ASSE : À la rencontre de Thomas Monconduit

Pros | Publié le par Paul R. avec Joris S. | 8 commentaires

En stage avec l'AS Saint-Étienne du côté du Chambon-sur-Lignon, Thomas Monconduit s'est entretenu avec nous. Avec le sourire, le milieu de terrain expérimenté des Verts s'est notamment exprimé sur ses débuts dans le football, son passage à Amiens et sa rencontre avec Chritsophe Pélissier ainsi que sur son arrivée dans le Forez cet été. 


Bonjour Thomas, pour les gens qui ne te connaissent pas bien, tu as grandi dans la banlieue parisienne où tu as fait tes premiers pas en tant que footballeur, peux-tu nous en parler ?
Je suis originaire de Drancy, dans le 93 et j’ai commencé le foot à sept ans à la Jeanne d'Arc de Drancy. J’y ai joué de sept à treize ans, j’ai fait mes gammes à Drancy. Après j’ai joué un an à Créteil et en parallèle j’étais à Clairefontaine.

Tu intègres derrière le centre de formation de l’AJ Auxerre et c’est aussi là-bas que tu fais tes premiers pas en professionnel ?
Oui, j’ai fait des bancs quand ils étaient en Ligue 1, l’année où ils jouent la Ligue des Champions. En Coupe de France je rentre en jeu, mais en Ligue 1 jamais, je ne fais que des bancs. L’année d’après quand ils descendent en Ligue 2, j’ai la chance de jouer.


"Après mon passage à Auxerre, il y avait Pascal Dupraz qui était à Evian qui me voulait..."


Tu finis ton aventure là-bas sans contrat ?
Il y a eu un petit mic-mac d’agents, un petit quiproquo (sourire). Je n’étais pas vraiment blessé, j’avais ma pubalgie qui m’avait dérangé toute l’année et j’arrivais en fin de contrat. À l’époque il y avait Pascal Dupraz qui était à Evian qui me voulait (en L1), il m’appelle en fin de saison pour me dire qu’il me veut. Entre-temps je me fais opérer et quand j’arrive à Evian pour signer, je passe la visite médicale et ils me refusent à l’issue de celle-ci. Mais, Pascal Dupraz voulait que je vienne avec son agent et moi j’avais le mien… (sourire)

Avant d’arriver à Amiens tu es passé par l’Europe de l’Est, les Etats-Unis c’est bien ça ?
Oui, j’ai commencé par faire sept mois de rééducation à Clairefontaine parce que l’opération s’est un peu compliquée. Là-bas j’ai rencontré Jérôme Meary qui m’a envoyé aux Etats-Unis. J’ai fait un mois à Los-Angeles. Je suis revenu et je suis parti en Hongrie à Budapest où je me suis entraîné avec Újpest. Je devais faire deux semaines et au bout de deux jours, j’ai dit ‘je rentre’. On m’a dit de faire une semaine quand même, mais c’était catastrophique. J’ai fait une semaine et je suis rentré.

Finalement tu débarques à Amiens, que peux-tu nous dire de cette aventure là-bas qui t’a relancé dans le football et où tu as rencontré Christophe Pélissier ?

Magnifique. C’est pour moi mes plus belles années de footballeur. J’ai connu là-bas deux montées, des maintiens, j’ai rencontré là-bas des gens incroyables. Les "braqueurs" oui notamment (sourire). C’était une expérience incroyable.

Justement cette montée avec ce but à la dernière seconde face à Reims, peux-tu nous en parler ?
C’est inexplicable l’émotion que j’ai pu ressentir ce jour-là. Je me souviens des derniers instants où j’y croyais plus du tout, où Reims jouait le match à fond. Ils étaient huitièmes, on pensait qu’ils allaient jouer tranquille, mais ce n’était pas le cas. On se retrouve à deux minutes de la fin où je me disais que c’était mort, qu’on n’y arriverait pas, qu’on avait fait tout cela pour rien et là ce dernier coup-franc, tout le monde connait l’histoire (sourire).


"Christophe Pélissier ? Je le considère même plus comme un coach, pour moi c’est limite un deuxième père" 


Christophe Pélissier est un coach que tu suis à Lorient derrière, quel rôle a-t-il eu dans ta carrière ?
Il a eu un rôle important parce que c’est lui qui m’a fait venir en National. Après il m’a beaucoup soutenu humainement, notamment après la perte de mon père. Je le considère même plus comme un coach, pour moi c’est limite un deuxième père. Il y a l’affecte et le côté humain qui est très important entre lui et moi.

