Abi : "J'ai une carte à jouer cette année"

Pros | Publié le | 36 commentaires

Son repositionnement en pointe, le tournant Coupe Gambardella, ce premier but attendu en Ligue 1... Dans un long entretien qu'il nous a accordé, Charles Abi revient sur plusieurs moments forts de son début de carrière. Devant notre caméra, l'attaquant réagit également aux messages laissés par ses proches. Une interview touchante à retrouver dans son intégralité en vidéo.


Salut Charles ! Tu viens d'une famille de filles. Le football avait quelle place dans ton enfance ?

C'est vrai, j'ai grandi avec trois grandes soeurs donc forcément le football ce n'était pas quelque chose de connu dans la famille même si mon père le suivait beaucoup. J'ai commencé à jouer au Togo quand je suis parti un an là-bas car la mentalité était beaucoup plus foot que dans ma famille. Pour moi, ça représentait beaucoup. Bon, forcément, mes soeurs ne s'y intéressaient pas beaucoup au début. Mais au fur et à mesure que j'ai avancé, elles s'y sont mises. Maintenant, elles suivent vraiment. Ça me fait plaisir de voir qu'elles sont derrière moi. 


On nous a dit que petit, tu "jouais pieds nus au Togo". Ça a été un bon apprentissage...

C'est sûr. Je ne connaissais pas vraiment le foot, je l'ai découvert là-bas. J'ai joué pieds nus comme tout le monde. Je suis très content d'avoir commencé comme ça. J'ai découvert le football d'une autre façon et c'est très bien. 


Après ce séjour au Togo, tu reviens en France et tu prends une première licence ?

J'ai commencé à Aubière, un petit club à côté de Clermont. J'ai fait un an et puis je suis parti à Pérignat. Puis j'ai été recruté par le Clermont Foot l'année suivante. 



On a d'ailleurs retrouvé une photo de toi...

Ça c'était la première année à Clermont. J'en garde des bons souvenirs. Je me rappelle du coach qui s'appelait Aurélien. On a passé une super année avec un bon groupe. En bas sur la photo (premier rang, troisième en partant de la gauche), il y a mon voisin. C'est lui, entre guillemets, qui m'a fait venir à Clermont car nos parents pouvaient s'arranger pour faire du covoiturage. C'est ce qui m'avait fait choisir Clermont plutôt que Montferrand. 


Tu étais déjà attaquant ?

J'étais dix à l'époque, après je suis passé attaquant puis sur le côté. J'ai toujours aimé marquer des buts. Après j'ai eu une période où je me suis beaucoup blessé quand j'étais jeune. Mais l'histoire c'est qu'ils ont recruté un autre attaquant et que je suis passé sur le côté où j'ai joué plusieurs années avant de revenir en 9 l'année de la Gambardella. 


En 2015 tu débarques à l'ASSE. Qui te fais venir au club ?

À l'époque c'était un recruteur qui travaillait pour Saint-Etienne. Il s'occupait de la région Auvergne-Rhône-Alpes et il était venu à un Clermont - AS Montferrand, un peu le gros match en Auvergne. C'était le premier match où j'étais surclassé, j'avais été bon, marqué deux buts. Il y avait ma mère sur le côté, il a parlé avec elle. Il venait trois quatre fois par an mais à chaque fois qu'il venait il était gentil. C'est lui qui m'avait offert mes premiers crampons. Il me faisait venir à L'Etrat voir les matchs, faire des détections. J'avais un super bon accueil à chaque fois. C'est ce qui m'a fait choisir ce club-là en 2015. 


Tu changes alors de dimension...

C'était différent. J'étais déjà dans un club professionnel à Clermont mais il n'y avait pas de centre de formation. J'ai retrouvé beaucoup d'amis ici, on s'entendait super bien. L'ambiance a toujours été bonne. 


À l'époque, ta maman fait également le choix de déménager pour te suivre à Saint-Etienne ?

