ASSE - Bellus : "C'était ça, Michel Platini"
Ancien joueur de l'AS Saint-Étienne, Éric Bellus s'est replongé dans ses souvenirs de joueur et notamment dans ses premières années chez les Verts dans les colonnes de L'Équipe. Une époque durant laquelle le jeune attaquant a eu la chance de côtoyer quelques-uns des plus grands noms de l'histoire stéphanoise, à commencer par Michel Platini.
Lorsqu'il débute avec les professionnels, Éric Bellus n'a que 18 ans. Face à lui, ou plutôt à ses côtés, évolue alors celui qui remportera quelques années plus tard trois Ballons d'Or consécutifs. Le jeune stéphanois découvre rapidement que Michel Platini ne voit pas le football tout à fait comme les autres : "J'avais 18 ans, je débutais à Saint-Étienne et Michel (Platini) me dit un jour : "Écoute Éric, si tu penses que je ne t'ai pas vu, moi, je t'ai vu. Fais ton appel avant que je reçoive le ballon et que je me retourne." C'était ça, Michel. Combien de fois, aussi, je l'ai vu lober Ivan Curkovic, à l'entraînement. Dos au but, il le savait avancé. Contrôle orienté et boum !"
Au-delà du joueur, Bellus garde également le souvenir d'un Platini particulièrement attentif aux jeunes joueurs du groupe. Avec Jean-Louis Zanon, il fait partie de ceux que le numéro 10 stéphanois prend sous son aile : "Il avait cette attitude avec des jeunes comme Jean-Louis Zanon et moi. Tu le croises au restaurant, tu es seul, il te dit de venir déjeuner avec sa famille. Platini et Rep sont pourtant deux stars mondiales."
D'autres figures de cette époque ont également marqué Bellus. Il cite Jean-François Larios lorsqu'il est interrogé sur le joueur le plus généreux qu'il ait côtoyé. Une générosité qu'il illustre avec une anecdote datant de l'obtention de son permis de conduire : "Jean-François Larios. Je viens d'avoir mon permis de conduire et il me conduit chez le concessionnaire Volkswagen : "Tu lui fais une remise de 10%.""
Mais les souvenirs de l'ancien Vert ne sont pas tous heureux. Celui qui reste comme le plus grand traumatisme de sa carrière ramène directement à l'une des pages les plus douloureuses de l'histoire de l'ASSE : la relégation en deuxième division en 1984. Après un match nul à l'aller (0-0), Saint-Étienne s'incline face au RC Paris lors du barrage retour (0-2), le 19 mai 1984. Une défaite particulièrement difficile à encaisser pour des joueurs formés au club et profondément attachés aux Verts : "Notre défaite en barrages face au RC Paris est un choc violent, dans la tête et pour l'histoire des Verts. On a fait descendre notre club formateur en D2. On a besoin de se retrouver chez Jean Castaneda, notre capitaine, pour sortir notre peine. Tous les joueurs sont là. On lui a vidé sa cave en chialant."
Plus de quarante ans après, le souvenir reste manifestement intact pour Éric Bellus. Celui d'une génération ayant côtoyé les dernières grandes heures des Verts de Platini, avant de vivre quelques années plus tard l'une des descentes les plus douloureuses de l'histoire du club.