A-t-il été de bon conseil sur la suite de ta carrière cet été ?
Je ne l’ai pas sollicité, je l’ai eu au téléphone quand il a appris que Lorient ne me gardait pas. Je ne l’ai pas sollicité, je suis grand pour faire mes choix. Il m’a envoyé un message pour me dire qu’il était content pour moi.

En conférence de presse, tu nous disais que tu étais "à la cave" à Lorient, comment as-tu vécu ces derniers mois et cette situation ?
J’étais entre guillemets à la cave, c’est juste que je ne jouais pas les matchs. Je m’entrainais avec le groupe mais le coach ne me prenait pas avec le groupe pour les matchs amicaux. J’ai bien vécu la situation parce que je savais qu’à un moment donné j’allais devoir partir et que j’allais le faire. Pour moi dans ma tête, il fallait bien que je m’entraine pour être bien quand j’allais arriver dans un autre club. Je l’ai bien vécu honnêtement.

C’est là qu’arrive l’ASSE, comment se sont passés les premiers contacts avec le club ?
Les premiers contacts ont eu lieu via Matthieu Dreyer qui a signé ici. En fait, un soir je l’ai au téléphone et il me dit ‘il y a Loïc Perrin qui voudrait t’appeler, il est intéressé mais il voudrait savoir d’abord si toi tu es intéressé’. Je lui dit qu’évidemment et je lui dit de lui dire qu’il m’appelle. Dix minutes après il m’a appelé, on a discuté, je lui ai dit que le projet me tentait carrément. C’est comme ça que ça s’est fait.

Du coup Matthieu a pris sa commission sur ton arrivée ?
Je ne sais pas il faudra lui demander (rires).

Tu rejoins un groupe où tu connais déjà Léo Pétrot et Matthieu Dreyer, tu connaissais d’autres joueurs ?
Non j’en connaissais simplement de vue, en ayant joué contre eux. Mais l’intégration s’est faite hyper rapidement. Matthieu était déjà là depuis une semaine, Léo connaissait certains joueurs vu qu’il a été formé à Saint-Étienne. Le truc s’est fait hyper rapidement, au bout de deux jours j’avais la sensation d’être là depuis un mois. Même les gens du club, cela s’est fait très rapidement. Ils sont tous très gentils, très cool.


"Chaque fois que j’ai dit que je signais à Saint-Étienne, il n’y a pas une personne qui ne pas dit que son père ou son frère ou un ami était fan de Saint-Étienne" 


As-tu été surpris par cela ?
Oui un peu. De l’extérieur on a l’impression que c’est un énorme club donc on se demande si c’est vraiment familial. Mais quand on y est on se rend compte que c’est le cas. Au bout d’une semaine je connaissais tout le monde. On sent qu’il y a vraiment une bonne ambiance de club en tout cas.

Toi qui venait de Ligue 1, qu’est-ce qui a fait la différence pour dire oui à l’ASSE qui joue en Ligue 2 ?
C’est Saint-Étienne tout simplement. C’est le club que c’est, le club que cela représente. C’est un club mythique, chaque fois que j’ai dit que je signais à Saint-Étienne, il n’y a pas une personne qui ne m'a pas dit que son père ou son frère ou un ami était fan de Saint-Étienne. On prend la mesure d’où on a signé en fait. Ça je ne pouvais pas refuser.

Cela signifie que si cela avait été un autre club que Saint-Étienne en Ligue 2, tu aurais plus réfléchi ?
J’aurais réfléchi à deux fois oui. J’ai eu d’autres propositions, Le Havre m’a appelé car Mathieu Bodmer est directeur sportif du club. Je lui ai dit que je n’avais pas forcément envie d’aller en Ligue 2. Il y a Metz, Amiens qui est venu à la fin… Mais Saint-Étienne tu ne peux pas refuser.

Le coach (Laurent Batlles), cela a été un argument aussi ?
Je le connaissais de vue. Le fait d’avoir joué contre Troyes, je connaissais ses idées. Effectivement, si cela avait été un coach qui ne proposait pas de football, j’aurais certainement refusé aussi.

Quel recul as-tu désormais sur le projet porté par Laurent Batlles ?
J’aime bien. On sent qu’il veut retrouver une identité de club, il y a beaucoup de changements. On sent que les valeurs humaines sont hyper importantes. Dans le foot, il veut que son équipe produise du jeu et qu’elle gagne également.

En conférence de presse, Laurent Batlles nous a dit qu’il voulait des milieux de terrain décisifs, as-tu des objectifs personnels pour cette saison ?
Non je ne me suis pas fixé d’objectifs personnels. J’ai juste envie d’être le meilleur possible et d’aider l’équipe à être le plus haut possible. Je ne me fixe pas de chiffres parce que si on ne les atteint pas on est déçu. Si on les atteint, on peut aussi se dire qu’on aurait pu faire mieux… Je ne me mets pas de limite.