C'est ça. J'ai fait un mois au centre de formation, celui de juillet pour la reprise. Ensuite ma mère a emménagé à Saint-Etienne et je l'ai rejoint. J'ai toujours été proche d'elle. C'est sûr qu'avoir ses parents à côté, c'est un plus... Pouvoir sortir du contexte du foot quand ça va mal, d'avoir sa famille qui est proche, je pense que ça aide. Moi j'ai été beaucoup aidé avec ça. 


On imagine que rendre ta famille fière compte beaucoup pour toi...

C'est sûr. Mon père aussi. Il ne vit pas en France mais il peut regarder mes matchs car il a les chaînes. On s'appelle souvent et il me le rappelle assez souvent. Le fait de les rendre fiers, c'est un plaisir et aussi une fierté pour moi. 



On a retrouvé cette photo de toi prise en 2017. Tu as pas mal changé physiquement depuis...

La coupe de cheveux (rires). Pour mon poste, mon style de jeu, la prise de masse était importante oui. J'étais déjà grand de taille, j'avais déjà des capacités physiques au-dessus des autres mais il fallait que je les développe. Je pense que je ne suis pas encore au maximum mais je suis en train de les développer. 


À cette époque, tu joues ailier avec l'ASSE. Qu'est-ce qui fait qu'un jour on te repositionne ?

Oui, j'étais plus ailier même si j'ai joué 9 quand j'étais petit. Je me rappelle la première fois que j'ai rejoué 9 c'était sur le Aimé Jacquet avec Laurent Batlles en CFA. Il m'avait mis 9 parce qu'on jouait en 4-4-2 losange sans ailiers. C'était contre Les Herbiers et j'avais mis deux buts. Derrière je suis repassé ailier mais c'est avec la Gambardella, avec Razik Nedder qui m'a remis 9. Ça a bien marché pendant la compétition.


Tu te sens définitivement à l'aise dans ce rôle ? 

J'aime ce poste. Je pense que j'ai aussi le profil pour jouer là. 


Parlons d'un moment fort de ton début de carrière... Ce sacre en Coupe Gambardella. Aujourd'hui qu'est-ce que ça représente pour toi ?

Ça a été un tremplin parce qu'après on a eu un accès plus rapide au monde professionnel. On était déjà un petit peu lancé mais la Gambardella a permis d'accélérer les choses et de ramener une coupe au club aussi. Ça a permis de créer un groupe. Même si on est un petit peu partout à l'heure actuelle, on gardera toujours de très bons souvenirs. 



On se souvient notamment de la causerie avant la finale... Tu peux nous expliquer ce qu'il s'est passé ce jour-là ?

Razik Nedder a fait une causerie vraiment marquante. Il a parlé avec ses mots. Il y avait à la fois le professionnalisme et à la fois une relation beaucoup plus forte que ça. Il a su employer les bons mots pour nous toucher car il connaissait bien le groupe. Ça nous a fait plaisir et moi je l'ai pris particulièrement à coeur parce que je me suis senti visé. On l'a aussi fait pour Alain qui est encore au club (NDLR : dirigeant des U19N cette année-là). C'était très important de le rappeler, que si on le faisait, c'était aussi pour lui. Qu'il fallait qu'on ramène cette coupe. 


Depuis cette victoire au Stade de France, tu as changé de dimension. Malheureusement tu enchaînes les blessures depuis ton arrivée dans le groupe professionnel. Est-ce un frein pour ta progression au plus haut niveau ?

Je pense que oui. Après j'ai envie de dire qu'il vaut mieux que ça arrive maintenant qu'au moment où je serais vraiment lancé. C'est vrai que c'est un frein. Je me blessais souvent musculairement quand j'étais jeune et j'ai mis beaucoup de choses en place en-dehors du foot pour régler ça. Malheureusement l'année dernière c'était un coup, cette année c'est aussi un coup. Ce sont des choses qu'on ne peut pas vraiment prévoir. C'est sûr que c'est un frein mais ça fait partie du foot et il faut savoir relever la tête. 


