Chaudron, Ultras... Chassagne revient sur son UTMB à Geoffroy-Guichard
Dans un court métrage publié sur sa chaîne Youtube, Baptiste Chassagne, grand supporter de l’AS Saint-Étienne, est revenu sur sa performance XXL en accrochant la deuxième place de l’Ultra-Trail du Mont Blanc (UTMB) 2026. Dans certains plans tournés au stade Geoffroy-Guichard, le coureur fait le parallèle entre l’ambiance du Chaudron et l’engouement qui existe autour de cette course. Il rapproche même les ultra-traileurs des ultras en tribunes.
Considérée comme l'une des courses les plus dures au monde, l'Ultra Trail du Mont-Blanc (UTMB) 2026 avait lieu fin août dernier en montagne. Les traileurs la coche dans leur calendrier chaque année, notamment en raison des difficultés éprouvées pour la courir, celle-ci consistant à faire le tour du Mont-Blanc, soit 170 kilomètres et près de 10 000 mètres de dénivelé positif, de jour, comme de nuit avec un passage par l'Italie, la Suisse et la France. Deuxième de la course en 2024 et vainqueur de la Diagonale des Fous l'année passée, Baptiste Chassagne faisait partie des favoris pour cette édition 2026 de l'UTMB. Le supporter stéphanois avait signé encore une performance exceptionnelle en terminant deuxième avec un chrono' historique sous les 19 heures.
Sur sa chaîne Youtube, le grand supporter des Verts, habitué du Chaudron, est revenu dans un court-métrage intitulé "Never trail alone" sur la ferveur qui règne autour de cette course, n'hésitant pas à la comparer à celle des travées de Geoffroy-Guichard : "Quand tu fais de l’ultra-trail c’est parce que tu aimes être seul, tu aimes ce moment d’introspection, tu es à l’écoute de tes sensations, tu es bien avec toi même. Mais en même temps, si tu viens à l’UTMB, c’est que tu veux expérimenter une ferveur qui est hyper particulière, très propre à cette course. En fait cette course c’est un Chaudron quoi ! Les finales se jouent en terrain neutre, moi j’ai la chance de jouer la mienne à domicile. (…) Quand j’arrive à Saint-Gervais, j’hallucine. Je me dis : ‘Wow, l’UTMB ça a passé un cap.' Jusqu’à Notre-Dame, les encouragements seront continus parce que je suis sur la portion de la course ‘à la maison’. Et quand tu es quelqu’un qui peut se transcender avec la ferveur, le piège c’est de se transcender trop tôt. On m’a beaucoup dit ‘cette année elle est pour toi, tu es à la maison, c’est toi qui doit et va gagner’. Du coup ces discours, tu les intériorises et forcément ça te met une pression supplémentaire. (...)
Sur l’UTMB, il y a de moins en moins de solitude, de moins en moins de portions longues pour que tu sois vraiment pleinement dans une introspection. C’est à dire que tu vas croiser du monde toutes les deux-trois minutes. C’est à dire que si tu viens là, c’est que tu veux vivre ce partage-là. Si tu veux vraiment vivre la solitude profonde, il ne faut pas venir à l’UTMB, par contre si tu veux vivre la ferveur, c’est clairement là qu’il faut s’inscrire.
J’arrive à Vallorcine et là je vois au loin des drapeaux verts, j’aperçois au loin un Kop en fait. Et là j’ai une boule de joie en moi qui est tellement intense que je manque de lucidité. J’arrive au ravitaillement, je ne suis plus du tout connecté à Greg’. J’ai bu la moitié du ravitaillement et je fonce pour aller traverser la foule et aller exulter. Je suis dans l’euphorie et l’euphorie dans l’ultra, c’est dangereux sans penser à l’après. Je pensais préférer scander le nom des gens plutôt qu’être celui dont le nom était scandé par les gens mais pour l’avoir vécu à la Flégère, c’est quand même un truc de malade. Ça fait vibrer de l’intérieur. Je ne sais pas si c’est du narcissisme ou de l’égo, mais c’est puissant quoi. C’est ça un peu la magie de l’ultra, la fatigue et les kilomètres enlèvent la couche superficielle, ça rend les encouragements, l’amour que tu reçois et les watts, dix fois plus puissants. (...)
Alors que la course est fabuleuse et que son avance fond sur le troisième, Baptiste Chassagne revient sur son arrivée : "Je comprends que ma deuxième place est sauvée et assurée uniquement à 25-30 mètres de l’arrivée, quand j’arrive dans le virage, je célèbre comme un attaquant qui vient de marquer un but en finale de Ligue des Champions."
Pour terminer, Baptiste Chassagne fait le parallèle entre l’ultra-traileur et les ultras des tribunes dans le foot : "You will never walk alone, you will never trail alone, c’est quelque chose qui me percute. Pour moi la mentalité ultra c’est un état d’esprit qui se traduit par une forme de jusqu'au boutisme liée à sa passion. La mentalité d’un ultra au foot pour moi se rapproche de celle d’un ultra traileur. Pour moi c’est quelqu’un qui est capable d’aller très loin pour sa passion. Je pense d’ailleurs que c’est un peu une des évolutions de notre sport. Avant pour gagner l’UTMB, il fallait être un champion, maintenant il faudra de plus en plus accepter d’être une star, de briller quand il y a de la lumière."
Au sein du Kop Sud qu’il fréquente régulièrement, Baptiste Chassagne finit par donner rendez-vous : "Pour cet UTMB, j’avais mis beaucoup d’enjeu, je pense que pour le prochain, j’ai envie de retrouver du jeu."
