Grèzes : "J'ai rarement été excité comme cela avant une saison de L2"

Ligue 2 | Publié le par Paul. R | 2 commentaires

Commentateur sur beIN Sports, le journaliste Clément Grèzes est entré dans les foyers stéphanois les soirs de match avec son binôme, Robert Malm. Alors que la reprise du championnat se précise, il est revenu avec nous sur les enjeux de cette nouvelle saison, plus compétitive que jamais.   

Clément, quel est ton état d’esprit à quelques jours du retour de la Ligue 2 sur les antennes de beIN Sports ? 

Je ne te cache pas que nous sommes très excités. On sort d’une saison sympa mais qui, je trouve, a parfois eu ses limites en matière de jeu avec peu de locomotives avec un niveau football vraiment au point. Cette saison, tu as la sensation que tu peux basculer sur un énorme championnat. Quand Stéphane Moulin arrive à Caen (ndlr, en 2021), il parle de Ligue 1 bis et assez légitimement, on avait fait notre communication dessus. Pour le coup, j’ai vraiment l’impression que ça va être un vrai gros championnat avec plein d’histoires. Tu te retrouves avec des clubs historiques des dernières saisons, tu te retrouves avec des équipes comme Reims et Montpellier, certes un cran en-dessous de la popularité de Sainté et Nantes mais qui sont là et qui vont t’offrir des affiches. Tu te retrouves avec Metz qui a prouvé depuis sept ans qu’ils peuvent remonter aussi vite qu’ils descendent. Tu te retrouves avec des clubs qui remontent de National, Dijon et Sochaux, qui sont des équipes avec une certaine histoire.


Tu sens qu’il y a une excitation populaire autour du foot, c’est une année de Coupe du Monde et c’est souvent générateur d’envie de la part des supporters donc franchement, moi, je suis au taquet avant ce début de saison. Tu imagines qu’il peut se passer des choses tant au niveau du jeu et des résultats, toutes les cases sont cochées, donc c’est vraiment cool. On va avoir une Ligue 2 avec sept ou huit clubs qui sont sur les quinze dernières années des pensionnaires de Ligue 1, c’est assez inédit. Pour nous, c’est exceptionnel, tu auras toutes les semaines des affiches de Ligue 1 mais en Ligue 2 à la différence que ce sera plus plaisant en Ligue 2 car ce sont des équipes dimensionnées pour jouer le haut de tableau, donc avec plus d’enjeux. Depuis 2013, je suis ce championnat pour beIN, j’ai rarement été excité et hypé comme cela avant une saison de Ligue 2.


Ça signifie pour toi un peu moins de Geoffroy-Guichard le samedi soir et une plus grande pluralité des stades ?

Pas forcément. Tout dépendra de la tournure de la saison. Je devine en regardant la programmation des premières journées chez nous, qu’il y aura toujours une attention particulière à l’AS Saint-Étienne. D’autres affiches de part leur histoire et par ce qu’elles évoquent, notamment le Guingamp-Nantes qui arrive vite (ndlr, 4ème journée), pourront voler de temps en temps la vedette à Saint-Étienne. Si Nantes fait une grosse saison et que Sainté s’embourbe encore une fois dans une saison peu évidente, des choix différents seront peut-être fait, mais ce qui est évident, c’est que nous serons très régulièrement à Geoffroy-Guichard sur l’affiche du week-end.


Vous repartez sur un dispositif similaire au niveau des équipes et de la diffusion ?

Le dispositif sera similaire, si ce n’est que le match de 20h du samedi sera renforcé par l’ajout d’un journaliste supplémentaire au bord du terrain en soutien de Florian Genton sur la pelouse qui lui assurera la présentation. Guillaume Truillet qui vient de faire la Coupe du Monde et le suivi des Bleus avec moi sera de la partie et bien entendu Robert Malm aux commentaires. On sera cinq à se déplacer au niveau des journalistes de la rédaction de beIN sur les matchs de 20h. Le reste du dispositif sur les autres créneaux ne bougera pas avec une couverture de tous les matchs.


Tu as ce sentiment d’être devenu un peu la voix de l’AS Saint-Étienne ?

Non, il y a plein de gens sur d’autres antennes que ce soit en télévision ou en radio qui font la même chose que moi. J’ai quand même la sensation qu’à force de venir, la voix en l’occurence la mienne crée un lien avec les gens et que c’est important pour eux. Je ne veux pas parler d’une relation avec les supporters, ce serait prétentieux, mais à partir du moment où le club compte pour des gens, ceux qui commentent de façon régulière prennent une importance. Ce n’est pas lié à ma personne, si demain c’est quelqu’un d’autre, ce sera aussi bien et les gens s’attacheront tout autant à lui. Il y a un petit truc, je ne peux pas le nier. Je vois bien que quand je viens à Sainté et que les gens m’interpellent, je sens bien qu’il y a une joie de me voir, de voir Robert Malm et que globalement les gens nous aiment bien.


