Blachon : "S'accrocher, se battre et surtout donner le meilleur"

Anciens Verts  #OLASSE   | PubliĂ© le | 33 commentaires

Observateur attentif des performances de l'ASSE, Alain Blachon, toujours aussi attaché au club du Forez, nous donne les clés de cet OL-ASSE. Un Derby qu'il a régulièrement disputé sur le banc aux côtés de Christophe Galtier.

Quel regard portez-vous sur ce début de saison stéphanois ?

Il y a un petit peu de déception sur cette fin de période puisqu'on est quand même sur cinq défaites consécutives. Il y a beaucoup de raisons qui peuvent expliquer cette situation. La première, c'est que c'est une équipe très très jeune, qui est un petit peu en perte de confiance maintenant et qui avait profité d'un début de saison un peu euphorique avec de la réussite et surtout des cadres bien présents. Au bout de trois, quatre matchs, cette situation s'atténue parce que les adversaires sont un peu plus concentrés, font un peu plus attention, savent que c'est une équipe dont il faut se méfier. 


Il faut aussi composer avec une équipe de plus en plus jeune...

Les jeunes joueurs sont des joueurs en apprentissage. Lorsque vous jouez au plus haut niveau, la force d'un joueur de ce niveau, c'est de répéter les efforts, d'être performant d'une manière régulière. Ces jeunes, c'est un petit peu comme une équipe amateur en Coupe de France qui va se transcender sur un match. Les jeunes sont victimes de cette situation. Ils faut qu'ils assimilent, qu'ils intègrent ce nouveau niveau pour eux. Ils ne sont pas habitués donc c'est compliqué à la fois dans le rythme, dans l'impact physique. Tout ça fait que l'équipe est un petit peu en difficulté. 


"Quand vous êtes sur la pelouse, vous avez envie de voir le stade plein, que les gens hurlent. On n'entend pas la haine de l'adverse, ça vous transcende même."


En difficulté aussi à cause de l'absence de certains joueurs un peu plus expérimentés ?

Tout à fait. On pense toujours que l'équipe va être un peu plus performante avec le retour des joueurs. Mais bon, même le retour des joueurs blessés, les bons, fait du bien mais le fait qu'ils aient manqué un petit peu de temps de jeu, ça ne vient pas tout seul pour retrouver le niveau. Ça s'accroît au niveau physique. Quand on ne fait pas beaucoup de matchs, lorsqu'on reprend, il faut un certain temps. La situation sanitaire n'aide pas trop. Les matchs sont hachés, les entraînements entrecoupés. Tout un tas de facteurs rend la situation difficile.


Vous avez fait partie d'un staff professionnel, vous avez connu ce genre de situation. Qu'est-ce qui peut permettre de relancer une machine ?

Ça peut être un gros match contre l'Olympique Lyonnais. On a été capables de le faire avec Christophe Galtier, en 2010, lorsqu'on était allés faire un match de la mort à Lyon. On fait 1-1 grâce à Manu Rivière. On avait courbé l'échine avec une équipe en difficulté totale. Faire ce match nul à Gerland a permis à l'équipe de reprendre un peu de confiance et de repartir du bon pied. Ce qui nous a permis de se maintenir en Ligue 1. 


Donc vous pensez que c'est le bon moment pour jouer ce Derby ?

On ne sait jamais si c'est le bon moment ou le mauvais moment. Quand vous êtes en période un petit peu euphorique, vous avez tendance à vous dire "on va les taper un petit peu facilement" et il y a toujours des revers de médaille. Dans d'autres situations, c'est l'inverse. On est un petit peu inquiet, on se remobilise parce que c'est le match à ne pas perdre et où on doit se dépouiller pour nos fans... On a plus rien à perdre aujourd'hui, nous, avec l'équipe qu'on a. Cinq défaites, des jeunes joueurs, un Lyon qui a la tête au haut du championnat... Peut-être que c'est une bonne situation pour nous. 


"Sur le Derby, les CPA auront leur importance. Il faudra les
gérer au mieux et surtout bien mieux que contre le MHSC."


Quels sont les ingrédients indispensables pour réussir un Derby ?

