ASSE - Une politique sportive différente pour Kilmer avec la formation
Socle solide du club depuis deux décénnies, la formation stéphanoise est obligatoirement un sujet pour la nouvelle direction. Si contrairement au reste des strates de l'ASSE, aucune révolution n’a été engagée, de nombreux ajustements prennent forme, notamment dans le recrutement de nouveaux profils sur de la post-formation.
Alors que les nouveaux dirigeants du club ont tout fait pour maintenir l’unité du staff en place, malgré une nouvelle fois, des propositions de prolongations de contrat jugées tardives, l’équipe de formateurs a pour la majeure partie, rempilé pour une année supplémentaire. De quoi continuer de travailler sereinement dans un secteur qui a pendant longtemps maintenu le club en vie. Outre les générations passées de l’ère Galtier (ndlr, Saint-Maximin, Pierre-Gabriel, Gomis, Zouma), l’ancienne direction des Verts a pendant longtemps dû son salut aux ventes records des anciens pensionnaires du Centre Robert-Herbin.
Wesley Fofana parti en octobre 2020 pour 35 millions d’euros à Leicester en pleine crise des droits TV et le fiasco Mediapro, William Saliba une saison plus tôt avec un transfert de 30 millions d’euros à Arsenal ou bien encore Lucas Gourna cédé contre 13 millions d’euros à Salzbourg et dans une moindre mesure Mathis Amougou vendu lui par Kilmer à Chelsea contre 15 millions d’euros, ont assuré des rentrées d’argent certaines au club du Forez.
Si l’AS Saint-Étienne n’a pas l’intention de changer une formule qui marche, elle se montre à l’écoute des évolutions du marché quant à la formation des jeunes joueurs et semble revenir à quelque chose qu’elle a par le passé déjà tenté, la post-formation et l’incorporation de jeunes joueurs en provenance de l’extérieur. Ainsi depuis le début de l’été, la réserve club a accueilli Lucas Lavallée, gardien de but de 23 ans, Jediaél Mbambi, jeune défenseur de 17 ans arrivé en provenance de la Belgique. À ces deux recrutements viennent s’ajouter ceux de Lamine Sonko, attaquant de 22 ans qui jouait à Jura Sud et de Lucas Reynaud, avant-centre de 17 ans qui portait la saison dernière les couleurs de Brest, ou bien encore avec l’essai de Mahamadou Mourtada Gueye défenseur sénégalais de 19ans et de Andre Zibi, jeune attaquant camerounais. D’autres profils identiques sont actuellement étudiés pour venir renforcer les équipes de jeunes de l’ASSE. Plus tôt dans l’année, ce sont Marten-Chris Paalberg, Adam Baallal ou bien encore Oussama Benkou qui ont rejoint l’AS Saint-Étienne dans des conditions similaires, tout comme Strahinja Stojkovic et Lassana Traoré par le passé.
Questionné sur le sujet quand nous l’avons rencontré cet été, Laurent Huard est revenu sur cette modification de la politique du club et l’arrivée de profils plus internationaux : "Déjà, il faut savoir qu’il existe une législation en place, elle autorise pour l’Europe, uniquement à recruter à partir de 16 ans, vers l’étranger. Franchement, aujourd’hui, on a une bonne attractivité sur notre recrutement de part notre réseau, notre travail sur l’humain. Nous sommes présents sur le territoire national, quand je vois avec qui je lutte pour faire venir des jeunes, ce sont des clubs comme Paris, Monaco ou Rennes avec qui nous bataillons sur le recrutement pour enrôler des joueurs, donc ça veut bien dire que nous sommes sur la fourchette haute en termes de réseau et qu’on arrive à avoir de très bons jeunes. En France, c’est le pays avec le plus de jeunes footballeurs qui deviennent professionnels, l’objectif c’est vraiment de se concentrer sur notre territoire, sur les plus jeunes et très jeunes. Après, oui, plus tard, à partir de 17/18 ans, on peut envisager un élargissement sur de la post-formation en provenance de l'étranger. Encore cette année, un ou deux joueurs viendront de l’extérieur, c’est aussi intéressant pour nous."
En ce sens, l’AS Saint-Étienne a fait le choix de garder son équipe réserve engagée en National 2 (ndlr, ex-National 3) afin d’aguerrir ses jeunes talents : "Au club, nous sommes persuadés que ce championnat fait partie d’un passage pour les jeunes joueurs. Il peut être plus ou moins long selon les joueurs, avec des garçons qui parfois ont besoin de moins de dix matchs avant de passer chez les professionnels et d’autres qui en ont besoin d’une trentaine pour passer ce palier mais à l’arrivée, je suis convaincu que ce championnat est formateur dans la découverte du football d’adulte. C’est une étape importante et nécessaire pour la plupart des joueurs.
Il y a une envie de poursuivre dans ce championnat de notre part, mais on ne veut pas faire n’importe quoi pour autant. On ne veut pas prendre la direction comme cela a pu être le cas par le passé, de signer quatre ou cinq joueurs confirmés de plus de 23 ans pour, ce n’est pas notre philosophie. On ne veut pas passer par là pour s’assurer des saisons sportives plus tranquilles. Nous sommes prêts avec des joueurs à partir de 17 ans, on doit être capable de faire une saison d’apprentissage.
Il faut comprendre pour les gens qui ont une vision extérieur à cela, que oui, on a beau être l’ASSE, on ne sera pas sur le podium en fin de saison, que l’objectif est ailleurs pour nous. L’objectif c’est de former des joueurs à un football d’adulte et qu’ils soient prêts. À l’image de Kévin Pedro, Luan Gadegbeku, Nadir El Jamali pour les derniers arrivés chez les professionnels, ces jeunes ont fait des saisons de N3 à 17 ans et puis derrière, ils sont prêts pour intégrer l’équipe première. C’est notre véritable objectif."
