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Sagnol sort de son silence !

Publié le par Tibo 0 commentaire
Il était proche de rejoindre le club, avec un projet ambitieux. Finalement rejeté Willy Sagnol, sort de son silence et répond aux questions du Progrès, une interview très intéressante. Bernard Caïazzo a déclaré qu'il ne vous sentait pas suffisamment motivé pour rejoindre l'ASSE ? (Rires). C'est sa déclaration, il doit l'assumer tout en sachant que c'est tout sauf la vérité. Il semblait pourtant favorable à votre venue. J'ai reçu de la part de Bernard Caïazzo et Roland Romeyer une proposition pour devenir manager général du club. Nous nous étions entendus sur les conditions financières. Je suis transparent à ce sujet : soit je venais seul avec un salaire de 15 000 euros, soit nous étions deux, Lamouchi et moi, pour la même somme. J'avais choisi la deuxième formule car il me semblait qu'il était nécessaire de travailler avec un coordinateur sportif. Bernard Caïazzo a également évoqué votre organisation de vie. Je l'ai dit, je le répète, je serai venu habiter à Saint-Etienne. Pouvez-vous présenter le projet que vous vouliez développer ? Sabri Lamouchi aurait donc été à mes côtés. Je ne parlerai pas des autres car ils m'avaient demandé de ne pas les citer. Deux anciens de France 98, un gardien et un milieu de terrain, m'avaient donné leur accord pour venir donner un coup de main au club de manière gracieuse. Ils auraient travaillé avec le centre de formation tout en donnant des conseils aux professionnels. Bernard Caïazzo, laissait pourtant entendre que l'arrivée d'un fonds d'investissement américain était liée à votre présence. Début juin à Munich, en présence de Bernard Caïazzo j'ai effectivement rencontré des dirigeants de ce fonds d'investissement. Bernard Caïazzo souhaitait l'arrivée de ce fonds, pas Roland Romeyer. Je me suis retrouvé entre deux chaises. Je ne voulais aller au clash ni avec l'un ni avec l'autre. Il me semblait simplement qu'il y avait des choses indispensables pour garantir un avenir plus radieux. Avez-vous senti que ce fonds d'investissement était intéressé ? L'objectif de ces organismes est d'entrer dans un club et d'en ressortir quelques années plus tard avec une plus-value. Cela aurait permis de remettre le club sur les rails. Le projet était proche d'aboutir ? Si cela ne s'est pas fait pour l'instant, c'est à cause du refus de Roland Romeyer et ses conseillers. J'ai de grands doutes sur la concrétisation de ce projet. Pour quelles raisons ? Si le fonds arrive, il est clair que certains vont perdre leur pouvoir au sein du club. Ils font donc tout pour que l'opération n'aboutisse pas. Roland Romeyer vous a pourtant fait venir à l'ASSE en janvier dernier. Les deux étaient d'accord pour ma venue puisqu'ils m'ont fait une offre. Mais je ne pouvais accepter un poste de manager général alors qu'il y a déjà un directeur sportif, qui prend normalement les décisions sportives, un directeur des services et un président décisionnaire en dernier ressort. Quel aurait été mon champ d'action? Dominique Rocheteau va un jour se poser la même question. Je l'adore mais il va se heurter aux personnes qui m'ont poussé à refuser le poste de manager général. Dominique est très gentil mais il va se rendre compte rapidement où il a mis les pieds. Le poste de vice-président du conseil de surveillance est totalement flou. Il ne se dit pas grand-chose lors des réunions. Trois personnes parlent, les autres, sont contents d'être là et écoutent. Quand avez-vous pris votre décision ? Après le report du conseil de surveillance, le 16 juin, j'avais demandé une rencontre avec les deux présidents parce que communiquer au téléphone ou par mails n'est pas la panacée. Ils devaient venir me voir à Munich à une date fixée. La veille, je n'avais aucune nouvelle. J'appelle Bernard Caïazzo qui me dit que la rencontre est annulée car Roland Romeyer participe à une compétition cycliste. Cette épreuve était visiblement plus importante que l'avenir du club. Alors… La polémique avec Christophe Galtier a joué dans votre décision ? Non, Je me suis expliqué avec lui et son agent, Jean-Pierre Bernès.Il faisait partie intégrante de mon projet. Les personnes qui auraient perdu leur pouvoir si j'acceptais le poste, ont