Une surmotivation, une grosse concentration pour faire le moins de fautes possible et un petit peu de piment, de chance, pour faire basculer le match de votre côté.


Ça nous fait forcément penser au 100e que vous avez vécu de l'intérieur...

Exactement. Ils avaient la grosse équipe quand même, Lloris, Källström, Juninho... Vraiment une équipe merveilleuse. Nous, on n'avait pas une mauvaise équipe mais on n'était pas au mieux non plus. On avait fait un match sublime dans la motivation, dans la concentration, l'application. Il y avait eu ce petit grain de chance qui nous avait permis de voir Dimitri Payet nous sauver sur sa ligne, Jérémie Janot être sauvé par son poteau, faire des arrêts exceptionnels alors que le ballon était dans notre surface quasiment 90 % du temps. Après, il y a un coup franc sublime qui nous délivre et nous permet de gagner ce derby. C'était magnifique. 


D'où l'importance de bien négocier les coups de pied arrêtés ?

Tout à fait. Pas plus tard que dimanche, on a eu une multitude de coups francs que nous n'avons pas bien négocié. Dans cette situation, lorsqu'on est un petit peu en difficulté, qu'on a du mal à marquer des buts sur des attaques placées ou rapides, c'est sûr que les CPA deviennent essentiels. C'est un moment où vous avez le ballon, on ne peut pas vous le prendre. Les stratégies sont mises en place par le staff. Il y a un travail important qui a été fait et qui doit être concrétisé au moins par une action dangereuse. Là, sur le Derby, les CPA auront leur importance. Il faudra les gérer au mieux et surtout bien mieux que contre Montpellier.


Le Parc OL à huis clos, est-ce une bonne nouvelle pour l'ASSE ?

Oui et non. Le stade sera vide oui, mais un Derby, on a envie de le jouer parce qu'on veut faire plaisir à nos fans. Ce sont des matchs très importants qui vous font battre le coeur, qui que vous soyez, supporters, staff ou joueurs sur le terrain. Quand vous êtes sur la pelouse, vous avez envie de voir le stade plein, que les gens hurlent. On n'entend pas la haine de l'adverse, ça vous transcende même. 


"Quand on est à Saint-Etienne, on pense à faire de bons matchs, à gagner, pour nous, pour le club, mais surtout pour les supporters."


Même un jeune joueur comme l'ASSE en compte plusieurs ?

C'est sûr que ça peut les refermer. Mais dans la situation où ils sont actuellement, un stade plein leur aurait permis de se dire "on va faire quelque chose de grand" tout en prenant conscience que c'est un match hyper important. Là, ils vont rentrer dans un stade vide et ça, ils connaissent. Ils ont joué en réserve, en U19, ils sont habitués aux matchs comme ça. 


On ressent beaucoup d'inquiétude côté supporters. Qu'est-ce que vous leur diriez si vous étiez encore dans le staff de l'ASSE avant un tel match dans un contexte aussi difficile ?

J'ai vu sur les réseaux que certains mettaient la pression sur les jeunes, qu'il fallait qu'ils se bougent. Je ne pense pas que ce soit comme ça qu'on va galvaniser nos jeunes et leur permettre d'être performants. Au contraire, il faut les soutenir en leur disant, "vous allez tout donner, c'est un peu comme un match de Coupe de France où vous allez rencontrer théoriquement une équipe au-dessus de vous." Mais bon, il y a six matchs, nous sommes allés gagner à Marseille quand même. Il faut s'accrocher, se battre et surtout donner le meilleur de soi-même, ça c'est indispensable. 


Il sera important de gagner, sportivement, mais aussi pour les supporters ?

Ma plus grande joie dans les victoires, c'est que je savais qu'on faisait plaisir aux supporters. Quand on jouait le samedi, qu'on gagnait, et que les supporters allaient passer un bon dimanche, comme nous d'ailleurs. C'est une idée qui ne sort pas de notre tête. Quand on est à Saint-Etienne, on pense à faire de bons matchs, à gagner, pour nous, pour le club, mais surtout pour les supporters. C'est incontournable. 




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