Peut-être encore plus depuis ce but de Cardona face à Bordeaux en avril 2024 ?

C’est vrai mais ça c’est le piège. Je suis très content que ce but existe, je remercie Irvin à chaque fois que je le croise d’avoir mis un but comme ça parce que c’était cool à commenter mais il faut faire attention à ne pas chercher absolument à gonfler certains buts ensuite, parce que ça a marqué les gens et que c’est cool de se dire que tu participes quelque part à un moment marquant. Ce qu’on essaye tous de faire, c’est déjà de commenter correctement, dire des choses vraies, pas d’ânerie, ensuite, la forme du commentaire est presque annexe. Ça peut m’arriver de dire des saucisses, on fait tous des erreurs dans nos boulots respectifs, un boulanger a même le droit de rater sa baguette. Ce que je veux éviter, c’est de ne pas être propre et de tomber dans des erreurs grossières comme il peut parfois y en avoir dans les activités qui se déroulent en direct, comme le commentaire d’un match.


Mais évidemment, quand les gens viennent me parler, ils me parlent souvent du but de Cardona. Je pense qu’on lui en parle beaucoup à lui aussi car en fait c’était un but exceptionnel. Je pense que c’est pas loin d’être le plus beau que j’ai commenté ou en tout cas le plus foot. On a vu des frappes magnifiques mais un but qui combine à la fois beauté esthétique, importance, intelligence, finesse et ambiance, franchement je n'ai pas souvent vécu de moments comme celui-ci.


Quel est ton regard sur l’été de l’AS Saint-Étienne ?

J’ai été un peu surpris au début, en toute franchise, du nouveau changement de logiciel. On sort de Dall’Oglio qui connaît très bien le championnat pour aller vers Horneland qui ne connaît pas le championnat mais qui a des idées. On reprend Philippe Montanier, qui connait bien le championnat et qui réussit en partie sa mission avant d’échouer sur l’objectif pour revenir une nouvelle fois à quelqu’un qui ne connaît pas le championnat dans un profil de tacticien. Bon entraineur sans doute mais assez éloigné des spécificités et des contraintes de la Ligue 2. Quand j’ai vu ça, je me suis dit qu’on revenait sur le logiciel précédent, ça m’a surpris comme me surprend un peu le recrutement. Même si objectivement les joueurs ont l’air excellents, en tout cas je ne dirais pas en l’état actuel de mes connaissances qu’ils ne le sont pas, la surprise vient du fait que les dirigeants se tournent exclusivement vers des joueurs qui connaissent mal ce championnat et qui représentent au moment où ils sont recrutés, des sortes de paris.


Sur la préparation, ça a l’air d’être intéressant mais je demande à voir la même chose que sous Horneland. À savoir, comment cela va se passer quand des entraineurs dont c’est le métier auront compris le fonctionnement de Cathro ? Comment cela va se passer à l’apparition des premiers vents contraires ? Est-ce que la qualité de l’idée survivra à la réalité des premières difficultés ? Je me souviens que la saison dernière, à la sortie de l’été, je suis persuadé que Sainté va écraser le championnat... Je n’ai encore pas été très bon pronostiqueur. En ce sens, je suis incapable de me projeter. C’est quand même un club et vous le savez mieux que moi... Quand ça commence à ne pas tourner rond, c’est spécial.


Je peux te dire exactement aujourd'hui ce que je t’ai dit l’année dernière, à savoir, on verra au bout de trois mois, comment le club et l’équipe sont capables de gérer les premiers moments difficiles. Est-ce qu’il y aura des mecs, des leaders qui seront capables de retourner le truc si ça devient compliqué. Comment ça se passera si l’équipe souffre un peu et que Geoffroy-Guichard cogite en se posant la question d’une troisième potentielle saison en Ligue 2 ? C’est tellement spécifique à Saint-Étienne et les quelques clubs dont la dimension populaire est aussi importante. C’est beaucoup plus compliqué de sortir d’un mauvais moment à Saint-Étienne que partout ailleurs. Du coup pour savoir comment ça va se passer, tu es obligé de savoir comment l’équipe, et donc le coach, et donc le club, réagit quand ce n'est pas parfait. C’est cela que je vais attendre. 

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