dit à Galtier que je venais avec un nouvel entraîneur. Ce qui était faux. Qui sont ces personnes ? Ce sont celles qui ont un peu de pouvoir au niveau sportif ou de la gestion (1). Tous les jours, elles font le pied de grue dans le bureau de Roland Romeyer pour lui expliquer qu'il est le meilleur président de l'ASSE depuis Roger Rocher et qu'il ne faut surtout pas changer les choses. Et si on ne change rien, je ne vois pas trop dans quelle direction se dirige le club. Vous êtes inquiet pour l'avenir ? On ne peut que l'être. Financièrement, l'ASSE est dans une situation compliquée. Lors d'une réunion, début mai, il avait été dit que la seule mission du directeur sportif, Damien Comolli, était de faire partir des joueurs. En un an ou un an et demi, la masse salariale doit passer de 33 millions d'euros à 22. Pour l'heure il n'y a que des arrivées, aucun départ. Dans le football actuel, si on n'a pas de réseau, c'est de l'incompétence. Il faut se poser les bonnes questions. Mes seules revendications portaient sur l'organisation du club. Mais, je le redis, des personnes auraient perdu leur pouvoir. J'ai préféré renoncer. On peut donc effectivement parler d'un manque de motivation. Mais pour quelles raisons aurais-je été motivé pour un projet qui n'était plus le mien ? S'il n'y a pas un vrai changement, je ne vois pas comment le club va s'en sortir. Galtier et les joueurs peuvent réussir une bonne saison, je le leur souhaite, mais, sur la durée, cela ne peut pas marcher. Il n'y a pas besoin de connaître le football, d'être énarque, pour comprendre cela. Vous avez tiré un trait sur votre club formateur ? Oui, pour que je vienne, il aurait fallu que tout soit réuni. Les grands clubs sont dirigés par des grands dirigeants qui savent prendre les décisions au bon moment. À Saint-Etienne, pour des problèmes de pouvoir, de gloriole, les dirigeants ne veulent pas prendre les décisions qui s'imposent. L'équipe dirigeante manque d'unité ? Déjà, il y a deux têtes. Deux présidents qui n'ont pas de points communs, qui ne sont pas amis, qui n'ont pas les mêmes intérêts. Mon but était de réduire les différences. J'aurai pu être le point central. Si cela avait mal fonctionné, il n'y aurait pas eu à taper sur l'un ou l'autre mais uniquement sur moi. Roland Romeyer est quelqu'un que vous connaissez depuis longtemps. Vous êtes déçu par son attitude ? Non. Je l'apprécie énormément. Mais il a une cour autour de lui très très néfaste. Et il ne s'en rend pas compte. Il n'a pas le recul nécessaire. Quand j'entends Roland ou d'autres me dire qu'ils travaillent quinze heures par jour. Je réponds simplement que pour travailler 15 heures par jour, il faut être incompétent ou mal comprendre les choses. Je vais prendre une métaphore pour évoquer Roland Romeyer. Il a une superbe voiture, il veut gagner une course et il prend Michaël Schumacher comme copilote. La première chose que ce dernier va lui dire c'est : « tu as une bonne voiture, tu veux qu'elle gagne alors passe moi le volant. » Comment avez-vous vécu cette période ? Je suis né à Saint-Etienne, j'ai commencé à jouer là-bas. L'ASSE, c'était vraiment le cœur qui parlait. Des amis m'avaient mis en garde mais il est clair que la seule chose dont ont besoin les dirigeants, c'est un épouvantail. Le président doit avoir un rôle avant tout de représentation. Il doit valoriser l'image du club. En dessous, des gens travaillent au quotidien, chacun dans leur domaine. Je ne citerai pas la personne mais il s'agit de quelqu'un qui est au club et dont le rôle va grandir dans les prochains mois. J'ai demandé à Roland Romeyer pour quelles raisons il l'avait pris à ses côtés. Il m'a répondu : « C'est mon plus grand détracteur à Saint-Etienne, je veux lui démontrer que j'étais un bon président. ». Il ne l'a pas choisi sur ses compétences. (1) Il s'agit de Damien Comolli, directeur sportif et Stéphane Tessier membre du directoire Un projet sportif sérieux, des personnalités marquantes avec des réseaux importants, l'ASSE passe encore à côté d'une occasion rêvée de se structurer de manière compétitive. Les mensonges à la direction du club se poursuivent, il serait grand temps pour les gens à la tête du club de servir l'ASSE, et non de s'en servir !
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