Giresse : "Il y avait une fierté nationale"
Le 12 mai prochain, cela fera 50 ans jour pour jour, que l’ASSE s’est inclinée en finale de la Coupe d’Europe des clubs champions. Dans une vidéo Youtube avec Jérôme Gallo, Alain Giresse est revenu sur l’épopée verte, qui a marqué toute la France.
Ce samedi, l’AS Saint-Étienne va jouer un match capital pour sa saison. Les Verts reçoivent Amiens pour la dernière journée de Ligue 2, avec l’objectif de retrouver la deuxième place, synonyme de montée directe en Ligue 1.
Lors de cette rencontre, l’ASSE va aussi célébrer ses héros de 1976, puisque le 12 mai, cela fera 50 ans jour pour jour, que l’ASSE s’est inclinée en finale de la coupe d’Europe des clubs champions. Joueur des Girondins de Bordeaux à l’époque, Alain Giresse est revenu sur cette épopée, dans une vidéo YouTube avec Jérôme Gallo : “Au delà de cette rencontre, on avait pris une habitude et une façon de découvrir les Verts à travers les matchs de Coupe d’Europe, qui étaient télévisés. Il y a eu ensuite un emballement d’attraction par rapport à ce qu’ils produisaient pendant la demi-finale, la remontée contre le Dynamo Kiev, mais aussi contre Split. À cette époque là, les matchs à la télé c’était surtout les équipes nationales et là on a eu une équipe de club, qui non seulement nous permettait de voir du football, mais donnait aussi une autre dimension, puisqu’on les voyait dans la plus belle compétition pour un club et était capable de réaliser de belles performances. Ça faisait envie, on se dit que c’est formidable ce qu’ils sont en train de réaliser. Ça doit être extraordinaire quand on est un joueur d’avoir autant de titres nationaux et évidemment d’avoir ce beau parcours lors de la coupe d’Europe des clubs champions. En même temps là où c’était impressionnant, c’est que ça donnait une fierté. Il y avait une fierté nationale. Aujourd’hui je ne pense pas que quand Paris a gagné la Ligue des Champions, Marseille était heureux. Alors qu’avant c’était le cas. Après la finale 1976, ils ont quand même descendu les Champs-Élysées à Paris. C’est resté dans la mémoire de tout le monde. Ces matchs nous faisaient vibrer et quel plaisir, quel bonheur on avait d’attendre leurs matchs. C’était vraiment un événement.“
Le vainqueur de l’Euro 1984 a toujours eu un lien particulier avec l’ASSE, même s’il a toujours mis en avant son club de cœur, qu’il ne voulait pas quitter à cette époque-là :“Ils avaient mis en place un centre de formation, chose qui n’existait pas du tout dans les clubs français. Il y a Auxerre aussi qui a pris la suite, mais Saint-Étienne avait développé ça avec des joueurs qui étaient issus d’un peu partout, de toute la France, qui étaient préparés pour se retrouver dans l’équipe première. On voyait que c’était très structuré, très professionnel. Il y avait une logique de formation pour atteindre le haut niveau. C’était un club qui faisait envie, parce qu’on sentait qu’ils avaient déjà une dimension en termes d’organisation générale, une dimension supérieure à tout ce qui pouvait se pratiquer en France. Je l’ai eu, ce lien, d’une façon totalement indirecte lorsque je suis passé par l’Equipe de France Juniors, je me suis retrouvé avec des jeunes joueurs de Saint-Étienne, puis après avec l’équipe Espoirs. Je sais que le responsable du centre de formation, le détecteur, le recruteur de ces jeunes joueurs, Pierre Garonnaire, m’avait dit que ce serait bien que je viennes jouer avec eux. Mais non, je l’ai remercié, mais jamais ça n’a été une envie ou un désir à tout prix de jouer à Saint-Étienne. Déjà, parce qu’il fallait être capable de répondre à la dimension qu’avait prise le club et après, j’étais dans le club de ma région et mes racines sont profondes. J’étais très fier et très heureux de jouer dans le club, celui depuis tout gosse, que je suivais.“