ASSE - Qui es-tu Philippe Montanier, successeur annoncé d'Horneland ?

Pros | Publié le par Tibo | 6 commentaires

Philippe Montanier devrait être le nouvel entraîneur de l'AS Saint-Étienne. C'est en tout cas lui qui tenait la corde hier pour succéder à Eirik Horneland. Un choix qui marque une rupture et un retour à plus de pragmatisme de la part de Kilmer Sports Ventures, conscient des erreurs effectuées précédemment. 

Ce n'est pas la première fois que le nom de Philippe Montanier est associé à l'ASSE. Bien sûr, on le connaît dans le Forez pour avoir évolué sous les couleurs stéphanoises lors de la saison 1999-2000, marquant la fin de sa carrière professionnelle. Plus récemment, il avait été une option sérieusement envisagée par la direction pour succéder à Laurent Batlles. Olivier Dall'Oglio lui avait finalement été préféré. À l'époque, Jean-François Soucasse avait poussé son dossier. Les deux hommes se connaissent pour avoir évolué ensemble au Toulouse FC. En revanche, la venue du technicien dans la ville rose n'est pas du fait de Jean-François Soucasse qui avait déjà quitté le Téfécé à ce moment-là.


Le probable futur entraîneur des Verts présente aussi une caractéristique déterminante, il parle couramment le Français, l'Anglais mais aussi l'Espagnol. Durant son expérience à Toulouse, il a du gérer un groupe avec de nombreuses nationalités et la nécessité d'échanger en français et en anglais. 


Avant de revenir plus précisément sur son parcours à Toulouse, Philippe Montanier présente une solide expérience en France avec l'US Boulogne-sur-Mer qu'il a conduit du CFA à la Ligue 1 (2004/2009). Il effectue deux saisons à Valenciennes (2009/2011) avant de tenter sa chance en Espagne, à la Real Sociedad (2011/2013). La deuxième saison en Liga est une consécration, quatrième du championnat, qualifié pour les barrages de la Ligue des Champions, il claque tout de même la porte et refuse la proposition de prolongation de contrat du club basque. Il revient en France à Rennes (2013/2016) avant de partir pour l'Angleterre et Nottingham Forest (2016/2017). C’est ensuite à Lens que son parcours se poursuit, avec qui il participe pour sa première saison aux play-offs de Ligue 2, sans parvenir à aller au bout. La deuxième année démarre idéalement, Lens est leader à la trêve mais s'effondre ensuite, il est remercié et Franck Haise, coach de la réserve, prend la suite. Après deux matchs à la tête des sang et or, Haise place Lens à la seconde place de la division, puis le championnat est arrêté en raison de la pandémie de Covid. Lens, deuxième du championnat, obtient sa montée dans l'élite.


En 2020, son expérience en Belgique tourne court, dans un club où il est difficile de s'imposer, le Standard de Liège. Montanier ne restera que six mois sur le banc des Rouches.


Son passage à Toulouse

La dernière expérience sur un banc de touche pour Philippe Montanier remonte à la période 2021-2023 à Toulouse. Jean-Baptiste James, créateur du site lesviolets.com et suiveur du TFC, ne passe pas par quatre chemins au moment d’évoquer le technicien : "C'est un entraîneur qui est entré dans la légende du club, au même titre qu’Élie Baup et Eric Mombaerts. Il nous a offert le plus gros titre du club depuis plus de 60 ans, si on enlève la Ligue 2, avec la Coupe de France 2023".


Celui qui est pressenti pour prendre la place d'Eirik Horneland, n'arriverait pas à Saint-Étienne dans les mêmes conditions qu'à Toulouse en 2021 : "On sortait d'une belle saison avec Patrice Garande sur le banc. Damien Comolli (président) avait envie de redémarrer sur un nouveau chapitre pour rapidement remonter en Ligue 1. Sa nomination a pu surprendre, avec un profil qui semblait un peu usé, avec déjà beaucoup d'années dans le circuit. Toulouse est un club très axé sur la data, innovant, ça a soulevé quelques questions sur la compatibilité. En Ligue 2, on sort la meilleure saison possible. On a roulé sur la Ligue 2 avec lui, on marque 82 buts en 38 matchs, dans un 4-3-3 très simple. On était ultra-dominateur. On termine avec la saison avec 79 points."


En 2022/2023, Montanier poursuit sa mission en Ligue 1 et confirme avec un groupe s'appuyant sur les bases posées en Ligue 2 : "On n'a jamais été inquiété pour le maintien, sans un recrutement clinquant. On termine en milieu de tableau. Il y a la victoire en Coupe de France avec Montanier, il a marqué l'histoire du téfécé."  


Forcément, au regard du portrait brossé, de la réussite sportive, difficile de comprendre pourquoi l'histoire s'est arrêtée aussi brusquement au terme de cette saison couronnée d'un succès majeur et d'une qualification en Coupe d'Europe : "Si tu interroges dix supporters du club, huit ou neuf vont te dire qu'ils ne comprennent pas son départ. Ça a été un choc. C'est notre première saison en Ligue 1, on se maintient facilement, on remporte la Coupe de France, on va disputer la Ligue Europa et Comolli arrive en conférence de presse et annonce qu'on se sépare de Montanier. La raison c’était que l’adjoint du coach, arrivé six mois auparavant, avait de meilleures statistiques data que Montanier. La décision est donc prise de lui faire confiance en tant que numéro 1. Cet adjoint c'est Carles Martínez Novell, toujours en poste aujourd'hui à Toulouse. Ça a été très dur pour Montanier je pense, pour les supporters aussi qui s'étaient accrochés à cette équipe et à Philippe Montanier aussi. Ça reste une cicatrice pour beaucoup de supporters qui le regrettent encore."


L'avis de Philippe Montanier sur la data à Toulouse


Présenté comme un entraîneur compatible avec l'utilisation de la data, Montanier a paradoxalement perdu son poste à cause de cette même data : "De ce que je vois, vous êtes un club très orienté data. Effectivement, Montanier ce n'est pas la nouvelle génération de coach. La data, il l'utilise mais avec modération. Il ne l'utilisait pas assez au goût de Damien Comolli qui est un Ayatollah de la data." 


Pour parfaire ce portrait, Philippe Montanier est aussi un coach de caractère, qui ne se laisse pas imposer ses choix : "Il a de la bouteille avec un parcours qui parle pour lui, dans des clubs d'envergures. Ce n'est pas un mec qui dit amen à tout et c'est d'ailleurs pour cela que ça s'est terminé à Toulouse."

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