Exclu Janot : "Un jour ou l'autre Julien Sablé sera entraîneur professionnel, je serai son adjoint"

Pros | Publié le par Evect | 49 commentaires
L'annonce a surpris tout le monde, après une saison en tant qu'entraîneur des gardiens du centre de formation de l'AS Saint-Etienne, Jérémie Janot a fait le choix de partir pour Auxerre, où un projet excitant l'attend. L'ancien gardien des Verts nous a accordé une longue interview au sein des locaux du Club 42. Dans cette première partie, il revient et explique les raisons de son départ.


Interview Jérémie Janot (1ère partie) par site_evect

La première chose que l’on a envie de te demander, c’est pourquoi ce départ ? 
J’étais en fin de contrat tout simplement. J’ai eu un premier contact avec Francis Graille (ndlr : nouveau président de l’AJ Auxerre depuis le 17 mai 2017) qui m’a sondé et présenté le projet Auxerrois. Comme je l’ai dit, c’est de la sémantique mais dans ma tête je ne quitte pas l’AS Saint-Etienne, je rejoins Auxerre ce n’est pas la même démarche. 
Tu quittes lorsque tu n’as rien, ou tu es en désaccord. Moi j’avais une belle opportunité d’intégrer un staff pro, dans un projet et dans un club qui n’est pas lambda, c’est l’AJ Auxerre, un club historique avec un passé et qui a envie de repartir sur un nouveau cycle. On m’a proposé de faire partie de l’aventure, je n’ai pas hésité et j’ai foncé, comme à mon habitude.

Aucune animosité, aucun grief contre le club ?
Aucune, j’ai encore eu Julien Sablé tout à l’heure, car l’organigramme va prochainement sortir. Il n’y a aucune animosité, je suis très content du petit communiqué que le club a publié. 
Après, bien évidemment qu’ils étaient déçus de mon départ. Mais c’est aussi valorisant pour moi, car ils estiment que j’ai fait du bon travail. 

"Moi je n’étais pas en contact avec Auxerre lorsque j’étais à Porto."

Est-ce que le fait que Fabrice Grange soit toujours à la tête des gardiens du groupe pro t’a poussé à partir ? Sachant qu’on t’annonce à ce poste depuis plusieurs années.
Ce n’est pas ma place. Depuis que j’ai signé l’année dernière en juin, j’ai toujours su que le duo Stéphane (Ruffier) – Fabrice (Grange) était indissociable. C’était clair dans ma tête et je n’ai pas pris ma décision en fonction de cela. Parce que tout le monde me conseiller d’attendre, mais je n’ai pas à attendre. Si j’avais attendu, ça voulait dire que je ne croyais pas au projet Auxerrois. Ça voulait dire que dans l’éventualité où, l’entraîneur des gardiens serait amené à changer, je quitterai ou non le club. Je suis parti sans me poser de question. En plus, on avait souvent évoqué avec Fabrice le fait que j’étais amené à le remplacer. Ce n’était un secret pour personne. Mais quand ? Cela aurait pu être dans deux mois, ou dans quatre ans, ou dans cinq ans… La seule chose que je sais, c’est que j’ai flashé et je crois vraiment au projet Auxerrois. Je connais Francis Graille depuis dix ans. J’ai eu Francis Gillot au téléphone, Cedric Daury également. On travaille déjà, je suis allé à Auxerre, j’ai été adoubé par Guy Roux, ce n’est pas rien quand même. 

Il y a quelques jours tu t’es rendu avec Bernard David à Porto pour observer le fonctionnement du FC Porto. De l’extérieur, l’image envoyée n’est pas très bonne, puisque vous êtes désormais tous les deux dans l’Yonne. 
Le timing n’est pas bon c’est vrai, mais il s’agit d’une coïncidence. Ce déplacement pour observer était prévu de longue date, on a fait un rapport pour le club. C’était vraiment constructif, on a bien vu le modèle d’un grand club avec aussi ses travers. Porto est un club qui a 111 professionnels sous contrat ! 51 joueurs prêtés ! Tout ça, on en a fait un rapport, qu’on a envoyé à Bernard Caïazzo à Roland Romeyer à toutes les forces vives du club. Mais moi je n’étais pas en contact avec Auxerre lorsque j’étais à Porto. J’avais d’autres contacts, mais pas Auxerre. 

Tu parles de fin de contrat, le club ne t’a pas proposé de prolongation ?
Techniquement parlant le 5 juin je n’avais pas de prolongation. Je savais qu’à partir du moment ou Julien (Sablé) allait avoir le poste (directeur du centre de formation), ce qui est pour moi une très bonne chose, j’allais avoir une proposition. 
Je savais que je ne pourrais pas être entraîneur en pro à Saint-Etienne, à juste titre comme expliqué précédemment, mais que j’allais pouvoir l’être dans un grand club. J’y suis allé tout simplement. 

Justement ce projet Auxerrois, qu’est ce qui t’a séduit dedans ? 
Déjà la possibilité de travailler avec un staff de grande qualité. Francis Graille, Cédric Daury, Francis Gillot, coach connu et reconnu… C’est une étape supplémentaire dans ma carrière d’entraîneur. J’ai joué très tardivement au football, jusqu’à 36 ans. J’ai ensuite passé mes diplômes. A 40 ans, je n’ai qu’une expérience d’un an. Prenons l’exemple de Fabrice Grange, il a 45 ans et a déjà huit ans d’expérience chez les pros. Je veux devenir un entraîneur ultra-performant, je suis quelqu’un qui est toujours dans la recherche, qui est toujours dans l’optimisation de mes séances d’entraînement pour que mes gardiens soient meilleurs. A un moment donné, il faut aussi être confronté à la réalité, et la réalité c’est le monde pro. Ce que j’ai fait au centre ça a marché, je suis sûr que ça allait encore marcher. Maintenant, je vais être confronté au monde pro, c’est une remise en question. 

Tu as de nombreuses attaches ici avec ta famille, ton entreprise… On imagine que ce n’est qu’un simple au revoir et pas un adieu définitif.
Vous savez quoi, quand je suis parti au Mans j’ai dit je reviendrais. 99% des gens ont dit « il ne reviendra pas ». Je le dis aujourd’hui, je reviendrai. Je vais même aller plus loin.
Un jour ou l’autre, Julien Sablé sera entraîneur professionnel, je serai son adjoint. Julien sera en pro, je serais son adjoint, on en reparlera.  
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