Batlles : "Horneland peut changer ou pas, il sera critiqué"

Pros | Publié le par Joris | 1 commentaire

Depuis plusieurs semaines maintenant, Eirik Horneland fait l’objet de critiques par certains observateurs et supporters stéphanois. En cause notamment, sa non-capacité à s’adapter selon les matchs et son entêtement à évoluer toujours de la même façon ce qui rend, selon certains, l’ASSE trop prévisible.     

Interrogé sur ce sujet par nos soins en début de mois, Laurent Batlles un de ses prédécesseurs sur le banc de touche stéphanois, qui a lui aussi connu les critiques il y a deux ans, s’exprime : "J’étais dans un système très particulier, un 3-4-3 assumé mais je n’avais pas les joueurs pour pouvoir le faire. On faisait le recrutement avec les moyens qu’on avait. Les critiques, oui et non. Je ne les lis pas trop parce que le gros problème aujourd’hui c’est la culture de l’instant. Quand on gagne un match c’est très bien et ça peut vite changer selon les résultats. À Saint-Étienne, il faut être costaud parce que quoiqu’il en soit, qu’il change sa manière de jouer, qu’il ne la change pas, il pourra être critiqué. S’il change et qu’il n’y a pas de résultat, on lui demandera pourquoi il a changé et inversement. Tout le monde a son mot à dire. Il y a des plus en plus d’émissions ou tout le monde vient dire ce qu’il veut, et j’en fais partie puisque j’interviens parfois sur Canal+.


Je crois qu’aujourd’hui la finalité, c’est ce qu’il va se passer en fin de saison. Soit tu montes, soit tu ne montes pas, et le bilan sera fait à ce moment-là. On peut faire un bilan match après match, mais des choses se passent au quotidien pour un entraineur. Par exemple, à Dunkerque, Horneland doit faire face à la blessure d’un latéral gauche, il n’en a pas sur le banc, il met Ben Old. Est-ce que c’est bien ou pas ? On peut toujours tout décrier mais aujourd’hui ce que je vois c’est qu’ils sont seconds. J’ai parlé avec beaucoup d’entraineurs, on peut ne pas avoir de résultats dans un club et en avoir de très probants dans un autre. On voit qu’aujourd’hui Xabi Alonso est décrié en étant deuxième avec un des meilleurs groupes au monde. C’est toujours pareil.

C’est mon avis mais si Horneland changeait souvent sa manière de fonctionner, on lui reprocherait. S’il ne change pas, on lui dit l’inverse. On ne sait pas ce qu’il s’est passé dans la semaine. Il y a une façon de travailler, il a donné des repères à ses joueurs qu’ils ont aujourd’hui. Dans notre milieu, la critique il faut l’accepter et faire au mieux. Il ne faut pas croire que quand un entraineur aligne une équipe sur le terrain, il la met pour perdre des matchs. Chacun à sa façon de voir le foot. J’ai par exemple entendu après le match à Dunkerque : « Pourquoi Duffus n’a pas joué plus ? » Mais peut-être que Duffus revenait de blessure et qu’il n’avait pas 90 minutes dans les jambes.
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Pour Laurent Batlles, cela fait partie de la vie du football que tout le monde donne son avis. L’ancien coach des Verts conseille de travailler sa communication : "Personnellement, je me suis toujours attaché à faire ce que j’avais envie de faire et je n’ai jamais changé ma manière de fonctionner par rapport aux critiques. En espérant que ça marche bien-entendu. Après, par rapport à ce qu’il peut se dire sur les réseaux sociaux par exemple, je pense que ça peut polluer certains joueurs. Je ne m’attache pas à ça. (…) Dans un club on a parfois des impondérables qui ne sont pas compris par tous. Même moi parfois en regardant les matchs je me dis : « mais pourquoi un tel ne joue pas ? » Mais on ne sait pas ce qu’il s’est passé dans la semaine, peut-être qu’il est arrivé en retard, peut-être qu’il avait une petite blessure. Il y a beaucoup de choses à prendre en compte. Après il y a aussi ce qu’il se passe au niveau terrain, l’évaluation de certaines choses. Chacun a sa façon de penser et il faut le respecter. Parfois des supporters ont des visions très intéressantes qui peuvent nous pousser à évoluer aussi. Il faut se nourrir de tout et même peut-être d’autres sports. Franck Haise par exemple a été un des meilleurs entraineurs en France ces dernières années et aujourd’hui il ne gagne plus un match. Pour autant, il a les mêmes méthodes. Il y a des moments plus faciles que d’autres. (…)

La fraîcheur, c’est la passion. Il y a pire dans la vie qu'être entraineur de football. Je ne parlerais pas de fraîcheur mais plutôt de lucidité dans tes propos et la communication que tu mets. Je l’avais appris avec Christophe Galtier. Il y a un travail de com’ qui est très important chez l’entraineur parce que tu peux aussi être moins frais par moment mais ta qualité d’élocution te permet d’évacuer pas mal de choses. La conférence de presse peut permettre de faire passer quelques messages tout en restant succinct dans les réponses.
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