"J’ai rarement vu un milieu aussi dense en terme de qualités dans tous les groupes que j’ai fait" 


Au milieu de terrain, tu joues avec des joueurs de ballon, quel regard portes-tu sur celui-ci ?
C’est un milieu de terrain de qualité. J’ai rarement eu un milieu aussi dense en terme de qualités dans tous les groupes que j’ai fait. Je pense qu’il y a moyen de faire un truc vraiment intéressant.

On te décrit souvent comme un milieu polyvalent, où te sens-tu le plus à l’aise ?
Je me sens le plus à l’aise plutôt bas, à la relance. Mais je peux évoluer un peu plus haut il n’y a pas de problème. En fait, peu importe. Je peux être un peu partout il n’y a pas de soucis.

On t’a vu te projeter notamment sur le premier but face à Bordeaux, c’est ce que te demande le coach ?
Dans un premier temps pas forcément. Il m’a demandé d’être vraiment devant la défense. Mais c’est mon jeu qui est comme ça depuis que j’ai démarré. Avant j’étais latéral, on me disait que j’attaquais trop. C’est mon jeu, j’aime bien aller vers l’avant. Il n'y a pas forcément besoin de me le demander, je vais le faire.

Sur cette première passe décisive tu nous as dit que tu n’avais pas fait exprès…
Ce n’est pas que je n’ai pas fait exprès mais je l’ai mis devant le but sans regarder. J’ai la chance qu’Ibra’ (Wadji) soit là. L’extérieur du pied est réussi mais il est au hasard, je n’ai pas eu le temps de lever la tête pour voir si Ibra’ (Wadji) était là (sourire).

Il y a un joueur que tu as découvert avec qui on semble deviner quelques affinités, c’est Dylan (Chambost), qui est le plus musclé des deux (Ndlr : Les deux joueurs se chambrent sur les réseaux sociaux sur le sujet) ?
Franchement, on a deux corps de lâche lui et moi (rires). Aucun de nous deux en vrai (rires).

Au delà de la blague ce sont des joueurs qui t’aident à te sentir bien ?
C’est une aide, carrément. Dès que je suis arrivé, vu que Dylan (Chambost) connaissait très bien Léo (Pétrot), cela m’a facilement permis de me rapprocher de Dylan aussi. Dylan connaissait Jimmy (Giraudon) cela m’a permis de me rapprocher de lui. Jimmy (Giraudon) était déjà là avec Antho’ (Briançon), un gros noyau s’est formé et cela m’a aidé. Dylan m’aide notamment dans la vie stéphanoise. Dès que je vais dans un petit resto’ il connait, Léo aussi d’ailleurs.


"Les supporters vont donner de la force, il y a des matchs qu’on va faire basculer grâce à eux"


Plus de 500 supporters étaient présents à Guingamp, tu vas pouvoir les retrouver à domicile face à Grenoble, toi qui a déjà connu Geoffroy Guichard en tant qu’adversaire, cela fait quel effet ?
Cela va être cool je pense. Ç va donner de la force, il y a des matchs qu’on va faire basculer grâce à eux. Je voyais à Guingamp, ils étaient 500 et quand on revient à deux buts à un, j’étais sur le banc et je me disais qu’à 500 ils faisaient du bruit, j’imaginais que si cela avait été au Chaudron on aurait pu retourner le match.

Que représente le supportérisme pour toi dans son ensemble et plus particulièrement à Saint-Étienne ?
C’est beau, c’est cool. Après, je trouve qu’il y a une limite. Le supporter est beau quand il supporte. Quand il fait des choses moins cool ce n’est pas un supporter pour moi. Mais voilà, c’est la passion qui parle. Ça va être génial face à Grenoble.

L’engouement que suscite Saint-Étienne est un argument pour venir ici ?
Carrément. C’est sûr. Si j’avais signé dans un club de Ligue 2 où il y a mille supporters à chaque match… On ne joue pas au foot pour ça, on joue au foot pour vivre des émotions et le public en fait partie. Jouer devant 40 000 spectateurs et un stade plein, c’est autre chose que jouer avec 5000 spectateurs.

Que peux-tu nous dire de la ville de Saint-Étienne ?  
Honnêtement, je n’ai pas vu grand chose du centre-ville. Je suis allé aux Halles (Mazérat) et j’ai fait les deux trois rues qui ne sont pas loin. La rue des Martyrs, la place du Peuple et la place Jean-Jaurès. Sinon je n’ai pas trop vu le reste.

