Caïazzo : "Il y a eu deux Romeyer à l'ASSE"
Dans l'interview qu'il a accordé à Dessous de Verts il y a quelques semaines, Bernard Caïazzo a évoqué son compère de l'époque à la tête de l'ASSE, Roland Romeyer.
Bernard Caïazzo explique qu'en tant que président du directoire, Roland Romeyer avait le dernier mot à l'ASSE : "Le club n’avait pas deux patrons. À chaque fois, c’est Roland (Romeyer) qui avait le dernier mot. La preuve avec le potentiel retour de Christophe Galtier auquel il s’est opposé. C’est normal, il est président du directoire. Quand vous mettez un président, vous ne pouvez pas dire, vous qui êtes actionnaire et président du conseil de surveillance, je décide à ta place. À ce moment-là, il aurait dit : ‘tu n’as qu’à prendre la présidence exécutive.’ C’est normal, c’est la règle. Il ne faut rien regretter. Il y a eu des bonnes choses et d’autres moins bonnes. Le dialogue à deux personnes permet aussi de trouver des bonnes solutions et d’éviter des erreurs."
Par la suite, Bernard Caïazzo explique que Roland Romeyer a connu deux périodes bien distinctes à la tête des Verts : "Il y a eu aussi deux Roland. Le Roland excellentissime pendant quelques années, très bon dans les négociations de transferts, avec une autorité et avec l’âge, parce que Roland est quelqu’un de très sensible et ne l’oublions pas, il en a fait une maladie de l’ASSE, il a eu un cancer avec le stress que ça pouvait donner. Avec l’âge, une sensibilité se crée et c’est à ce moment-là qu’il faut laisser la main, ce n’est pas pour rien qu’il y a la retraite à partir d’un certain âge. Il faut laisser la main à des gens plus jeunes, plus compétents, plus dynamiques, plus énergiques. Roland l’a fait en donnant à Jean-François Soucasse la présidence exécutive.
À un certain âge, on devient plus sensible, on a moins de force mentale… Tous les gens qui aiment les Verts sont mes amis, Roland a un amour sans limite pour le club, je ne critiquerai jamais. Il prenait des décisions, il négociait les transferts et je lui disais à chaque fois que comme il faisait, c’était bien. Je ne faisais pas l’inspecteur des travaux finis, il avait la responsabilité entière. Il pensait que Julien Sablé était une meilleure solution que Christophe Galtier, il rêvait de faire de Julien Sablé un autre Christophe Galtier, ça n’a pas marché, ce n’est pas les mêmes qualités. Dans un couple, il faut prendre le bon et le mauvais. Ne me dites pas qu’on est toujours d’accord sur tout. Il y a des fois des désaccords mais si c’est votre femme qui s’occupe des enfants, vous n’allez pas sans cesse passer derrière elle pour recontrôler les devoirs des enfants, vous lui faites confiance. Il faut accepter le positif, mais aussi le négatif. Mon rôle, c’était de travailler dans les instances, la place de l’ASSE dans les instances était parmi les plus hautes qu'il ait pu exister.
À un moment donné, il faut savoir s’entourer et avoir une dimension internationale. Quoiqu’il arrive, à un moment donné, on est rattrapé par le sujet financier. Vous voulez être au plus haut niveau, il faut un actionnaire milliardaire."
