Avis défavorable, DNCG, le projet de rachat du FC Nantes s'enlise
Alors que le projet de rachat du FC Nantes mené par Paulo Tavares, qui avait échoué à Saint-Étienne il y a quelques années, avançait, celui-ci s'enlise ces derniers jours. Explications.
Fin septembre dernier, Waldemar Kita, le président et propriétaire du FC Nantes a signé un compromis de vente avec un pool d'investisseurs majoritairement français, accompagné également d'investisseurs portugais et luxembourgeois mené par l'homme d'affaires franco-portugais Paulo Tavares (62 ans) qui avait déjà porté il y a quelques années un projet de reprise de l'AS Saint-Étienne, sans parvenir à ses fins puis plus tard, à Valenciennes, en échouant également. Cette signature d'une option de vente permet au propriétaire actuel du club d'entrer en négociations exclusives avec les représentants de ce nouveau projet pour les Canaris. Désormais, les acheteurs (ndlr ; Phenix sports invest) vont devoir passer devant la Direction nationale de contrôle de gestion (DNCG). Le gendarme financier du football français devra s'assurer de la solidité financière ainsi que de la viabilité du projet porté. Le consortium d'investisseurs a déjà bloqué une somme de 30 millions d'euros pour anticiper cette audition importante.
Le prix de vente du FC Nantes serait particulièrement élevé, compris entre 100 et 125 millions d'euros, bonus compris alors que l'AS Saint-Étienne a été vendue pour 16M€ (part fixe) accompagné de différents bonus, certains pouvant toujours se déclencher. Il existait notamment un bonus de 3M€ en cas de maintien des Verts en Ligue 1 en 2024-2025.
Néanmoins, le FC Nantes n'est pas encore vendu, loin de là. Ce mardi, Ouest France annonçait que le CSE du FC Nantes avait exprimé ses vives inquiétudes après la signature du compromis de vente entre la famille Kita et les investisseurs européens emmenés par Paulo Tavares. Un avis défavorable avait été remis, le CSE craignant "des conséquences injustes, graves et irréversibles sur l’emploi des salariés, sur la pérennité de l’entreprise et plus globalement sur l’avenir du FC Nantes." Si cet avis n'est que consultatif, ce n'est pas le seul caillou dans la chaussure des potentiels acheteurs du FCN. En effet, alors que le prochain rendez-vous se jouera devant la DNCG, un président de club français interrogé par Eurosport se montre pessimiste : "Ça ne passera pas. Premièrement, elle ne validera pas l'origine des fonds s'il y a la moindre opacité, énumère un responsable ayant œuvré en Ligue 1. Deuxièmement, si les fonds sont empruntés à des taux élevés, ça ne passera pas non plus. Et puis il y a un troisième aspect : le passif du club. Ces dernières années, Kita a dû combler de sa poche des déficits colossaux qui pouvaient parfois atteindre 30 millions d'euros par an."
Selon les informations d'Eurosport, la DNCG pourrait réclamer la garantie de fonds disponibles pour supporter l'actuel train de vie du club lors des trois prochaines saisons, soit une somme comprise entre 120 et 140 millions. Si Phénix Sports Invest assure n'avoir aucune inquiétude et parle de dossier solide, la présentation faite de leur projet dans un diaporama interroge. Dans celui-ci, une valorisation future du FC Nantes à 350 millions d'euros est évoquée, ce qui placerait le club au-dessus de l'Olympique Lyonnais, par exemple. Là encore, un dirigeant de club se montre sceptique : "Ça ressemble à du Gérard Lopez ou à du John Textor." En outre, le ticket d'entrée pour tout investisseur serait fixé à 250 000 euros avec une rémunération de 9% par an promise, ce qui étonne fortement un expert financier : "Très honnêtement, cette présentation est catastrophique. Une rémunération à 9%, c'est énorme. Tout le cash qui va rentrer dans le club va servir à rembourser les intérêts des investisseurs." Paulo Tavares se défend quant à lui en expliquant que ces personnes ne connaissent pas le dossier et que l'argent ne vient pas de nulle part mais de banques institutionnelles françaises, portugaises ou encore luxembourgeoises. Pas suffisant néanmoins pour que les doutes autour de son projet s'estompent.
