec cinq ou six clubs, ils savent tous ce que j'ai fait et m'ont vu jouer. »

Il y a un regret de ne pas avoir entraîné l'ASSE ?
« Non, même pas. Il y en a qui sont passés, et qui ont échoué. Retourner dans un club, j'ai réussi à le faire en tant que joueur, mais ce n'était pas facile. Quand je pars à Nice, c'est le plus gros transfert du foot français, et c'est pour quatre ans. Au bout de deux ans, Robert Herbin vient me chercher pour jouer l'Europe. Donc je lui dis qu'il y a deux ans de contrat à payer, et puis par rapport au public, aux autres joueurs de l'effectif, tout le monde m'attend. Heureusement, dès le premier match j'ai claqué, et plus personne n'a parlé. Mais pour entraîner, c'est beaucoup plus délicat. »

Au-delà de ce métier d'agent, est-ce que vous aspirez à d'autres projets ? Patrick, votre frère, se présente aux municipales.
« Tant que l'on peut faire des choses, il faut essayer. Patrick était déjà dans la politique, mais c'est vrai que se présenter en tant que maire, c'est autre chose. C'est un attaquant, s'il sent qu'il peut faire quelque chose, il va le faire. De mon côté, j'ai de l'âge donc me lancer tête de liste, bille en tête, je ne le ferai pas, mais une mission, je le ferai bien volontiers à condition que ça me plaise. Pour Patrick, ce ne sera pas facile. Lors de l'élection de Gaël Perdriau, il n'était pas connu, alors que Patrick l'est, et a toujours vécu à Saint-Etienne, ce sont des atouts. »

Ces divergences politiques ont toujours existé ?
« Moi je suis de droite c'est vrai, mais lui je ne crois pas qu'il soit de gauche non plus. Il a eu une opportunité avec Maurice Vincent, et là avec En Marche, cela lui correspond peut être plus. Dans le sens où c'est un parti plutôt centriste. Le problème c'est que la politique est un métier, et pour y rester, il faut aimer ça, et parfois tourner un peu la veste. De mon côté, je vais voir, je dois discuter avec Gaël Perdriau, mais j'aimerai faire quelque chose dans le sport. »
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