ASSE - Des élus de la Loire se mobilisent déjà contre la dissolution
Ce sera à n'en pas douter, une nouvelle fois, un élément décisif dans le processus de dissolution enclenché par le Ministre de l'Intérieur à l'encontre des Magic Fans et des Green Angels. La mobilisation politique est indispensable pour éviter, pour la seconde fois en un an, que ce processus puisse aller à son terme.
Régis Juanico, élu maire de la ville de Saint-Étienne lors des récentes élections, et Pierrick Courbon, Député de la Loire très investi sur le sujet depuis un an ont publié un communiqué afin de réaffirmer leur opposition à une telle mesure. Les deux élus ont sollicité Laurent Nuñez afin de s'entretenir avec lui dans les prochains jours sur le sujet.
Communiqué de Régis Juanico et Pierrick Courbon
Nous avons été informés ce jour de la réactivation de la procédure de dissolution visant les groupes de supporters « ultras » de l’ASSE.
Les structures concernées sont ainsi convoquées par la Commission nationale consultative de prévention des violences lors des manifestations sportives le 13 avril prochain.
Nous réaffirmons notre opposition à la dissolution des groupes de supporters de l’AS Saint-Étienne.
Si nous redisons notre engagement total pour éradiquer la violence dans et aux abords des stades, nous nous étonnons d’une telle précipitation.
À l’heure où notre pays est confronté à des tensions internationales majeures qui pèsent sur le pouvoir d’achat et alors qu’un attentat a encore été déjoué il y a quelques jours, la priorité ne nous semble pas devoir être portée sur les supporters stéphanois.
Nous avons demandé en urgence une audience au Ministre de l’Intérieur, Laurent Nuñez, qui devrait pouvoir intervenir dans les prochaines heures ou les prochains jours.
Nous attirerons solennellement son attention sur les risques juridiques, institutionnels et opérationnels que présenterait la dissolution administrative des associations Magic Fans 1991 et Green Angels 1992, sur les effets contre-productifs en matière d’ordre public, sur les dangers de la perte d’interlocuteurs indispensables à la sécurité ainsi que sur le risque élevé de contentieux.
Les récents échanges, tant avec le club qu’avec les services de l’Etat, devaient permettre d’envisager sereinement un travail collaboratif et une programmation de travaux de mise en sécurité de Geoffroy Guichard et de ses abords, dans une logique de co-production de la sécurité.
Une mesure de dissolution mettrait immanquablement un coup d’arrêt à de telles perspectives.
Surtout, alors que le club pourrait prochainement gagner sa montée en Ligue 1 et que la Ville de Saint-Étienne entend pouvoir fêter comme il se doit ce retour espéré dans l’élite, la disparition des associations de supporters entacherait lourdement ces festivités populaires et ferait par ailleurs peser un risque certain de troubles à l’ordre public lors de celles-ci.
Saint-Étienne ne mérite pas une telle punition, qu’aucun argument séreux ne permet de justifier.
L’action répressive des pouvoirs publics doit se concentrer sur les groupuscules réellement violents, privilégier les mesures individuelles et viser au renforcement du dialogue entre les parties prenantes.
Aujourd’hui pas plus qu’hier, le chaudron ne se dissout pas !