Que fait Thomas Monconduit quand il ne joue pas au foot dans la vie ?
En ce moment je ne fais pas grand chose, je suis un peu en mode camping (sourire). J’ai dormi chez Matthieu Dreyer sur un matelas ces derniers temps mais quand j’ai du temps, j’aime bien faire des ballades, jouer au golf, faire des randonnées avec ma copine.


"J’ai d’énormes ambitions, de finir le plus haut possible, même si on est mal parti, pourquoi pas… On ne sait jamais"


Le golf t’aide-t-il dans ta vie de footballeur ?
Oui clairement, le golf est un sport tellement dur que tu dois te remettre en question tout le temps, c’est à la seconde près. Cela permet aussi de ne pas t’enflammer. Il y a des jours au golf où tu vas jouer très bien et où le lendemain tu vas être très nul. Cela m’apporte beaucoup dans le foot.

Tu restes dans le golf loisir ou tu as un handicap ?
J’ai un handicap, mais après c’est l’âme du compétiteur. J’ai tout de suite commencé à faire des compétitions. Cela reste du plaisir mais dès que je peux faire une petite compétition je le fais.

Tu as amené des coéquipiers jouer ?
Matt’ Dreyer a essayé, je sais que Dylan et Léo veulent essayer aussi mais pour le moment on n’a pas eu le temps. Étant donné que je n’ai pas encore de pied à terre, c’est difficile d’y aller.

On te sent souvent second degré en conférence de presse, est-ce ta façon d’être par rapport à ce qu’on appelle "le foot circus" ?
Oui c’est totalement ça. Je trouve que les conférences de presse, les questions avec les journalistes c’est toujours pareil. C’est chiant honnêtement, c’est toujours de la langue de bois, toujours les mêmes réponses. C’est pour ça que je prends ça avec vachement de recul, donc si je peux être plus cool et être drôle, je le fais avec grand plaisir. Je suis comme ça.

Justement en conférence de presse tu nous parlais de ta 106 qui était au garage, est-elle de nouveau sur les routes ?
Elle est sur les routes, c’est mon petit frère qui l’a récupéré (sourire). Ma première voiture a été une 207 et après j’ai pris une 106 en même temps que ma 207. J’avais deux voitures. J’ai vendu la 207 et j’ai pris une 308, mais toujours avec la 106 (rires).

Thomas, que peut-on te souhaiter cette saison à titre personnel et collectif ?
De faire une bonne et belle saison. De ne pas avoir de blessure, c’est toujours le plus important pour nous. Après, de nous régaler et de régaler les gens et de faire la plus belle saison possible. J’ai d’énormes ambitions, de finir le plus haut possible, même si on est mal parti, pourquoi pas… On ne sait jamais.


"Ce n’est pas du tout le rythme qu’on doit avoir et qu’on peut avoir" 


Quel regard portes-tu sur ce début de saison des Verts ?
Ce n’est pas du tout le rythme qu’on doit avoir et qu’on peut avoir. Quand je vois les séances d’entrainement et l’intensité qu’on a, c’est clairement ce que j’ai connu à Lorient ou à Amiens. Je pense qu’on peut être beaucoup plus haut. Je vois des équipes comme Sochaux, comme Le Havre qui font des séries, je me dis pourquoi pas nous et pourquoi pas mieux qu’eux même. Je pense qu’il y a moyen, je sais qu’une saison c’est hyper long. Quand j’étais à Amiens en Ligue 2, on avait neuf points de retard à six journées de la fin et on gagne les six derniers matchs et on monte. Ce championnat va tellement vite, c’est tellement homogène, tout le monde peut battre tout le monde. Une bonne série cela peut vite nous faire basculer dans la bonne zone.

Ce championnat est un peu particulier avec cette coupe du monde en plein hiver, y-a-t-il un objectif comptable avant celle-ci ?
Non, c’est hyper dur de mettre des chiffres sur quelque chose sachant que l’équipe a beaucoup changé. Je pense que le coach n’avait pas encore le visuel sur le recrutement, sur l’équipe qu’il allait avoir. La trêve ne me gêne pas je pense qu’elle va nous faire du bien.

Vous êtes actuellement en stage au Chambon-sur-Lignon, qu’est-ce que tu en attends ?
J’en attends de connaître un peu plus mes coéquipiers, qu’on partage des moments tous ensemble comme des repas. Après le repas, on joue aux cartes, à la pétanque, au ping-pong. On est ensemble et cela crée un truc en fait. Cela crée des moments de joie et de complicité qui font que le jour où on sera en difficulté, parce que cela arrivera forcément, ces petits moments vont nous permettre de nous en sortir.

Sur quelles activités il ne faut pas te prendre ?
Toutes, je suis doué partout (rires). En vrai je ne joue à rien mais je commente tout (rires). Je les rends fou.


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