Tu as marqué en Coupe de France, lors des amicaux cet été mais toujours pas en Ligue 1. Ce but peut être un déclic ?

Une fois que j'aurai marqué ce but en Ligue 1, je pense et j'espère que j'enchainerai les prochains. Le premier il est compliqué. Ça fait un certain moment que j'ai ma chance et je n'ai pas encore marqué. Après mon objectif premier c'est de jouer avec mes qualités pour aider l'équipe. Le but je pense qu'il viendra au bout d'un moment et ce n'est pas un souci, je ne m'en fais pas pour ça. Ma première préoccupation c'est d'aider l'équipe d'abord. 


Tu comprends qu'on résume un attaquant à ses statistiques ? Ou tu aimerais qu'on regarde au-delà ?

J'aimerais bien après le foot c'est comme ça. C'est pour tout le monde, il n'y a pas que moi, les attaquants qui ne marquent pas en règle générale ils vont être critiqués et c'est comme ça. Il y en a qui critiquent, il y en a qui aiment bien... Il y a de ça partout. Même les plus grands joueurs sont critiqués à l'heure actuelle. On ne peut pas faire l'unanimité. Comme j'ai dit, mon objectif c'est d'aider l'équipe. Après c'est sûr que d'un point de vu personnel j'aimerais marquer parce que je suis un attaquant et que j'ai envie de marquer à tous les matchs. 


Quels sont les attaquants dont tu t'inspires au quotidien ?

Je regarde beaucoup un attaquant comme Robert Lewandowski, comme Erling Haaland. Ça par exemple, c'est un attaquant qui a mon âge. Je vois ce qu'il est capable d'accomplir, sachant qu'il est très physique et qu'il a des qualités où je peux me retrouver aussi. Ce sont des joueurs que je regarde beaucoup. 


Tu es le seul véritable neuf de formation du groupe professionnel. C'est une pression supplémentaire sur tes épaules ?

Pas spécialement, ce n'est pas de la pression. Au contraire, je me dis que j'ai une carte à jouer cette année et il va falloir que je la joue. Je ne le prends pas comme de la pression supplémentaire, ça me donne encore plus envie de me donner et de montrer qu'on peut compter sur moi. 


Tu as visiblement la confiance de Claude Puel. Quelle est la nature de votre relation ? 

On a une très bonne relation professionnelle. Il m'aide beaucoup dans ma progression. Il sait où je dois progresser et il me fait travailler. Il m'a pris à la fin de beaucoup d'entraînements pour me faire travailler là où je devais travailler. Je le remercie beaucoup pour ça parce que je sais que ça m'aide et que ça m'aidera pour ma carrière. 



On se souvient t'avoir vu faire du spécifique avec ton coach. Ce n'est pas trop compliqué de passer Claude Puel ?

Ça va, ce n'est pas le plus dur même si attention il a la niaque encore (rires). 


Qu'est-ce qu'on peut te souhaiter cette saison ?

J'ai envie de dire plus de blessures, de marquer beaucoup de buts, d'être performant pour l'équipe. Ce serait dommage de marquer ce premier but dans un Geoffroy-Guichard vide, c'est sûr (rires). Mais bon faut un début à tout même si les supporters me manquent beaucoup. Malheureusement c'est comme ça, les règles sanitaires passent avant tout. 


Et collectivement ? 

L'objectif c'est déjà de créer un groupe solide. On a une grosse force mentale mais on ne le montre pas forcément tous les week-ends. On fait parfois preuve de faiblesse au niveau de la cohésion d'équipe et on a envie de montrer à tout ceux qui regardent le championnat qu'on a un très bon groupe. Là on a un peu de mal en ce moment c'est vrai. Par rapport à la fin de saison dernière, on avait bien repris cette saison, les matchs amicaux, les débuts... Et puis il y a eu encore des blessures. On est dans une période de moins bien mais on a tous confiance en nous. 


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